Dans une année riche en émotions, l’heure est venue de jeter un petit coup d’œil dans le rétro. Du plus beau but au plus gros loupé, en passant par le scénario le plus dingue ou la performance la plus épatante, retour sur une saison que les supporters ne sont pas prêts d’oublier !
Le plus beau match : Rennes – PSG 3-1
Tant par le résultat final, 3-1, qui ne souffre d’aucune contestation, que par le contexte, ce nouveau succès face au PSG aura marqué la saison rennaise. Il constitue aussi un véritable tournant dans le destin d’une équipe alors en chute libre après le renvoi logique d’Habib Beye et avant l’intronisation officielle de Franck Haise.

L’heure de gloire de Sébastien Tambouret, qui, avec Maxime Le Marchand et Pierre-Alexandre Lelièvre, réussit à faire tomber le PSG de Luis Enrique, champion d’Europe en titre. Et pas vraiment sur un malentendu. Un but en solitaire de Mousa Al-Tamari, une équipe propre et efficace en première période, puis Esteban Lepaul pour le KO à la 73e minute, de la tête. Paris, par l’intermédiaire de son « Rennais » Ousmane Dembélé, réduit le score, mais Breel Embolo, de façon peu académique, boucle l’affaire quelques minutes plus tard (84e, 3-1).
Paris, groggy, ne se relèvera pas et Rennes fête ses « intérimaires » lors du claping, avec simplicité mais aussi l’envie de redresser la barre, pour de bon. Très abouti collectivement, ce match reste aussi une référence de ce qui aurait dû être réalisé à de nombreuses reprises cette saison à domicile, face à des adversaires moins prestigieux que le champion d’Europe en titre.

Le match catastrophe : Lorient – Rennes 4-0
Perdre à Lorient n’a rien d’infamant, surtout lors d’une deuxième journée de championnat. D’autres s’inclineront au Moustoir, mais le scénario, lui, fut le pire que l’on puisse imaginer. Souvenez-vous : après seulement quatre minutes de jeu, Mahdi Camara est exclu par Jérôme Brisard pour un pied haut sur Soumano. Voilà Rennes obligé d’évoluer à dix pour quasiment tout le match… Mais comme si cela ne suffisait pas, Christopher Wooh, en position de dernier défenseur, commet l’irréparable à la… 11e minute.
Rennes se retrouve à neuf pour plus de 80 minutes : un cauchemar. Comme rien ne sourit aux Rennais, à 0-0, Seko Fofana trouve la barre avant que Soumano ne marque dans le temps additionnel de la première période. En seconde mi-temps, Rennes n’y arrive plus et plie d’entrée. Tosin (47e), puis Pagis (65e) et Le Bris (69e) donnent de l’ampleur à un match ensuite géré tranquillement par les Tangos, qui font ainsi valser une première fois le Stade Rennais dans une saison qui connaîtra d’autres naufrages…
Le plus beau but : Mousa Al-Tamari contre Lyon
Difficile d’avoir une hésitation sur la question… Nous sommes au Groupama Stadium, pour la 32e journée. On ne joue que depuis quelques minutes dans un Lyon – Rennes décisif. Pas sûr qu’au moment où Esteban Lepaul, décalé côté droit, tente une transversale vers le côté gauche, il imagine son coéquipier tenter un geste de folie.
Ce geste, c’est une volée du gauche, excentrée dans la surface lyonnaise côté droit, qui va faire mouche et laisser Dominik Greif sans réaction, en se logeant dans la lucarne. Une « papinade », pour les anciens, un but d’anthologie qui aurait mérité d’être élu but de l’année en Ligue 1. Cela l’aurait sans doute été si Ousmane Dembélé n’avait pas lui aussi signé une merveille face à Lille, pourtant moins spectaculaire…
Le scénario le plus dingue : Rennes – OM 1-0
Bien sûr, le Brest – Rennes (3-4) avait de solides arguments avec ses buts à gogo et ses renversements de situation. Dans un autre style, le Rennes – OL (3-1), où les « Rouge et Noir » étaient encore menés à un quart d’heure de la fin, n’était pas mal non plus. Idem pour les deux buts en une minute face au Paris FC ou la réalisation de Valentin Rongier dans les arrêts de jeu face à Nantes.
Mais c’est un autre match qui retient notre attention : l’improbable succès inaugural obtenu face à Marseille (1-0), en août dernier. Dominés, réduits à dix au bout d’une demi-heure après l’exclusion d’Abdelhamid Aït-Boudlal, les Rennais offrent une énorme performance défensive, faite de solidarité et d’abnégation et attendent les ultimes secondes pour aller piquer par Ludovic Blas, qui offre à la surprise générale les trois points à son équipe.
Rennes ouvre sa saison par une victoire, improbable, et Marseille, déjà, s’illustre dans le ridicule avec une bagarre de rue dans les vestiaires entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe. Dingue, comme prémonitoire de ce qui allait suivre, à Rennes comme à Marseille.
Au bout de l’ennui : Rennes – Lens 0-0
Jonathan Gradit est exclu après une minute de jeu pour une faute sur Séko Fofana dans le rond central. Le scénario est idéal, tout le monde y croit : Rennes va dévorer le Racing devant un Roazhon Park qui n’attend que cela. Et pourtant… Les minutes défilent et, à la stupeur générale, Rennes n’y arrive pas, se montre à peine dangereux et c’est même Lens qui repartira avec le plus de regrets à l’issue de la rencontre, après une très grosse prestation collective.
Le plus gros regret : Rennes – Metz 0-0
La fête était si réussie… jusqu’au coup d’envoi. Bien décidé à célébrer ses 125 ans, après avoir été privé de festivités pour les 120 ans en pleine période Covid, le Stade Rennais honore tous ses anciens en grandes pompes. C’est incontestable : la fête est réussie, belle, émouvante, et il ne manque plus qu’un succès de Valentin Rongier et de ses coéquipiers face à la lanterne rouge, Metz, pour conclure une journée parfaite.
Raté, et pas qu’un peu ! Incapables d’emballer la rencontre et de déséquilibrer les Lorrains, les Rennais concèdent un triste 0-0, sans relief ni émotion. Un gros flop et deux points précieux perdus. Deux points qui auraient été les bienvenus le 17 mai au soir pour terminer quatrièmes de Ligue 1…
La Masterclass : Valentin Rongier, face à Nantes
Nous aurions volontiers cité Kader Meïté et son entrée fracassante face à Lyon, avec deux buts en dix minutes pour renverser l’OL et offrir les trois points aux siens (3-1), ou encore le superbe triplé d’Esteban Lepaul face à Strasbourg lors d’une belle victoire 4-1 au Roazhon Park. Mais pour la symbolique, Valentin Rongier surpasse ses camarades avec son but de la victoire dans le derby face à son ancien club, dans les arrêts de jeu, de son mauvais pied.

Tout y est : la non-célébration… mais petite célébration quand même, l’adoption définitive par un public qui n’aura pas toujours été juste ni cohérent avec lui, et la symbolique de maintenir son nouveau club dans la course à l’Europe tout en envoyant son club formateur en Ligue 2. Pour lui, l’instant a évidemment dû être compliqué – et cela se comprend totalement – mais pour les supporters, difficile de rêver mieux. Une masterclass, une vraie.
Article issu du JRS de juin à retrouver en cliquant ici.




