Avec une équipe masculine et une autre féminine au plus haut niveau amateur (N1), le Cercle Paul Bert Handball redouble d’idées et d’initiatives pour être acteur de son territoire et continuer d’être attractif sur le partenariat privé. Côté sportif, une période de transition s’annonce. Franck Roussel, co-président, fait le point, sans langue de bois !
Au moment où de nombreux clubs de handball, toutes divisions confondues, sont en grande difficulté structurelle ou financière, comment se porte le CPB Hand ?
Si nous parlons du club en général, avec toutes ses équipes, le club se porte bien. Nous allons égaler à quelque chose près les 620 licenciés de la saison passée mais il faut savoir qu’avec plus de créneaux de salles et donc, d’infrastructures, nous aurions été plus nombreux. Ce constat vaut pour tous les clubs de la Ville de Rennes.
La réalité, c’est que nous avons refusé près de 2200 inscriptions en septembre dernier sur l’ensemble du CPB omnisport. Ceci étant dit, notre section est à l’équilibre. Quand elle est excédentaire, les bénéfices sont reversés à l’omnisport mais nous n’avons pas de dettes et sommes à l’équilibre, bien que rien ne change, année après année…
C’est-à-dire ?
Cela fait cinq mandats que l’on demande un agrandissement de Géniaux et rien n’est fait. La capacité de la salle est limitante et son attractivité avec, forcément… Alors oui, nous avons eu un écran géant, un Beach Park jouxtant le gymnase mais tant qu’il n’y aura pas de nouvel équipement, nous ne pourrons guère faire mieux.
Question financement, les filles sont désormais considérées à hauteur des garçons mais des subventions ont été retirées sur les déplacements les plus longs. Côté partenariat privé, comme tout le monde, nous avons une baisse de l’ordre de 10 à 15 % mais à côté de cela, nous avons toujours une dizaine de partenaires majeurs à plus de 10.000 € par an, dont Intermarché qui est aujourd’hui notre plus gros partenaire privé qui monte en gamme, au fil du temps.
La situation reste donc positive ?
C’est rassurant et précieux pour nous et cela récompense notre choix de ne pas vendre du résultat. Ici, nous mettons en avant l’accompagnement des sportifs, les doubles projets, le RSE des entreprises. Avec le Sandball, le hand fluo, les conférences comme celle réalisée avec Cléopâtre Darleux, nous proposons et faisons le maximum pour gâter nos partenaires, optimiser et diversifier le catalogue. C’est le travail à faire pour réussir à maintenir tout cela à l’équilibre.
« C’est toute une page qui va se tourner »
Sportivement, la situation globale est-elle aussi plutôt positive ?
Je suis plus mitigé. Les résultats de la saison sont corrects, voire bons pour les filles mais je suis beaucoup moins serein pour la saison prochaine. Cet été, il va y avoir une vraie bascule, un moment charnière pour le Cercle Paul Bert dans son projet de garder ses deux équipes en N1. Nous aurons huit départs chez les garçons et six chez les filles, et pas des moindres. C’est une page qui va se tourner.
Il faut dire merci à tous ces joueurs et joueuses qui ont clairement marqué l’histoire de ce club et qui seront toujours chez eux à Géniaux. La relève va avoir un sacré défi à relever. Cela prend du temps et sportivement, je sais déjà que nous allons souffrir car on ne recrute plus comme avant…
Moins de joueurs disponibles, des profils inaccessibles financièrement ?
Déjà, il n’y aura plus de joueurs payés à plein temps chez nous l’an prochain, la Fédération ayant allégé son cahier des charges. Mais ce n’est même pas une question d’argent. Depuis 2020, on voit bien que le Pôle Bretagne sort moins de joueurs et que le vivier n’est pour le moment plus assez profond.
Nous sommes sur un creux générationnel et en même temps, la N1 regorge de joueurs ayant joué plus haut. Forcément, nous pouvons nous préparer à souffrir. Pour autant, nous nous appuierons sur notre formation et laisserons le temps à nos gamins d’apprendre, et de grandir. Chez les filles, il faut s’inspirer de ce qui se fait dans la Finistère, qui est un modèle sur le sujet.
Il faudra aussi trouver de la stabilité au niveau des techniciens…
C’est l’une de nos problématiques. Après de longs passages sur les bancs pour Franck Prouff et Alan Gauvineau, avec les résultats que l’on sait, les entraîneurs ont ensuite pas mal tourné sur nos bancs et ce, en raison de la qualité des coachs qui ont opéré, tout simplement.
Le Cercle forme de très bons coachs : aujourd’hui Pierre Le Meur et Manu Marty sont sur le banc de la réserve du H, Lucas Vax au Pôle Est, Franck Prouff sur le Pôle Normandie et Alan Gauvineau au BBH. Cela n’est pas innocent et nos techniciens, que nous formons aussi, sont forcément demandés, et demandeurs aussi car ambitieux, dans un niveau qui donne de plus en plus d’épaisseur à ses staffs. A nous d’être aussi performants et attentifs là-dessus.
Le projet du haut niveau garçon-fille est-il encore tenable dans le contexte économique global, à court et long terme ?
La question est posée, souvent. Je réponds que je ne sais pas si c’est tenable ou non, mais en revanche, que c’est essentiel. C’est ce que nous vendons à nos partenaires, à nos licenciés. Ici, les garçons et les filles sont traités à parfaite égalité, sur tous les plans.
Les affluences aujourd’hui sont peut-être même un peu supérieures sur les matchs des filles ce qui n’a pas toujours été le cas mais il y a ce souhait de notre part de garder nos sections au plus haut. Si l’une descend dans les années à venir, nous ferons tout pour la remonter immédiatement. Pour nos bénévoles, il n’y pas de différences dans l’investissement chaque week-end entre la N1M et la N1F et c’est aussi cela, les valeurs du CPB Handball.





