JRS100- Hand – SGRMH : Ema Cordier, nouvelle gâchette de l’aile droite « Rose et Noir »

Ema Cordier
Ema Cordier connaît de très bons début avec le SGRMH @Crédit Photo JRS

Révélée pour de bon à Vaulx la saison passée, Ema Cordier, élue meilleure ailière droite de la division, a rejoint l’armada bretonne cet été. Cette gauchère malgré elle relève ainsi le défi de retrouver l’élite à moyen terme, qu’elle a déjà connu, tout en s’intégrant dans un projet collectif sur mesure.

Parfois, les accidents de la vie contribuent à écrire le destin. Cela peut se jouer à un…changement de main, par exemple. C’est le cas pour Ema Cordier, 23 ans, arrivée à Saint-Grégoire cet été depuis Vaulx, quatrième du dernier championnat. « Quand j’avais six ans, je jouais avec ma voisine et nous avions un vélo d’appartement. Il fallait régler la selle et au moment où j’ai posé mes doigts près des petits trous pour la hauteur, ma copine a tout lâché et mon doigt était dans le passage… »

Résultat, une phalange ou presque en moins, sans doute un bon paquet de larmes mais surtout, une main droite devenue source de complications pour le hand : « France Chapuis, ma coach quand j’étais petite et que je salue, m’a convaincu d’utiliser la main gauche. A cet âge-là, on peut s’adapter vite… Je suis resté droitière, sauf pour jouer au hand… Merci France, encore et encore !».

Ibis Style

Un passage compliqué à Saint-Amand fondateur

Une riche idée qui permet aujourd’hui à Ema Cordier de régaler sur son aile. Si le vélo d’appartement doit forcément être un « ami » regardé avec méfiance désormais, la jeune ailière a parcouru du chemin depuis. D’abord à Gray, dans la Saône, où elle adopte le handball à l’âge de cinq. Le coup de cœur est immédiat et Ema s’installe rapidement sur la base arrière. Plus tard, en U13, elle bascule à l’aile.

Ses qualités sont là, à l’évidence et tapent à l’œil de Besançon, qui intègre Ema à son Pole : « A ce moment-là, on se dit que les choses deviennent un peu plus sérieuses. Le hand était jusque-là un jeu mais j’ai pris tout cela avec plus d’application ensuite, avec l’envie de voir jusqu’où cela pouvait aller. » L’ailière progresse, passe les étapes et signe un contrat avec le centre de formation pour deux ans.

L’occasion d’évoluer en N1 et d’y faire ses armes, tout en poursuivant les études avec un but alors défini : « Je souhaitais au départ être éducatrice spécialisée et intégrer après le BAC une formation pour cela. Hélas je n’ai pas trouvé de place. »

Désireuse de rebondir, Ema trouve une autre voie : « J’ai eu l’occasion de faire un service civique dans une école maternelle et ce fut le déclic. J’ai adoré m’occuper des tout petits et choisi de me réorienter pour devenir professeur des écoles. ». Un projet pro dans un coin de la tête et de l’emploi du temps, à combiner avec une montée en puissance sur le terrain.

Quelqu'un sur le toit

Une année pleine à Vaulx

A l’issue d’une troisième saison une nouvelle fois pleine et convaincante en N1, la nouvelle numéro 41 des « Rose et Noir » plafonne et doit passer un cap. Besançon, avec qui un an de contrat reste, propose alors une place dans le groupe de D1, en sortie de banc. Le deal est simple : un peu de temps de jeu dans l’élite, grandir et éventuellement, un prêt pour plus de temps de jeu garanti.

Saint-Amand frappe ainsi à la porte en décembre, dépeuplé sur son aile, et Ema fait pour la première fois ses valises loin du nid, direction le Nord. Là-bas, le temps de jeu, à défaut du temps tout court, est au rendez-vous mais c’est tout :

« Ce fut une expérience difficile où je ne me suis pas retrouvée mais j’ai beaucoup appris. Dans la difficulté, c’est aussi intéressant d’apprendre, de s’adapter et de travailler encore plus dur, mentalement surtout. Il vous faut sourire même quand ça ne va pas, faire les choses et se taire. Avec le recul, cette étape est très fondatrice. ».

Ema Cordier
Pour le moment, tout sourit à Ema Cordier et au SGRMH @Crédit Photo JRS

Six mois disputés en LBE, du temps de jeu puis un retour à la maison en juin. Où Ema déchante : « Je pensais qu’on me proposerait quelque chose, une suite puis rien. J’ai été déçu car le discours précédent était plutôt de m’accompagner à grandir, à continuer. Pour la première fois, je me suis retrouvé sans savoir ce que je ferai à la reprise suivante… »  Ces situations aussi, font grandir.

Le réseau , les copines font entrer en contact Ema avec une agent, qui trouver une sortie. Direction Vaulx-en-Velin, à l’aube d’un projet tout neuf, une division nouvelle à découvrir et surtout, plusieurs joueuses déjà connues : « A l’inverse de Saint-Amand, j’arrive là-bas où je retrouve Anaëlle Vandeputte et Julia Rodrigues, qui est aussi venue à Saint-Grégoire avec moi cet été.

Le coach, Geoffrey Terver, était aussi dans le Nord. La connexion s’est ainsi faite naturellement et nous avons fait une super saison, alors que l’équipe végétait en bas de tableau depuis plusieurs saisons. Côté terrain, je me suis régalée. ».

116 buts inscrits la saison passée, un titre de meilleure ailière

Et pour cause, l’ailière termine troisième buteuse du championnat, avec 116 buts inscrits, la responsabilité des jets de sept mètres et se voit même élue meilleure joueuse sur son poste de D2. Une sacrée récompense, que Romain Corre n’attend pas pour nouer contact dès janvier et convaincre sa future joueuse dans la foulée.

Mi-janvier, le destin de la bisontine s’écrit en Bretagne : « J’étais déjà venue ici en vacances et le projet proposé m’a très vite convaincue. Encore plus après avoir connu la Ricoquais en adversaire ! Quel kif, ce public, l’ambiance, le kop. C’est génial de pouvoir évoluer dans ce contexte-là, surtout quand on a connu Vaulx et sa salle quasiment vide à chaque match… »

Retrouver l’élite dans deux ans, tout en progressant individuellement et collectivement, pour pouvoir s’exprimer à l’étage du dessus, telle est la feuille de route du staff pour ses joueuses. Ema adhère, à 100 % : « C’est top. Le staff est très exigeant mais le dialogue de grande qualité. Aujourd’hui, je vois les performances de joueuses et je me dis que la plupart ne sont même pas à 100 % handball. »

Pour avoir connu le monde pro, la néo-grégorienne sait ce que cela implique : « Cette équipe a un énorme potentiel. A nous de tout faire pour être dans cette exigence, cette envie de progresser ! Humainement, notre groupe vit super bien. Nous, les nouvelles, avons été directement intégrées et le quotidien est vraiment top. A nous d’en profiter pour gagner un maximum de match et progresser. ».

Avec un petit rituel d’avant-match, derrière le rideau ? « J’avoue, j’ai mon petit truc… Avant les matchs, dans le couloir, quand on nous appelle, je m’isole quelques secondes et me fait un check toute seule, celui que je faisais avec une ancienne coéquipière. Une fois qu’il est fait, c’est parti… ». Et que s’empilent ensuite les buts, main gauche s’il vous plaît !