JRS100- Hand – CPB : Thomas Freiré : « Mon rôle ? Mettre les joueuses dans les meilleures dispositions »

Thomas Freiré
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Interview réalisée avant les deux derniers matchs disputés par le CPB Handball

4 matches, 4 victoires, Coupe de France comprise : à 25 ans, le nouvel entraîneur du CPB Rennes réussit ses débuts dans un groupe très remanié. Passé par tous les niveaux, de la prénationale à la N1, il vise le top 4, promet du jeu rapide et des buts faciles, et met le lien humain avant tout le reste.

Quatre matches, quatre victoires en comptant la coupe, avec de beaux écarts : tes premiers pas sont plutôt convaincants !

Nous vivons une belle entame de saison, c’est clair, même si tout n’est pas parfait, évidemment. Ce n’est que le début et il faut le mettre en balance les résultats avec les adversaires rencontrés. A ce jour, nous n’avons pas forcément joué les équipes du haut de tableau.

Il y a eu de gros scores, avec une production plutôt satisfaisante. C’est surtout cela que je regarde sur l’amélioration qu’on s’était fixée : plus de ballons, enchaîner plus vite, s’offrir des situations plus simples et créer du lien entre les filles.

Avec un groupe qui a autant changé, un nouveau staff, l’affaire était loin d’être gagnée…

Sept départs, cinq arrivées, plus un staff qui change, cela fait beaucoup avec les incertitudes allant de pair. Nous sommes donc plutôt satisfaits, avec un groupe hyper sain et un environnement très positif. Les choses se sont faites naturellement, tout le monde trouve pour le moment sa place pour s’exprimer et il faut travailler sur cette base-là, avec beaucoup de qualités dans notre groupe.

« Je ne suis pas surpris de notre niveau de performance, plus par le timing »

Connaissais-tu le CPB Handball de l’extérieur ?

Bien sûr. Pour moi, c’est l’exemple même du club associatif, formateur. Un club où il fait bon vivre, où on accompagne au mieux les gens sur et en dehors du terrain, dans un projet global. Le sport pour tous, et en même temps la performance et la formation, cela ne peut qu’attirer. C’est l’un des clubs les plus complets et sincèrement, pour le découvrir de l’intérieur désormais, une vraie machine de guerre où c’est un privilège d’évoluer.

Es-tu agréablement surpris de la rapidité de la progression de ton collectif ?

Pour être franc, un peu. En préparation, nous n’avions pas fait de matches dingues, loin de là. Pas de quoi être plus optimistes que cela ni alarmistes et nous savions qu’il fallait du temps pour trouver des repères. Alors oui, je suis un peu surpris que les résultats et le contenu, surtout, l’ambiance, arrivent aussi vite, avec cette cohésion qu’on arrive à créer, ces relations aussi vite construites.

Par contre, au vu des filles qui composent le groupe, je ne suis pas surpris du niveau de performance. Je pense qu’on peut même regarder vers le haut, au-delà de la sixième place, même s’il va falloir du travail, évidemment.

« L’objectif reste de faire mieux que la sixième place de l’année dernière. »

Quels sont tes objectifs cette saison ?

Déjà, on va essayer de stabiliser la première partie de saison. On a encore beaucoup de choses à régler, beaucoup de liens à créer, de relations, de repères. Notre première partie de saison doit servir à cela et on verra en février où nous en sommes. J’attends de savoir comment nous répondrons dans l’adversité, la difficulté et face à des rythmes différents de match.

Concrètement, visez-vous le podium ?

L’objectif reste de faire mieux que la sixième place de l’année dernière. Je pense que l’on a les moyens de viser un top 4. Mais il y a beaucoup de travail, beaucoup de choses à revoir. Le groupe a rapidement pris forme mais hors de question de se croire arrivés. Il faut maintenant diversifier tout ça et stabiliser les derniers détails.

Tu as la chance de pouvoir t’appuyer sur des cadres comme Juliette Guerrier et Élodie Royer…

Oui, très clairement. Élodie et Juliette font partie des plus anciennes, en expérience comme en niveau. Élodie, je pense qu’elle aurait pu aller bien plus haut. Elle reste aujourd’hui la meilleure pivot que j’aie entraînée et je me demande pourquoi elle n’a pas joué plus haut, elle est impressionnante.

