A force de flirter avec la descente depuis deux saisons, avec des sauvetages in-extremis à chaque fois, le CRMHB a fini par chuter et évoluera l’an prochain en Proligue, niveau qu’il n’a plus fréquenté depuis dix ans. Une descente devenue inéluctable au fil des semaines qui doit permettre un rebond et une renaissance bienvenue.

« Cette descente sera peut-être un mal pour un bien. Nous étions à la fin d’un cycle ». Les mots de Stéphane Clémenceau, lors d’un Afterwork de fin de saison devant de nombreux et fidèles partenaires du club, sont pesés, sentis non sans être chargés d’émotion et de tristesse. La sentence est tombée et dans l’année où il semblait avoir le plus de cartes à abattre. Le phare du hand breton s’est perdu dans la brume et les méandres de résultats négatifs, de blessures et d’incapacité à réagir, accumulant de trop nombreux revers lors de la phase retour pour se sauver. Les changements opérés en début de saison et l’arrivée de la nouvelle salle indiquaient pourtant, déjà, le début d’un nouveau cycle. Mais celui-ci prendra finalement un peu plus de temps que prévu à démarrer.

Un point sur 6 face aux concurrents directs

A la trêve, avec sept unités au compteur, les Irréductibles paraissaient bien lotis pour vivre, enfin, une fin de saison au chaud. Le retour de certaines valeurs était palpable dans les moments difficiles, une certaine rigueur et un plaisir retrouvé aux entraînements également. Christian Gaudin, arrivé en juillet, insufflait une nouvelle dynamique à un groupe encore traumatisé par deux années compliquées et renforcé par plusieurs renforts en toute fin de « mercato », avec de nombreux paris. Les résultats, eux, furent au rendez-vous, du moins là où on les attendait. Avec Chambéry, Aix, Montpellier et Paris à jouer lors des cinq dernières journées, ce « luxe » n’apparaissait pas de trop ! Et pourtant… Après un mois de décembre très compliqué, la reprise confirma qu’il faudrait lutter jusqu’au bout. Les Cessonnais le savaient, ils devaient gagner leur « championnat » disputé face à Ivry, Istres et Pontault-Combault. Si à l’aller, le contrat avait été quasiment rempli à la perfection (3 victoires), l’histoire fut toute autre en cette année 2019. Revenus d’Ivry avec un nul miraculeux obtenu sur le buzzer en février pour la reprise, les joueurs de Christian Gaudin ont ensuite perdu le match à ne pas perdre pour l’inauguration de la Glaz Arena, face à Istres, le 14 mars : « Ce match-là nous a fait très mal, il fait basculer la saison » explique Mehdi Boubakar, adjoint du coach. Restait alors un sursis, avec un déplacement piégeux à Pontault, après avoir glané un point face à Dunkerque puis accroché Saint-Raphaël sans pour autant prendre de point. Quasi-condamné depuis de longues semaines, le promu banlieusard entendait bien ne pas être spectateur lors de la venue des Bretons. Ceux-ci, incapables de hisser leur niveau de jeu, furent mangés dans l’envie par des adversaires libérés de la pression du résultat. Une défaite lourde au final dans les valises pour le retour, et voici les Brétilliens laissant alors leurs derniers espoirs ou presque d’un sauvetage miraculeux en banlieue parisienne. Un point sur six face aux concurrents directs pour le maintien, c’était bien trop peu pour espérer s’en sortir dans une Lidl Starligue clairement coupée en deux, avec cinq équipes intouchables en tête, un ventre mou s’étalant d’Aix à Dunkerque puis, donc, le championnat des petits, où les Irréductibles terminent dans la charrette en compagnie de Pontault-Combault. Pourquoi une telle faillite ? Une combinaison de multiples facteurs répondent à cette question que se poseront de longues semaines les amoureux du CRMHB.

Des gardiens adverses brillant, une attaque en berne

Jamais, dans cette saison si particulière, les planètes n’auront été alignées. Insuffisants face aux buts (pire attaque de Lidl StarLigue), les Cessonnais n’auront jamais pu compter sur leurs gardiens en pleine forme au bon moment, alors qu’en face, plusieurs portiers tels Popescu (Saint-Raphaël), Bellahcene (Dunkerque) ou encore Capelle (Istres) Cantegrel (Pontault) ou Sunjic (Ivry) ont réalisé leur match de l’année. « Nous avons rarement eu toutes nos forces vives au point en même temps. Un jour c’était en attaque, un autre en défense. Sur la seconde partie de saison, nous n’étions pas au niveau pour espérer quelque chose  » confirme Stéphane Clémenceau. Pourtant, les Irréductibles présentent des statistiques correctes en défense, avec la huitième place sur ce classement. Au-delà du fonctionnement tactique, les Cessonnais n’ont pas été épargnés par les blessures, qui ont empêché toute l’année ou presque le coach de disposer des meilleures solutions possibles. Luka Mitrovic, recruté pour mener le jeu, n’aura joué qu’en septembre et en mai, la faute à des ligaments croisés rompus dès la 4ème journée. Elément expérimenté de la défense, Frédéric Beauregard a pour sa part manqué près de quatre mois cette saison, d’octobre à fin février. Grand espoir du club, Mathieu Salou eut également son lot de malheurs physiques et manqua six bons mois lui aussi. Rudolph Faluvegi, recruté pour densifier l’effectif et apporter son expérience en janvier, manquera autant de matchs qu’il n’en jouera, accumulant les pépins. Vinrent ensuite les blessures de Geir Gudmunsson puis Michal Szyba pour dépeupler le côté droit de la base arrière et voici une équipe touchée dans sa chair, sans solutions et punie à de nombreuses reprises lors de la phase retour.

Dans une spirale terriblement négative, où les défaites larges et dures à encaisser se sont succédées, le public n’a pas lâché son équipe pas plus que les dirigeants n’ont lâché leur staff, qui sera toujours aux manettes l’an prochain. « La première partie de saison était encourageante, et plutôt conforme à nos attentes mais nous n’avons pas su gagner les matchs importants lors de la phase retour. Des conclusions vont être tirées de tout cela et nous allons repartir avec un groupe profondément remodelé, qui, paradoxe suprême, devrait être plus fort que cette année mais à l’étage au-dessous. Les joueurs qui ont signé cet hiver imaginaient sans doute évoluer en Lidl Starligue mais seront les premiers à entraîner les autres pour remonter le plus rapidement possible. Il n’y pas de clauses libératoires, ils seront avec nous, à 97 % car dans le sport, on ne sait jamais à 100 %. Nous allons démarrer un nouveau cycle, avec je l’espère, le retour du plaisir et des victoires, pour les joueurs comme pour tout le monde autour » conclut Stéphane Clémenceau face à des partenaires loin d’être démotivés et déjà enclins à repartir au combat. Loin des apparences, le CRMHB est loin d’être au fond du trou. Touchés, oui, mais pas coulés, les Irréductibles ont une revanche à prendre…et à offrir, à un public ayant hâte de peupler la Glaz Arena de bonnes vibrations !

Julien Bouguerra