Elles l’ont fait ! Bien déterminées depuis le printemps à aller au bout d’une saison réussie dans les grandes largeurs, les filles du Saint-Grégoire RMH ont décroché le premier titre de leur histoire en venant à bout du favori du championnat, Clermont. Un week-end et une saison inoubliable, mais aussi le début d’autre chose.
« 2026, pour moi, c’était terrible, dur, chargé émotionnellement… Je perds ma meilleure amie, mon père en un mois, deux copains qui perdent leur mère un mois après, quatre enterrements en deux mois, on arrête. Vivement 2027… Et puis, il y a cette bande de fous et de folles, comme je les appelle, qui ont mis le feu, qui ont mis de la joie dans cette année. »
Les mots sont touchants, forcément, surtout quand on connaît l’homme qu’est Jean-Luc Bosse, président du SGRMH, à la générosité vérifiée et validée de tous. Sur le bus impérial investi par son équipe pour l’occasion, le lundi soir suivant le titre, pour célébrer avec supporters et partenaires à la Ricoquais, celui qui est arrivé au club il y a vingt ans ou presque comme bénévole et partenaire tient le trophée, fermement.

Fièrement aussi. Et il y a de quoi même si une nouvelle fois, l’altruisme s’invite sur le devant de la scène aux émotions : « Mon premier sentiment, c’est la joie, de toute une équipe. Ce qui compte, ce n’est pas le « moi », c’est le « nous ». Si je peux aider le club et rendre les gens heureux, c’est tout ce qui m’importe.
Lors de la finale, les larmes montaient un peu mais j’ai réussi à les garder. A la Ricoquais, ça aurait été une autre histoire. Nous avons bien profité, me retrouver en boite de nuit avec des jeunes de 20 ans jusqu’à 4 heures du matin, c’était drôle. Cela faisait 40 ans que je n’y étais pas allé (rires) ! »

Petits papiers, bus impérial et déjà demain dans les têtes
Un titre de champion valait bien cela. Parce que 17 victoires sur 22 matchs au total, 684 buts marqués (31 de moyenne par match) et 581 encaissés. Parce qu’une invincibilité en championnat en cours à la Ricoquais, de 14 matchs d’affilée.
Des filles capables de s’imposer dans la fournaise de Clermont, devant 2000 spectateurs acquis à la cause des Volcaniques, médusées par le retour dans le match des « Rose et Noir » pourtant prises au cœur de la tempête en seconde période, ayant été remontées de 7 buts après l’écart néanmoins décisif réalisé à l’aller (29-21).
Une salle vidée mais bruyante, avec des Bretons en folie, sur le terrain pour célébrer mais aussi dans les tribunes, une soixantaine de supporters ayant fait le déplacement. Ces mêmes-là qui avaient mis l’ambiance toute l’année à domicile, accompagnant un groupe qui a su grandir ensemble et avancer en se fixant parfois lui-même des objectifs.
Ainsi, en fin de la saison régulière, Romain Corre raconte : « Nous avions l’ambition de bien exister, sans se fixer un classement et encore moins un titre. Je partais dans l’inconnu, le potentiel s’est dessiné au fil des rencontres, des victoires. A trois matchs du terme de la première phase, j’ai demandé aux filles d’écrire anonymement sur des petits papiers quelles étaient leurs ambitions pour la fin de saison. Elles m’ont répondu presque toutes le titre.
Elles voulaient ce titre et dès lors, nous n’avons plus perdu un match jusqu’à la finale retour, même si celle-ci est presque un match gagné (sourire). »

Le statut VAP envisagé en 2027-2028
Déterminées, solidaires, en plus d’être talentueuses et capables, tour à tour, d’être décisives ou MVP, voilà les Bretilliennes en fier étendard du sport rennais qui gagne et fait résonner les couleurs de la Bretagne au-delà des frontières régionales. Passé d’une posture de relégables à celle de championnes en moins d’un an, les « Rose et Noir » ont su surfer sur une structuration du club solide, mettant toutes ses forces au crédit du meilleur environnement possible, en dépit d’infrastructures en adéquation avec le second niveau national.
Pour autant, pas question de s’enflammer du côté de l’état-major du club. Le statut VAP (dossier devant être déposé en début de saison répondant aux exigences de la division du dessus, avec augmentation de budget, de contrats pros, mise en conformité des salles, éclairages, affichages…) est d’actualité, mais à moyen terme : « Le VAP ? Nous n’allons pas faire n’importe quoi ni nous précipiter. Il nous manque l’infrastructure pour la vie de club, les entraînements, la salle qui devra être adaptée.
Même si des choses sont faites, il nous manque sans doute quelques aides en plus. En conséquence, nous restons sur ce que nous avons fixé, rappelle le président. L’an prochain, nous devrons stabiliser et progresser tout en continuant à structurer. Aujourd’hui, nous avons quatre salariés à temps plein plus une alternance, nous ne sommes pas nombreux en D2 comme ça.
Si on fait podium l’année prochaine, l’année suivante, nous déposerons ce fameux statut et on visera la montée. C’est réalisable et nous voulons le faire de façon solide et pérenne. Faisons les choses dans l’ordre, tout en augmentant l’attractivité et la solidité du club. »
Une saison prochaine de nouveau à 14…au minimum !
Pour 2026-2027, les services « commerce », « communication » et « partenaires » sont déjà en ordre de marche, le mercato ficelé et l’avenir dessiné, comme le confirme Romain Corre, un entraîneur heureux : « Demain, nous voulons continuer dans le même esprit. Nous verrons bien, chaque saison a sa vérité et il peut tout se passer dans le sport. La méthode se dessinera au fur et à mesure avec le nouveau groupe, les nouvelles filles qui arrivent. Chacune apportera sa pierre, sa touche.
Pour le moment, on savoure. Depuis que je suis entraîneur, j’ai vécu des choses tellement différentes mais ce titre, c’est quelque chose de très fort, qui n’arrive pas tous les jours et qui se savoure. Cette saison a été dingue, avec ce final, dans cette ambiance, c’était fou… Alors, nous allons tout faire pour revivre, tous ensemble, autant d’émotions. »

Avec une accessibilité totale pour les supporters comme les partenaires avec des filles et un staff ne se prenant pas pour d’autres et ayant toutes et tous progressé cette année, chacun(e)est dans son rôle et prêt pour la suite.
La recette, connue et approuvée, sera de nouveau de mise dès juillet pour la reprise, le cœur léger, cet été, avec d’ici là, encore quelques occasions de fêter un titre qui pourrait bien n’être que le premier d’une histoire à venir en appelant d’autres dans les années futures.
Dans une division 2 qui devrait repasser à 14 équipes, au minimum, avec Sambre et Le Havre de retour, la Stella Saint-Maur ou Clermont et la montée du Roz Hand Du29, la saison prochaine, avec le titre à défendre, promet de faire des étincelles ! Et là, comptez d’ores et déjà sur les « Rose et Noir » pour de nouveau mettre le feu !
Un article à retrouver dans le JRS de juin, en cliquant ici.





