Profitant de la montée de l’équipe seniors, les espoirs du REC Rugby évoluent cette année en « Reichel Espoirs Accession », le deuxième échelon national. Maël Le Galloudec, manager général depuis cet été, fait le point sur le parcours des jeunes pousses rennaises à un petit peu plus de mi-saison.
L’effectif a-t-il beaucoup évolué entre la saison dernière et cette année ?
Nous sommes sur le même volume en termes de joueurs mais l’effectif a lui tourné d’un peu plus de 50%. La grosse difficulté étant que nous avions le droit à des joueurs âgés de 18 à 23 ans l’année passée et là, en Reichel Accession, nous passons à des joueurs entre 18 et 21 ans.
Ça rajeunit fortement le groupe et il y a aussi un peu plus du tiers de l’effectif qui est en première année, dont des joueurs qui ont 18 ans. Concernant le jeu et le vivier, nous gardons les mêmes principes et nous nous appuyons beaucoup sur les jeunes de la formation rennaise. C’est une volonté de notre part et il y a moins d’une dizaine de joueurs venant de l’extérieur.
« On doit avoir la moyenne d’âge la plus basse de la poule : 18 ans et demi. C’est un projet sur 2-3 ans »
Le staff a lui aussi changé…
Carlos Muzzio et Max Cocetta partis, je suis devenu manager général. Alexis Le Picard est arrivé, sur les avants. Il entraînait précédemment l’équipe première de Melesse. Ce qui a été compliqué, c’est la transition entre les deux saisons. Il a fallu travailler fort sur le recrutement avec cette montée d’une division, comme chez les professionnels. Nous sommes passés au deuxième échelon national chez les espoirs et nous avons notamment quatre équipes espoirs de clubs de Pro D2, Vannes, Mont-de-Marsan, Angoulême et Dax. L’été a été studieux et le téléphone a chauffé (rires).

Le championnat est repassé à dix équipes cette saison. Quelles sont les conséquences sur le calendrier ?
Ça fait moins de matchs mais comme nous avons beaucoup de doubles licences, plus de 20, les joueurs peuvent aller matcher avec d’autres clubs. Ce qui change vraiment, c’est le gros trou qui arrive, entre mi-janvier et mi-mars. Nous ne jouons pas pendant deux mois, correspondant au tournoi des Six Nations U20. Nous allons avoir une deuxième présaison. C’est la grosse nouveauté mais nous y étions préparés. Nous verrons avec le préparateur physique Nicolas Brouster comment gérer ça.
Quels sont les objectifs pour cette année ?
Il y a une montée mais il n’y a pas de descente, donc nous n’avons pas d’objectif de résultats à proprement parler. Le seul objectif fixé, c’est de ne pas finir dans les deux derniers. Nos concurrents directs sont Marcq-en-Barœul et Périgueux. Nous avons gagné à Marcq-en-Barœul mais nous avons perdu à Périgueux. Nous recevrons ces deux équipes lors de la phase retour. Pour l’instant, nous avons deux victoires à l’extérieur, la deuxième à Dax, formation espoirs de Pro D2.
Ça a fait du bien au groupe et ça a compensé la défaite à Périgueux. Nous savons que ça va être compliqué cette année. Il y a plus de deux tiers de l’effectif qui sera encore là l’année prochaine et nous devons avoir la moyenne d’âge la plus faible de la poule : 18,7 ans précisément. C’est un projet sur 2-3 ans. Quoiqu’il arrive, nous restons dans notre philosophie de jeu.
« Le club compte sur eux »
En prévision de la trêve, vous avez déjà disputé deux matchs sur la phase retour. Comment juges-tu la saison jusqu’ici ?
Collectivement, ce que nous proposons est cohérent. Quand nous tenons la balle, nous sommes capables de mettre en difficulté n’importe qui. Simplement, cette année, l’adversité est plus forte donc nous avons moins d’opportunités. Nous voyons la différence, techniquement, physiquement et en termes de vitesse. Il y a un gros temps d’apprentissage. Nous retrouvons le rugby que nous souhaitons pratiquer, par séquences. Si nous regardons les résultats bruts, c’est sévère avec des scores fleuves.

Nous arrivons à tenir 50 à 60 minutes. Nous sommes aussi indisciplinés mais quand tu es déjà sur le reculoir, tu commets plus de fautes dans le temps. Quand tu commences à être moins bien physiquement et que tu te retrouves en infériorité, tu es lourdement sanctionné au score. Nous sommes dans le vrai dans ce que nous pratiquons mais nous n’avons pas, aussi, la même réalité au quotidien que d’autres équipes, avec des conditions d’entraînement difficiles.
Depuis le début de la saison, plusieurs jeunes joueurs passés par les espoirs du club évoluent avec l’équipe seniors. Quel regard portes-tu sur tes anciens protégés ?
Nous sommes super fiers. Ça veut dire que nous avons réussi notre boulot. Je prends l’exemple d’Etienne Bouldoire qui est désormais pleinement avec la Une. C’est gratifiant pour les espoirs et ça prouve que le club compte sur eux. Ça met aussi un coup de boost aux jeunes et ça prouve qu’ils peuvent jouer au-dessus. Lucas Dufourcq était en espoirs il y a deux ans. Je pense aussi à Ewann Puarai. Certains sont partis mais jouent ailleurs.
Dans la génération actuelle, nous avons Pierre Cotarmanac’h qui a été sélectionné pour la tournée de novembre avec l’Uruguay. Eden Chaboury a pris part à un stage avec l’équipe de France Universitaire. En début de saison, j’ai demandé un sur-classement pour Marius Jeulin-Vasquez, qui vient de fêter ses 18 ans. Ça monte au fur et à mesure. Cette année, il y a aussi une quinzaine de jeunes qui ont fait la préparation estivale avec l’équipe première et une dizaine de rookies qui s’entraînent régulièrement avec eux. Notre travail paie.