Juliette, on ne la présente plus. Son expérience, son jeu, sa combativité sont une vraie chance pour notre équipe et notamment nos jeunes. Nos leaders sont des filles du secteur central, aux postes 3 et 4, qui nous tempèrent, les stabilisatrices du groupe. Et autour, il y a énormément de qualité, des jeunes, des filles avec plus de caractère, plus explosives. Le cocktail est super intéressant.

 Tu n’as que 25 ans mais est numéro 1 depuis déjà de longues années. D’où vient ta vocation ?

J’ai commencé à entraîner très tôt, à 17 ans. Je suis issu d’une famille de handballeurs : un papa entraîneur, une maman qui a joué. Forcément, ça met tout de suite le pied à l’étrier. J’ai joué mais j’ai vite choisi de coacher. Je sais que je n’aurais pas été le plus grand joueur qui soit, c’est sûr, et coacher m’attirait. À 18 ans, j’ai eu l’opportunité d’entraîner des seniors et j’ai foncé.

Quel fut ton parcours ?

À Moncoutant, dans les Deux -Sèvres, dont je suis originaire, j’ai entraîné l’équipe de prénationale féminine, la réserve de la N1, et intégré le staff de la N1, quand j’étais encore en études de STAPS. À la fin de ma licence, j’ai signé mon premier contrat, à Issoudun du côté de Châteauroux où j’ai connu la montée en N3.

Puis direction Saint-Sébastien-sur-Loire : un maintien en N2, une montée en N1 et un maintien en N1 la saison dernière. J’ai fait tous les niveaux. L’an passé, j’ai averti mon club de mon souhait de partir et le CPB m’a contacté peu après. Tout s’est fait rapidement et je suis arrivé ici où je suis aussi coordinateur du pôle espoir masculin à Cesson et mes journées sont bien chargées aujourd’hui.

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« À 18 ans, j’ai eu l’opportunité d’entraîner des seniors et j’ai foncé. »

Quelles sont tes méthodes et ta vision du rôle de coach ?

Mon rôle principal, c’est le cadre, l’accompagnement : mettre les joueuses dans les meilleures dispositions le jour J. Par tous les moyens qu’il faut, en fonction des personnes, qui ont besoin de plus ou moins d’accompagnement, ce sur le plan humain, sportif, médical, tout ce qu’on peut imaginer. Après, derrière, on peut jouer au hand. Quand on a ça, c’est tout de suite plus facile de performer.

Préfères-tu gagner 36-35 ou 21-20 ?

Forcément, certains disent « je ne veux pas prendre plus de 30 buts », mais si tu en mets 38, c’est tout de suite moins grave. Le problème, c’est d’en prendre là où on ne devrait pas. Le jeu rapide engendre plus de possessions pour l’adversaire, c’est une question de rendement.

Mais avec l’expérience que l’on a dans l’effectif, on peut se le permettre : quand on dépasse notre seuil de tolérance, on a des joueuses capables de mettre la balle au chaud. Les expérimentées calment nos jeunes, celles qui ont envie de taper des duels partout et ceci doit être notre force.

Quel genre de coach es-tu sur le banc ?

Je peux avoir deux côtés. Assez bruyant sur le banc, je peux m’agacer quand on sort de notre projet de jeu mais au quotidien, avec les joueuses, je plutôt très calme et tranquille. Accompagner, ce n’est pas être sur le dos de tout le monde, ou crier. Je préfère amplement le dialogue, la tranquillité.

La Bretagne, enfin, t’a-t-elle déjà séduit ?

Sincèrement, je me sens très bien ici. Je suis agréablement surpris. On m’avait prévenu pour la pluie mais franchement, à part ces derniers jours… Je me fais même aux bouchons sur la rocade, entre Cesson et Géniaux, c’est un peu plus pénible mais je maîtrise désormais (rires). Je suis vraiment très heureux ici et j’espère que nous allons poursuivre sur notre lancée.