Edito : Laisser le temps au temps

L'édito de votre JRS.
Habib Beye, condamné ou presque à quitter la Piverdière début novembre et aujourd’hui à deux points du podium. @Crédit photo : JRS

En ce début d’année 2026, éloge à la patience, au temps laissé malgré les doutes inhérents aux analyses immédiates et place à plusieurs constats implacables. Le Stade Rennais illustre forcément au mieux le propos, avec plusieurs cas distincts mais prouvant que le temps est plus souvent un allié qu’un ennemi. Le plus retentissant, Habib Beye, son coach, condamné ou presque à quitter la Piverdière début novembre et aujourd’hui à deux points du podium, sept matchs plus tard.

Ses méthodes sontelles devenues d’un coup de baguette magique idoines et comprises par son groupe ou simplement, une dynamique positive s’est installée ? Il y a sans doute des deux, mais les actionnaires, principaux responsables du maintien du technicien à la tête de l’équipe, ont cette fois-ci eut le nez creux et évité un hiver aussi catastrophique que le précédent.

Les cas Jérémy Jacquet et Breel Embolo

Côté terrain, les cas Jérémy Jacquet et Breel Embolo sont aussi très parlants. Le premier avait été prêté à Clermont à l’époque Julien Stéphan, ne justifiant pas l’intérêt ou la confiance d’un staff alors en place qui le connaissait parfaitement. Son explosion depuis un an est sans équivoque et va le mener haut. Là aussi, il aura fallu ce temps, celui de la Ligue 2, du doute, pour venir enfin exploser au Roazhon Park avant d’aller à coup sûr très loin et très haut, peut-être dès l’été prochain.

Le cas de Breel Embolo, lui, raconte tout autre chose. Plutôt critiqué et taclé à son arrivée, moqué par certains supporters lui reprochant, en vrac, salaire, performance ou investissement sur le terrain, l’international suisse est en train de répondre, à force de repères trouvés, de buts et passes décisives et d’incidence dans le jeu.

Dernier cas et non des moindres, celui de Valentin Rongier, pour qui l’accueil fut des plus hostiles et parfois hors propos, et qui comme d’autres avant lui ayant porté un maillot dit « ennemi », gagne respect, estime et peut-être bientôt amour d’un public qui ne peut strictement rien lui reprocher de son investissement sur le terrain et de ses performances sportives comme prises de responsabilités hors du terrain.

Le temps accordé aux acteurs reste une chance et une arme plus qu’une faiblesse

Le Stade Rennais aujourd’hui, en mode Ying après avoir été Yang, Saint-Grégoire à la lutte pour le podium après avoir joué sa survie l’an passé ou encore Cesson, où tout aurait pu exploser au printemps avant de retrouver plus de sérénité et de résultats cette saison, avec le même staff. Ajoutez-y le REC Rugby, patient après sa descente de Nationale il y a deux ans et aujourd’hui bien plus armé une fois revenu au troisième niveau national.

Autant d’exemples qui démontrent si besoin en était qu’en sport, les certitudes n’engagent souvent que ceux qui les dispensent, pour être mieux tordues dès le lendemain et que le temps accordé aux acteurs reste une chance et une arme plus qu’une faiblesse ou un gage d’autorité de l’institution (passez donc le message à un club évoluant en « Jaune et Vert »). Que 2026 renforce la tendance, voilà notre vœu le plus sincère pour cette nouvelle année. Belle année à tous, avec santé et succès !

Votre JRS de janvier à retrouver juste ici.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.