Cardiaques, s’abstenir ! Clairement, le derby entre le Stade Brestois et le Stade Rennais n’était pas de ceux qui vous offrent un moment serein et tranquille ! Des rebondissements, des boulettes, des buts mais surtout, une équipe qui reste en vie dans le sprint final vers l’Europe, bel et bien lancé.
Les points vaudront cher, très cher et seront compliqués à glaner, ça, Franck Haise le sait, et le confirmait après la rencontre : « Ce n’était pas un match décisif quand il reste six journées derrière. Mais c’était quand même un match charnière, du fait que l’on avait gâché des munitions sur les deux dernières rencontres à domicile. »

Rennes devant au repos
D’entrée, le Stade Rennais se prend les pieds dans le tapis sur le premier corner brestois, où Eric Dina Ebimbé, seul au milieu de la défense, a tout le loisir de reprendre un ballon dévié de la main par Ludovic Ajorque. Un but moche mais un but qui fait surtout mal, d’entrée de jeu (1-0, 3′).
L’affaire est mal engagée mais les Bretilliens ont un plan de jeu et vont le développer avec assurance, au fil des minutes. Dans la circulation de balle, les mouvements et la cohésion d’ensemble, Rennes est nettement au-dessus. Après une très grosse occasion pour Mahdi Camara, en position idéale dans la surface, la supériorité de Valentin Rongier et ses coéquipiers est ainsi validée par l’égalisation logique de Ludovic Blas, sur un bon centre en retrait de Quentin Merlin (20′, 1-1).
Les joueurs de Franck Haise ne s’arrêtent pas en si bon chemin et appuient un peu plus. Logiquement, ils sont récompensés par un pénalty sifflé pour une faute de Coudert sur Mousa Al-Tamari. Esteban Lepaul ne tergiverse pas et transforme la sentence (34′, 1-2). Les Rennais sont devant et le reste jusqu’au repos, malgré une dernière belle occasion avant le repos pour Ludovic Ajorque, dont la frappe s’envole au-dessus.
Du tac-o-tac…
Après le repos, c’est une véritable course poursuite complètement dingue qui s’engage entre deux équipes pourtant loin de faire jeu égal en termes de maîtrise et de qualité. Avec près de 70 % de possession de balle, le Stade Rennais joue presque comme à la maison mais pourtant, va galérer ! Ludovic Blas (48′), puis Mousa Al-Tamari, dont le but est refusé pour hors-jeu, sont proches de faire basculer le match mais ne trouvent pas la récompense aux efforts d’une équipe bien décidée à tuer le match.
Et c’est le contraire qui se produit, la faute à des erreurs individuelles payées cash en Ligue 1. Celle de Brice Samba, d’abord, coupable d’une sortie aérienne totalement loupée sur un centre anodin repris de la tête par Eric Dina-Ebimbé, qui n’en demandait pas tant (57′, 2-2).
Loin de se décourager, le Stade Rennais repart à l’assaut et profite des jonglages de Breel Embolo au milieu d’une défense bien passive pour redonner l’avantage à son équipe (2-3, 63′).
Totalement fou, le match bascule une nouvelle fois pour les « Ty zeffs » avec une erreur défensive cette fois-ci signée Alidu Seidu dont la tête mal réalisée est interceptée par Labeau Lascary qui à l’entrée des 5,50 mètres, croise parfaitement sa volée du droit (3-3, 70′).

Une fin de match étouffante…
Mais encore une fois, les locaux n’ont pas le temps de savourer et empilent une nouvelle boulette, avec une grosse faute de Kenny Lala, déjà catastrophique au match aller, qui offre un nouveau pénalty aux Rennais .
Esteban Lepaul, déterminé, réalise le doublé, donnant l’avantage aux siens, une nouvelle fois, et prenant la tête du classement des buteurs de Ligue 1 avec seize réalisations (74′, 3-4) ! Derrière, la fin de match est tout bonnement irrespirable pour les « Rouge et Noir », qui perdent maîtrise technique et tactique au fil des minutes.
Le stress, la peur d’être de nouveau rejoint et une bonne sueur froide avec l’égalisation brestoise à la 92′ signée Ludovic Ajorque…finalement refusée pour hors-jeu… Très difficilement, Rennes tient ses trois points jusqu’au bout et démarre avril idéalement.
Aucun joker face à Angers samedi soir !
Pour Franck Haise; « Cette victoire est méritée. Pour moi, il n’y a pas de discussion, mais il aurait pu y avoir discussion, parce que l’on a permis à Brest d’ouvrir le score. Au-delà des erreurs qui ont amené les buts encaissés, je trouve que l’on a fait un très bon match dans l’ensemble. Sortir agacé quand l’on gagne un match comme ça à Brest, ce ne serait plus de l’exigence, ce serait de la folie, surtout que les buts encaissés viennent d’erreurs individuelles.
À un moment, on voit le panneau d’affichage et on voit 3-3, on se demande comment c’est possible au vu du match. Mais ce qui est à mettre au crédit des joueurs, c’est le caractère qu’ils ont eu. Ils ont été calmes quand il fallait être calme, ils ont beaucoup donné par ailleurs, ils ne se sont pas frustrés malgré un scénario un peu bizarre. »
Bizarre comme le sera probablement jusqu’au bout cette saison, dont la prochaine étape offrira un nouveau « derby » aux Rennais face à Angers, samedi soir prochain. Avec là aussi, un droit à l’erreur réduit au néant, dans une course à l’Europe totalement palpitante et incertaine !






