Un 4-0, propre et net, reçu à Lyon, ce n’est pas l’idéal, forcément, avant une trêve de trois semaines mais pour autant, le Stade Rennais peut être satisfait de son entame de saison. Pour autant, des questions restent clairement sans réponse pour le moment et octobre doit permettre d’y répondre, en partie.
Dix points mérités ou heureux ?
Un but d’écart à chaque fois, que ce soit face au Mans (3-2), Angers (1-2) ou Marseille (1-0). Un nul après avoir mené 2-0 contre le PSG, puis une raclée dans un match sans à Lyon (4-0). Tel est le début de saison du Stade Rennais, bien calé dans le premier quart du classement, à la cinquième place.
Dans les clous de son ambition européenne, le club breton est aujourd’hui mieux loti que les amis marseillais, lensois ou strasbourgeois, eux aussi candidats aux premières places. Pour l’anecdote, il est même après cinq journées devant le PSG…
Pourtant, le doute est persistant chez bon nombre d’observateurs, frustrés par une équipe dont le potentiel, à l’évidence, est loin d’avoir atteint son climax. Trois victoires face à deux équipes destinées à jouer le maintien et une autre en crise totale d’identité, un nul rageant où la maîtrise manqua et les erreurs individuelles pénalisèrent l’équipe plus que de raison et une défaite inquiétante, plus encore par son contenu que par son emballage final. A ce jour, Rennes a pris les points mais n’a que trop rarement maîtrisé les événements.
Trop de buts encaissés, des trous d’airs punis systématiquement et une dépendance inquiétante au rendement de son goléador, Esteban Lepaul. Les points d’améliorations sont identifiés et une identité de jeu inscrite dans le 4-3-3 par Franck Haise encore en cours de construction. Le style peine pour le moment clairement à s’affirmer et les questions sont là.
Le doute, lui, pourrait bien s’inviter et frapper à la porte, si octobre n’amène pas un peu plus de maîtrise, de folie et de spectacle, même si les points permettront, avec la manière ou non, de continuer à avancer, en faisant fi des critiques. Celles-ci méritent pourtant sans doute de s’y pencher un peu…

Les doutes sur le recrutement sont-ils justifiés ?
Il est évidemment bien trop tôt pour être catégorique, ce sur n’importe lequel des nouveaux « Rouge et Noir ». Pour autant, le constat est simple, pragmatique : seul, à ce jour, Charlie Cresswell et Adrien Thomasson se sont installés dans le onze de départ de Franck Haise, avec des performances globalement très positives.
Oui, le défenseur central anglais n’est pas un sprinteur mais sa force dans les duels, son jeu aérien et son envie dans la relance longue, souvent réussie, sont de vraies améliorations dans la ligne défensive rennaise.
Au milieu, Adrien Thomasson monte en régime et prouve qu’il a encore tout à fait les jambes, la qualité et l’envie pour devenir indispensable. Il n’en va en revanche pas de même, loin de là, pour toutes les autres recrues… Eliezer Mayenda, recrue la plus chère de ce mercato d’été, n’est pas encore prêt, à l’évidence, pour la Ligue 1…qui serait donc plus relevé et difficile que la Premier League, où le joueur a régulièrement évolué la saison passée.

Inquiétant, à l’image de sa prestation à Lyon, pour sa première titularisation. Laissons le temps au jeune joueur formé à Sochaux mais les premiers grognements peuvent s’entendre.
Recruté en attaque également, Issa Soumaré a réalisé un match cauchemar face à l’OM, avec une sortie logique à la pause. Loin d’être pour le moment au niveau requis, le joueur n’a pas l’étoffe d’un titulaire sur les prestations réalisées et devra faire beaucoup mieux.
Concernant Boulaye Dia, arrivé en dernier jour de mercato, il est encore bien trop tôt pour se prononcer tandis que Bryan Reynolds, Gonçalo Oliveira et Nicolas Lemaître n’ont été encore que trop peu (ou pas, pour le défenseur portugais) vus pour être jugés. Des recrues en vue d’un effectif plus large, pour le moment, bien plus que des renforts…
Un spectacle vraiment à la hauteur, malgré les bons résultats ?
Ceux qui imaginaient retrouver au Roazhon Park le jeu flamboyant développé par Franck Haise à ses plus belles heures lensoises sont pour le moment déçus. Non le Stade Rennais ne régale pas, même s’il marque tout de même, neuf buts en cinq matchs. Loin d’être aphone en attaque, c’est plus le manque de maîtrise dégagé qui interpelle, avec un jeu offensif frustrant sur les côtés, où les dédoublements sont rares.
Quand ils se font, cela fait mal, comme avec le but inscrit face au PSG par Esteban Lepaul sur la montée de Przemyslaw Frankowski ou avec les décalages trouvés par Mousa Al-Tamari face à Angers.
Également passeur décisif de la tête contre l’OM, l’international jordanien est le facteur X du début de saison, ce qui montre aussi les limites pour le moment dans la variété des armes offensives à dispositions de Franck Haise. Au-delà des latéraux, ni Arnaud Nordin, ni Ludovic Blas, ni Issa Soumaré n’ont été décisifs ou inspirés.
Au milieu de terrain, les lignes doivent être parfaitement respectées entre Adrien Thomasson, Valentin Rongier et Mahdi Camara sous peine de se marcher sur les pieds et de ne pas être assez haut sur le terrain. Et comme la défense rennaise fait pour le moment trop de cadeaux, avec neuf buts encaissés, l’équilibre et la sécurité semblent être la priorité sur le déséquilibre et un jeu chatoyant. C’est peut-être pourtant par celui-ci que les meilleures performances, et résultats, viendront…

Octobre taillé pour rebondir ?
Auxerre et Strasbourg, déjà battu deux fois à l’extérieur cette saison, à la maison, et deux déplacements, le premier chez le poil à gratter de ce début de saison, le Paris FC, puis à Nice, très limité, voilà pour le programme d’octobre des « Rouge et Noir » sur la scène domestique.
En coupe d’Europe, les retrouvailles avec le Roazhon Park se feront face à l’OFI Crète avant un déplacement de prestige chez la Juventus. Six matchs pour se refaire la cerise, confirmer au classement un positionnement qui reste bon et surtout, gagner des certitudes dans le jeu, en fermant les vannes devant et en gagnant en maîtrise dans les scénarios du match.
Il faudra pour cela, retrouver Esteban Lepaul, muet depuis trois matchs, qui doit aussi digérer sa première convocation chez les Bleus mais aussi un statut le mettant dans une lumière inédite dans sa carrière.
Trouver aussi d’autres joueurs capables de suppléer Lepaul et Al-Tamari dans la capacité à être efficace et à créer du danger et montrer sur les terrains les qualités prêtées à certains joueurs ayant pour le moment un vrai retard à l’allumage dans le secteur défensif, comme Abdelhamid Aït-Boudlal ou Quentin Merlin, jusqu’ici en difficultés.
Habitué des crises automnales, le Stade Rennais a les moyens de s’en éviter une cette saison et de bonifier son bon début de saison comptable. A lui de saisir l’occasion et faire tomber les points tels les feuilles de l’automne.






