Handball – Starligue : Cesson pas payé de ses efforts face à Limoges (29-31)

Gustavo Rodrigues
Malgré l'excellent match de Gustavo Rodrigues, Cesson s'incline @Crédit photo JRS

De dos, la scène a des airs de déjà vu… Il y a deux ans, face au HBC Nantes, ils étaient nombreux à porter un maillot sans nom, synonyme de jeunesse, de promesse mais aussi d’un effectif réduit et d’une rotation impossible au moment d’affronter en décembre le HBC Nantes. A l’époque, sept pros absents côté Irréductibles, décembre 2024…

Cette fois-ci, ils sont cinq sur le banc, prêts à tout donner si on leur demande, comme à chaque semaine, aux entraînements, où leur investissement permet au groupe pro de travailler, malgré tout… Simon Ooms (commotion), Andrei Klimavets (arrêt pour raisons médicales) et Mathieu Salou (cheville) sont out alors que Michal Baran revient à peine après avoir raté leurs deux derniers matchs.

Pour affronter Limoges, outsider numéro 1 au top 3, on a connu mieux. Et pourtant, Cesson n’est vraiment pas passé loin, comme le constatait après la rencontre Sébastien Leriche : « Je suis fier de mes joueurs à l’issue de ce match car ce qu’ils ont produit en débauche énergétique, en envie et en qualité est remarquable. Il y a bien sûr des petites choses on l’on doit mieux faire mais je ne ne peux une nouvelle fois rien leur reprocher. En contenu, je pense que c’est l’une de nos meilleures prestations de la saison, face à notre meilleur adversaire venu à la Glaz… »

Egon Hanusz et ses coéquipiers ont tout tenté
Egon Hanusz et ses coéquipiers ont tout tenté @Crédit Photo JRS

Jusqu’à quatre buts d’avance

Chafouins après leur revers à Chartres, les Irréductibles prennent parfaitement les choses en mains. Les ingrédients du début de match sont excellents avec beaucoup de réalisme, à l’image de Josep Folques impressionnant des deux côtés du terrain et de Mate Sunjic efficace d’entrée, avant hélas, de disparaître soudainement des lignes de stats (4 arrêts en 15 minutes, un seul par la suite…)

Face à des Limougeauds à l’armada impressionnante, Cesson fait feu de tout bois et régale, à l’image de ce but en solo d’Egon Hanusz ou des missiles parfaitement lancés par Gustavo Rodrigues, très bon ce samedi. En défense, Erik Szeitl etAsier Nieto, omniprésents, font barrage et empêche le LH de répondre.

Avec une salle déjà bien chauffée en préambule par la victoire du SGRMH, Cesson, très séduisant, vire en tête au quart d’heure de jeu (10-6, 16′). Limoges, cependant, a pour lui des rotations sur tous les postes et un vécu qui lui permet aussi de laisser passer l’orage.

Ainsi, les joueurs d’Alberto Enterrios vont revenir dans la partie, patiemment, malgré trois buts d’écart au moment d’attaquer le Money-Time (13-10, 25′). Le 1-4 collé alors fait mal aux têtes, avant un repos atteint à égalité (15-15) :« Il nous manque encore ces petits détails. Avant de rentrer aux vestiaires, il faut peut-être arriver à calmer un peu et rentrer avec +5 plutôt que de les laisser revenir. C’est un premier tournant.« 

L'accompagnement durable dans l'habitat.

Une décision qui pèse lourd

Pas vraiment payés, les Bretons, rejoints au score, vont offrir une superbe course-poursuite lors d’un second acte où l’écart n’excède jamais les deux buts pour des visiteurs bousculés. Jean-Emmanuel Kouassi rentre dans les buts cessonnais mais ne connaît aucune réussite face à des tireurs adverses ayant réglé la mire et ne lâchant rien.

Cesson non plus, bien décidé à refuser la défaite et à aller au bout de ses forces. Efficace en première période en arrière-droit, l’ailier Martial Caïs, symbolise le don de soi et l’esprit déterminé d’une équipe qui n’est pas payée, notamment sur plusieurs décisions arbitrales.

Josep Folques
Josep Folques injustement privé de l’égalisation en fin de match @Crédit Photo JRS

Celles-ci viennent ajouter un peu plus de frustration à la fin de rencontre. Cesson, à la 50′, repasse devant 26-25, au prix d’un bras de fer ultra disputé. Totalement dans le coup, les Irréductibles, bien qu’épuisés et limités en rotations, notamment sur la base arrière et au poste de pivot, tentent le tour pour le tout.

Hélas, le duo arbitral sanctionne un défenseur limougeaud en sifflant trop vite à 20 secondes de la fin alors que Josep Folques avait encore marqué, privant Cesson d’un but capital. Dans la continuité du 9 mètres, Valentin Kieffer, lui aussi dans un match sans arrêt ou presque, sort celui qu’il faut sur l’ultime tentative de Gustavo Rodrigues (59’47 »).

Sur la relance, Limoges va chercher le 31ème et dernier but par Lucas Petit (29-31) et prive Cesson de refaire le coup parfait vécu contre Aix.

Batisol

La coupe de France en caillou dans la chaussure

En conférence de presse, Sébastien Leriche, au-delà de l’aspect comptable, était surtout déçu pour son équipe : « Forcément, il y a de la déception et de la frustration.

Le match ne tombe pas en notre faveur, mais je pense qu’on fait un grand match. Nous les avons vraiment regardé dans les yeux, on les a emmenés dans un match compliqué et, par moments, j’ai même eu le sentiment qu’on les dominait.

Après, en deuxième mi-temps, ça a été une grosse bataille, notamment défensivement, mais on n’a pas réussi à avoir les stops avec nos gardiens. Ça ne nous a pas permis de remettre le feu comme on avait pu le faire au début. »

Désormais 14ème, les Irréductibles glissent au classement mais produisent du jeu. De quoi garder l’optimisme ? « Nous ne sommes pas malades dans le jeu. Maintenant, il faut prendre des points et se récompenser de nos bons contenus.

Le manque de rotation, aujourd’hui, c’est un facteur qui nous pénalise. Ce qui m’inquiète davantage, c’est la fatigue accumulée dans la longueur. Et derrière, on a encore un calendrier qui ne va pas nous aider. Il va falloir gérer intelligemment, s’appuyer sur les jeunes du centre et préserver les joueurs majeurs. »

Asier Nieto
Asier Nieto et ses coéquipiers auront deux combats la semaine prochaine @Crédit Photos JRS

Un choc dans le Var pour se relancer

Ce calendrier en question qui va amener le CRMHB à disputer son match en retard de coupe de France mardi, dans trois jours seulement.

Une programmation catastrophique des instances, sans concertation : « Je vais être franc, ce match me fait « chier ». On ne nous a pas donné le choix sur la date de la Coupe de France alors que nous étions OK avec Pontault pour jouer le 13. »

Une décision non sans conséquences, alors que se profile le plus long déplacement de la saison à Saint-Raphaël, lui aussi mal en point au classement : « On nous impose de jouer en semaine en nous prévenant cinq jours avant, alors qu’on travaille au quotidien pour réguler les charges et gérer au mieux la situation. Je ne vais pas balayer cette compétition, ce n’est pas le style de la maison. On va la jouer, mais il faudra la jouer avec beaucoup d’intelligence.« 

Sur le choc dans le Var, le décor est planté : « On n’a pas le choix, il faut regarder devant. Ce qui est fait ne nous appartient plus. Il n’y a pas de déroute, on est présents et il va falloir aller chercher les points, par la porte ou par la fenêtre. »