Football – Stade Rennais : Good « beye », my lover…

La chanson recèle de titres que nous aurions pu choisir pour illustrer l’histoire entre Habib Beye, jeune entraîneur ambitieux de la scène française et le Stade Rennais costaud de Ligue 1 aux envies toutes aussi prononcées. Parler d’histoire d’amour, et évoquer les Rita Mitsouko et leurs fameuses histoires d’amour qui finissent mal, en général, non. Cela serait exagéré tant l’amour n’a jamais vraiment suinté ni d’un côté, ni de l’autre. « Je ne t’aime plus, mon amour, je ne t’aime plus, tous les jours », de Manu Chao. Ciao, Habib… Non.

Ménélik, et son « reste cool, bébé, sinon je te dirais Beye Bye » ? Un peu plus… Oui, le technicien agé de 49 ans qui connaît au passage son premier licenciement dans la fonction, aurait pu rester « cool » et garder son poste, au prix de consensus et de diplomatie. Pas le style du garçon, pas vraiment fait de ce bois et tenant bien trop à ses idées.

« Mourir, pour des idées, disait Georges Brassens, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir, de ne l’avoir pas eue« . Habib l’a eu et « meurt » donc dans son rôle de chef d’orchestre qui se « voyait déjà, en haut de l’affiche » alors que son équipe était « malade, complètement malade… ». Parole de Serge, et non Bernard Lama. Habib, le « Lover » de la tactique, des mots et des démonstrations au tableau, se voit remercié… Good beye, My Lover…

Trop de courants contraires, et des résultats, factuels…

Nulle n’est notre prétention ici de dévoiler une vérité si complexe à ressortir, qui est de toute façon ailleurs. Un an et plus s’en va… Une misère dans l’histoire d’un club qui trouve la une drôle de façon, par une nouvelle saison en dents de scie, de fêter ses 125 ans. Les supporters ont aussi leur version de l’affaire, eux qui ressentent l’équipe à chaque match, vibrent et pleurent, s’enthousiasment, dénigrent ou adulent en fonction d’un poteau rentrant ou sortant, qui vient souvent emporter les émotions avec lui, positives ou négatives.

La vérité ( si je mens) elle, est simple : l’alliage ne tenait plus. Le départ d’Habib Beye est la résultante du terrain avant tout, où il ne se passait plus grand chose, mais peut-être encore plus de tout ce qui a pu exister tout autour, depuis des mois. De prestations catastrophiques depuis deux semaines et plutôt moyennes depuis l’arrivée du technicien franco-sénégalais (18 victoires, 7 nuls, 14 défaites et la deuxième pire défense des 15 dernières années) aux vestiaires, où les problèmes relationnels à répétitions, ont lézardé une relation de confiance jamais vraiment fusionnelle. Le stop s’imposait.

Des relations également compliquées en interne avec des courants d’influences, très affirmés ces dernières semaines, dévoilés au grand jour ou presque en temps de crise, qui n’ont pas facilité la tâche ajoutés aux fuites venant des entourages de chacun, notamment sur les réseaux sociaux. Un ensemble surtout nuisible à l’image d’un club dont l’image a forcément souffert.

Une image à redorer…

Une vraie problématique, tant le Stade Rennais, depuis 2019, avait plutôt redressé la barre en la matière, devenant une place respectable et respectée du foot français, inspirante, souvent montrée en exemple dans son état d’esprit, sa ferveur avec un Roazhon Park créatif et fréquentable, contrairement à d’autres enceintes françaises, et plutôt productif en résultat avec une présence européenne régulière.

Depuis deux ans, le château de cartes vacille et c’est un vrai remake d’House of Cards, pour les connaisseurs, qui s’orchestre sous les yeux d’un public qui n’a plus que ses yeux pour pleurer. Alors ce nouveau « Cliffhanger » juste avant la venue de Paris, est-il celui de trop ou au contraire, celui marquant le retour à une stabilité qui doit être la seule ambition commune et viable pour le club ?

Sébastien Tambouret reprend ainsi la chaise de l’intérimaire (qu’il avait déjà occupée avant l’arrivée de Jorge Sampaoli il y a un an, s’inclinant à domicile contre Toulouse) en attendant l’arrivée officielle de Franck Haise, qui ne fait guère de doutes. Un profil, déjà passé au club comme formateur (2006-2012), fort d’une vraie réussite à Lens, qui est censée faire l’unanimité. Comme souvent, à chaque fois qu’un nouvel entraîneur, président ou directeur sportif, est nommé.

A l’Haise, Franck ?

Une philosophie de jeu basée également sur la défense à la trois, tant reprochée à « Coach Habib », qui devra convaincre, ou se muer en autre chose. Compliqué, l’effectif ayant été construit avec cette perspective. Une personnalité forte, également, libre dans ses mots, qui retrouvera plusieurs de ses adjoints et collaborateurs de l’époque lensoise et plusieurs de ses fers de lance sur le terrain, comme Samba et Frankowski.

Si certains s’étonnent du timing, surfant sur la culture de l’instant et du classement, où Rennes, sixième, n’est pas la rue du tout, la rupture semblait indispensable tant le mal s’approfondissait au fil des jours. Devenu trop « Toxic », le climat n’était plus respirable pour personne, et un nouveau départ s’imposait.

Réagir quand tout n’est pas cassé n’est finalement peut-être pas si mal et le futur nouveau coach, dont l’officialisation ne devrait guère traîner, a du pain sur la planche mais à priori, du matériel pour réussir. Avec pour le moment, espérons le, l’appui de tous. De là à imaginer une mission réussie à l’Haise, Franck ? Pas si sûr…

« Et on démarre, une autre histoire »….

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.