Sur le papier, peu ou pas de suspense. D’un côté, Saint-Grégoire, champion de France en titre, auteur d’un trois sur trois gagnant en ce début de saison face aux promues du Roz Hand’du 29, déjà battues trois fois malgré une défense très performante (seulement 78 buts encaissés avant ce samedi soir).
Un monde d’écart, cependant, pour ce premier derby breton de l’histoire en D2, qui plus est dans l’écrin de la Glaz Arena…Bien que privé de sa gardienne Lisa Stritt dans les buts, blessée à la cheville alors que Sarah Vukovac était aussi out jusque ici et à peine de retour, le SGRMH a su répondre à un nouveau défi posé à lui cette saison

Un suspense déjà mal en point au repos
A la surprise générale, les premières minutes sont compliquées pour Eden Dumoulin et ses coéquipières. En difficultés au moment de défier Tifenn Le Cloarec, les « Rose et Noir » cafouillent et peinent à régler la mire. Nouvel environnement dans une Glaz Arena investie pour la troisième année de suite, ambiance peinant à démarrer ou statut de favori à assumer ?
Peut-être un peu de tout cela mais pendant dix minutes, les deux équipes sont au coude à coude et Saint-Grégoire se cherche. Hélas pour Amandine Tissier (6 buts au total) et ses coéquipières, les Bretilliennes vont rapidement finir par se trouver, prenant les commandes avec autorité.
Aziliz Vidie donne le ton et transperce le secteur central sur plusieurs remontées rapide, tandis que Justine Boucheur-Le Roy règle la mire pour ne plus rien rater ou presque par la suite (7 buts au total dont 4 jets de sept mètres).
Une fois dans le bon sens, on le sait, Saint-Grégoire est difficile à arrêter et les Finistériennes le vérifient à leurs dépends. Irrémédiablement, les « Rose et Noir » se détachent et font le trou au fil des minutes. Alice Monteillet, sur son côté droit, est dans un bon soir et à la pause, le suspense en a déjà pris un coup et le SGRMH mène logiquement (17-11).

Maxine Casamajou décisive, l’attaque impitoyable
Lors du second acte, Roz Hand essaie de s’accrocher mais l’écart, en défense comme en attaque, est trop important. D’autant que les filles de Romain Corre ne laissent rien au hasard et piquent quand et où il faut de chaque côté du terrain.
Réalistes et dans le tempo, Eden Dumoulin et ses coéquipières ont déjà bouclé l’affaire au bout d’un quart d’heure, l’écart montant même à onze buts (27-16) malgré les bonnes intentions adverses.

Maxine Casamajou, dans ses buts, se régale pour sa première titularisation et sort 9 arrêts, à des moments clés. Sarah Vukovac retrouve même le terrain et s’offre un stop sur jet de sept mètres.
Sur le terrain, Jeanne Santiago, Alice Monteillet et Ema Cordier régalent tandis que Juliette Louveau et Melissa Choup, arrivées cet été, participent aussi à la fête en marquant et prennent du temps de jeu.
Le collectif est la star d’une équipe qui montre maturité et exigence et sans trembler, s’implique jusqu’au bout dans un match rendu facile par l’investissement mis, devant un public une nouvelle fois conquis.
Les « Noir et Rose » vont au bout de leurs idées et montent le compteur buts à 36 buts tout de même, face à celles qui avaient au coup d’envoi la meilleure défense du championnat (36-26) !
L’exigence, maître mot du SGRMH
Très satisfait de ses filles et du résultat, Romain Corre confiait à l’issue de la rencontre son « plaisir d’entraîner ce groupe, qui est en droit d’être très satisfait de la prestation du soir. Ce fut un peu difficile en début de match, le rythme était très particulier. Il a eu un quart d’heure avant d’emballer le match, puis nous avons trouvé notre rythme, grâce aussi à Maxine, qui a apporté à l’équipe avec plusieurs arrêts décisifs. »
Déjà devant dans ce championnat avec quatre succès, le SGRMH répond présent mais son coach n’entend pas se reposer sur d’hypothétiques lauriers : « Nous sommes encore au tout début de la saison et sommes dans l’exigence, celle du haut niveau que le club vise à terme. Le niveau en la matière doit être celui-ci et il est très intéressant de constater que les filles le règlent très haut d’elles-mêmes. Nous sommes sur le bon chemin. »

Celui de l’élite ? « Le jour où nous irons, ce qui est l’ambition du club à deux ans, nous devrons être armés pour y rester. Ce soir, il y a vraiment matière à savourer, la victoire comme le plaisir d’avoir de nouveau pu évoluer dans cette salle. Il y eu de l’ambiance, c’était une belle soirée. Il faut en ce sens saluer le travail des salariés, des bénévoles.
Pour venir jouer ici, nous déplaçons deux camions pour nos salons, notre visibilité et cela demande une très grosse organisation, avec l’aide et l’amitié du club de Cesson. Après, on a forcément envie de jouer dans des salles comme ça tous les jours. Vivre ce derby breton dans l’une des deux plus belles salles de Bretagne, c’était beau. «
Désormais leader à la différence de buts devant Le Havre, Saint-Grégoire ira à Palente Besançon la semaine prochaine défendre sa place dans une ambiance totalement différente et bien moins propice à une douce soirée d’automne. Pas de quoi effrayer cependant une machine déjà lancée toutes voiles dehors sur son championnat.




