Hand – SGMRH : OLIVIER MANTÈS : “SOMMES-NOUS PROFESSIONNELS OU AMATEURS ?”

Blessures, matchs reportés, incertitudes sur l’avenir, et gestion d’effectif : Olivier Mantès, coach des Roses du Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball, ne manque pas de dossiers chauds à gérer dans un début de saison néanmoins séduisant sur le terrain, si l’on excepte une mi-temps ratée. Il a accepté de les évoquer un à un.

« Si l’on considère les choses depuis la préparation effectuée depuis notre reprise, le 22 juillet jusqu’à ce début novembre, sincèrement, je suis plutôt satisfait du travail accompli par les filles. Il y a une bonne dynamique sportive, qui fonctionne, avec des joueuses investies, qui travaillent dur. Il y a eu beaucoup de très belles choses réalisées, même sur des matchs perdus comme à la Stella SaintMaur ou à domicile, lors du match perdu contre Achenheim. Ce soir-là, la première période nous échappe dans une accumulation de petites erreurs, de manque de réussite et rien ne va. A la pause, dans ces moments-là, on oscille entre colère, agacement mais aussi l’envie d’aider comme on peut les filles à retrouver la confiance. Leur seconde période montre un vrai caractère, le refus de renoncer, l’attachement au maillot. En cela, le match a montré les valeurs morales de nos filles, qui étaient de plus diminuées sur le plan de l’effectif. Dans le jeu, je suis en tous cas plutôt optimiste et satisfait de beaucoup de choses que j’ai vu. Avant de parler de performances ou de résultats, l’investissement est la et c’est la base pour travailler et progresser sur la durée. Aujourd’hui, malgré la difficulté du contexte, nous avons la chance de pouvoir continuer à nous entraîner grâce à la ville de Saint-Grégoire qui nous laisse la Ricoquais à disposition, au lycée Bréquigny qui en fait de même ainsi qu’à la salle Roger Poirier à Villejean pour la musculation et à notre partenaire santé Vivalto Sport qui nous met également à disposition son plateau technique et ses machines, là aussi pour la musculation. »

LES BLESSURES

« Incontestablement, nous ne pouvons pas nier le lien entre la longue coupure puis la préparation que nous avons tous connu et les blessures, souvent sérieuses, qui se multiplient, au-delà du simple cas du SGRMH. Le confinement n’a pas épargné les organismes et on le voit, les sportifs de haut niveau le paient, ce dans toutes les disciplines. En cela, il est très important que nous puissions continuer au moins à nous entraîner, pour travailler et empêcher un nouvel arrêt qui serait terrible pour les organismes. Nous continuerons de toute manière à payer ces blessures et ses répercussions physique, cette saison mais aussi la prochaine, car on ne revient pas comme ça des ligaments croisés ou autres blessures importantes. Chez nous, Laure Bulucua, pour un heureux événement à venir, ne rejouera pas cette saison. Maureen Racz, qui a été opérée en septembre, revient en janvier si tout va bien. Claire Scheid n’a pas encore pu jouer et revient d’une opération du genou. Elle doit bientôt revenir mais il lui faudra du temps pour retrouver ses sensations et son efficacité. Melissa Delalande s’est blessée courant octobre puis Anne-Gaëlle Chevalier s’est blessée à son tour à l’entraînement. Ajoutons aussi que Sabrina Betzer ne s’est pas entraînée du mois d’octobre pour des douleurs et n’a joué que les matchs. Seule bonne nouvelle dans le tableau, notre recrue Juliette Guerrier, qui selon un premier avis médical, devait être opérée de l’épaule et qui, après un second avis, peut finalement continuer de jouer. Tout cela reste fragile et nous n’avons pas un effectif pléthorique. Nous devrons nous accrocher en faisant avec tous ces paramètres. »

CAMILLE DA SOUSA DIT STOP !

« Nous l’avons appris courant octobre et c’est un vrai coup dur ! Camille a choisi d’arrêter car elle ne trouve plus aujourd’hui le temps et le plaisir dans la pratique du hand, alliée à son projet professionnel. C’est aussi, probablement, l’une des illustrations de la crise que nous traversons.
Au-delà de Camille, les sportifs de haut niveau peinent à s’épanouir dans des salles vides, à supporter des matchs annulés au dernier moment alors qu’ils ont travaillé toute la semaine pour le préparer, à vivre l’incertitude, les tests, semaines après semaines. Tout cela pèse sur le psychisme, la psychologie et ce n’est surtout pas anodin. Pour revenir à Camille, elle a décidé d’arrêter pour le moment sa carrière, avec effet immédiat. C’était un relais précieux sur le terrain, une taulière de l’équipe et cette nouvelle n’arrange pas nos affaires. »

LA SUITE DU CHAMPIONNAT ?

« Pour le moment, les discussions sont en cours pour savoir si nous continuons la saison à huis-clos ou mettons sur pause jusqu’à janvier, sachant que nous aurons trois journées à disputer d’ici à décembre. Ensuite, ce sera la pause internationale. Il y a beaucoup de débats actuellement pour savoir où situer notre division, qui n’est pas reconnue par la Ligue comme professionnelle mais qui a pourtant obtenu des dérogations fédérales auprès du gouvernement pour que l’on puisse continuer à nous entraîner comme équipes professionnelles lors du couvre-feu. Sommes-nous, dès lors, considérés comme professionnels ou amateurs ? Des discussions sont en cours entre la FFHB et le Ministère et une réunion est programmée la semaine prochaine.
Beaucoup d’équipes à ce niveau n’ont qu’une ou deux joueuses professionnelles à temps plein et des semi-amateurs comme nous, qui ont des double-projets. Où nous situer alors ? Avec quel règlement ? Le même contexte existe avec le rugby en Fédérale Une mais aussi chez nous, en hand, avec la N1 masculine qui s’ajoute à ces interrogations. Les questions autour des statuts VAP et les règlements qui accompagnent tout cela sont sérieusement bousculés actuellement et des paradoxes viennent compliquer le débat. Pour notre part, nous n’avons qu’un match de prévu à la Ricoquais. Un huis-clos aurait des incidences, oui, mais cela resterait vivable pour la suite.
En revanche, le risque existe de voir la proposition de huis-clos étendue au reste de la saison si elle est acceptée pour les prochaines journées. Dans ce cas, ce ne serait évidemment plus la même chose, pour notre club, comme beaucoup d’autres à ce niveau, reposant sur les partenaires privés qui seraient alors privés des prestations qu’ils ont acheté… Nous avons la chance d’avoir aujourd’hui leur soutien et les en remercions chaleureusement. Pour autant, les aides promises par le gouvernement seront nécessaires pour pouvoir rebondir et essayer de sortir d’une situation qui va s’avérer très compliquée dans les prochaines semaines pour tous les clubs fonctionnant sur le modèle billetterie-partenaire-hospitalités.»

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