Au-delà de la sélection, logique et méritée, d’Esteban Lepaul, la formation rennaise a été fortement mise à l’honneur à l’occasion de la première liste de Zinedine Zidane. Zoom sur ces pépites parties très voire trop tôt de la Piverdière, leurs perspectives en Bleu et quelques petits souvenirs de leur passage « Rouge et Noir ».
Désiré Doué.
Que de chemin parcouru pour le gamin du Rheu, passé par le pré vert du Roahzon Park comme une météorite. Le type de joueur que l’on regarde avec l’affection portée à celui que l’on aura finalement trop peu eu le temps de chérir. Des arabesques balle au pied, un toucher soyeux, une technique en mouvement hors normes et les excès allant avec qui font enrager, agacent mais qui émerveillent quand ils sont efficaces.
Le joueur pour lequel on paie sa place au stade, buteur en finale de Ligue des Champions il y a deux ans, devenu quasi-incontournable chez les Bleus à défaut d’y être pour le moment titulaire.
En progression constante sous les ordres de Luis Enrique, la promesse est devenue valeur sûre mais n’oublie jamais son club formateur au moment de se raconter. S’il n’a pas brillé à chaque retour au Roazhon Park avec le PSG, son nom reste associé à une région qui l’aura vu exploser au plus haut niveau.


Ousmane Dembélé.
On l’oublierait presque, surtout lorsque l’on n’est pas supporter du Stade Rennais mais Ousmane Dembelé s’est bien révélé à Rennes après y avoir achevé sa formation. Le triplé face à Nantes, référence ultime de son aventure en « Rouge et Noir », est toujours dans les mémoires et les cœurs.
Devenu Ballon d’Or, star planétaire ayant émerveillé par intermittence le Barça puis mené le PSG sur le toit de l’Europe, une fois l’enfant prodige « Kiki » parti au Real, Ousmane Dembelé a gardé Rennes à part dans sa vie de footballeur. Cela tombe bien, le club ne l’oubliera pas non plus de sitôt.

Andy Diouf.
L’une des surprises du chef, pour qui ne suit pas de près pour le Calcio. Pour les autres, une évidence, tant Andy Diouf, arrivé à l’Inter Milan pour jouer milieu de terrain, épate et prouve ses grandes qualités au poste… de piston droit ! Ayant très peu joué à Rennes après y avoir été formé, il fait partie de ces joueurs « regrets » que l’on aura pas vu sous les couleurs « Rouge et Noir » et s’émancipa à Lens.
La trajectoire reste cependant assez surprenante en si peu de temps et la curiosité est totale de le voir évoluer sous Zinedine Zidane qui l’a appelé pour jouer…à gauche. Polyvalence, quand tu nous tiens…



Adrien Truffert.
Déjà appelé une fois par Didier Deschamps et ayant honoré ainsi sa première sélection face au Danemark, alors qu’il était encore au Stade Rennais, Adrien Truffert a bien grandi depuis et s’est imposé comme une évidence pour ce premier rassemblement de l’ère Zidane.
Devenu l’un des meilleurs arrières gauches de Premier League à Bournemouth, le destin d’Adrien Truffert s’écrit en majuscules. Aujourd’hui en Ligue Europa, celui-ci devrait rapidement rejoindre l’un des clubs du Big Four anglais et, logiquement, a l’occasion de s’installer chez les Bleus.
Déjà très performant à son époque « Rouge et Noir », Adrien Truffert suit forcément toujours de près le club breton où son petit frère a signé son premier contrat pro l’été dernier. Une très belle progression, qui peut faire la fierté de son club formateur, à juste titre, avec la sensation d’y avoir fortement contribué.
Eduardo Camavinga.
Il a presque l’air d’un « vieux » dans la liste des pépites sorties de la Piverdière. Eduardo Camavinga n’a pourtant que 23 ans, déjà deux Liga, deux Ligues des Champions, une finale de coupe du monde et bien du vécu au compteur. Ecarté par Didier Deschamps lors du dernier mondial au détriment de « Papy Kanté » qui ne joua pas, il revient logiquement au sein d’un groupe où sa marge de progression en Bleu reste évidente et son expérience précieuse.
Révélé à Rennes, il garde le « Rouge et Noir » en fond de toile à chaque évocation de sa carrière et de son grand talent, qui pourrait revenir sur le devant de la scène avec « Zizou », forcément sensible à un joueur aussi complet et techniquement au-dessus du lot.

Lucas Da Cunha.
La vraie surprise du chef et un joueur difficilement étiqueté Stade Rennais, même si ses premiers pas en pros se firent au Roazhon Park, à moins de 17 ans. Joueur le plus jeune ayant signé pro en « Rouge et Noir » et lancé par Julien Stéphan en 2019, le joueur n’a cependant jamais trouvé sa place en Bretagne et a dû partir pour réussir (5 matchs seulement disputés).
Si l’échec fut aussi plus ou moins au rendez-vous à Nice, il explose à Côme depuis 2023 où Cesc Fabregas en a même fait son capitaine et maître à jouer, dans un rôle de milieu relayeur-créateur où il impressionne. Joueur fin, technique mais aussi doté d’une grosse endurance, il complète un groupe où il pourrait bien, sans faire de bruit, gagner quelques minutes voire mieux.


Jérémy Jacquet.
Celui qui est parti il y a le moins longtemps est aussi peut-être celui qui va laisser le plus de regrets, ou pas. Des regrets tant son talent, sa prestance, l’évidence de son talent laisse un goût d’inachevé dans son aventure rennaise, trop courte. Son talent aurait pu mener Rennes haut, très haut peut-être et va bénéficier à…Liverpool et sans doute, aux Bleus.
Et c’est là qu’il n’y a pas de regret à nourrir, tant l’écrin Roazhon Park, à l’évidence, était déjà trop petit. Nous l’écrivons aujourd’hui sans problème, Jérémy Jacquet va être le nouveau patron des Bleus en défense, marquer son temps grâce à une maturité au-dessus du lot, une vraie intelligence de jeu et une dimension athlétique qui a déjà mis tout le monde d’accord en Premier League, excusez du peu.
Un joueur à l’époque prêté à Clermont par Julien Stéphan, pour s’aguerrir et qui depuis, a endossé le costume de leader incontesté et incontestable. Chapeau, et merci pour tout l’artiste !




