Elles l’ont fait ! Incroyable, épatant, ébouriffant mais surtout, mérité ! Les qualificatifs vont fuser et les superlatifs aussi à la sortie d’une saison dingue qui a vue le SGRMH passer d’un repêchage début juillet au titre de championnes de France près d’un an plus tard. Un parcours dingue, une épopée qui a connu son apogée ce samedi soir dans la fournaise clermontoise, dans un final étouffant !
A l’aller, beaucoup jugeaient l’affaire entendue. Une victoire écrasante, 29-21, huit buts d’avance, autant dire que le suspense allait être moindre. Ceux qui connaissent le handball féminin savaient que non, loin de là. Dans nos colonnes, Romain Corre prévenait : « Nous ne sommes qu’à la mi-temps de cette finale, rien n’est fait et nous allons vivre l’enfer chez elles. Huit buts d’avance, cela n’est pas grand chose face à une équipe de ce niveau et il faudra répondre présent… »
Clairement, le coach ne s’était pas trompé…

Devant au score avant l’éruption
Il ne fallait donc pas s’attendre à une soirée au calme au pied des volcans d’Auvergne et celle-ci ne l’a clairement pas été. Les Bretonnes, accompagnées d’une cinquantaine de supporters ayant fait le déplacement et accompagné les filles en avant match comme après, démarrent plutôt bien la partie et s’offrent même un premier break assez rapidement (1-4, 7′). Mieux, bien en place, notamment défensivement, elles tiennent leur écart de trois buts jusqu’au quart d’heure de jeu (5-8), notamment grâce au jeu aux ailes.
Mais piquées au vif et poussées dans l’ambiance de leur 2000 supporters, les Clermontoises se révoltent. Echaudées, elles refont leur retard au gré d’un terrible 5-0 aux allures d’éruption qui laisse les « Rose et Noir » légèrement K.O. Heureusement, avec sang-froid, celles-ci limitent la casse et parviennent à atteindre les vestiaires avec un simple retard de deux unités (12-10). Au repos, l’avance globale sur les deux matchs (+6) est encore largement confortable. Oui mais…
Saint-Grégoire dit non !
Le retour des vestiaires, dans la continuité de la fin de première période, fait monter la pression. Les Volcaniques y sont et Saint-Grégoire plie. L’avance grimpe à +4 puis à +6 pour les clermontoises, contraignant Romain Corre à poser son temps mort au bout de 6 minutes (18-12). Dans le dur, les Bretonnes réagissent en sortie de causerie en marquant deux fois pour remettre un peu de calme mais à son tour, Florence Sauval pose son temps mort. Re-belote avec une pression et un boucan d’enfer mis par les locales et de nouveau +6 et même +7 (22-15) à la 48′.
Le Momentum est venu et finalement choisi par Lalie Brouillet, deux fois et Perrine Petiot pour sortir du bois et poser un 0-3 qui fait très mal aux têtes auvergnates à sept minutes du terme (22-18, 53′) ! Le volan est éteint et Eden Dumoulin et ses coéquipières disent ensuite non au suspense, recollant même à deux petits buts (23-21) et écœurant un public préférant partir en partie plutôt que de voir cela (58′). Les deux derniers buts sont anecdotiques et le buzzer retentit à 25-21, offrant aux Bretonnes l’occasion de fêter une défaite, qui n’en est pas vraiment une, comme jamais !
La victoire d’un projet, d’hommes et de femmes au service d’un club
Le titre est là, les célébrations avec, de l’entrée en salto pour certains aux larmes d’émotions pour d’autres. Une joie aussi, celle de Jean-Luc Bosse, président heureux et fidèle au club, dont il fut d’abord partenaire privé et bénévole, depuis tant d’années. Un président à qui son coach, Romain Corre, tenait à rendre un vibrant hommage à l’issue de la rencontre :
« Je suis vraiment chanceux de travailler depuis un an avec un homme comme lui, aussi dévoué à son club, aux gens qui le composent. Jean-Luc fait tout pour nous mettre dans les meilleures dispositions, est attentif, il dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Vraiment, j’ai découvert un homme exceptionnel et ce titre, c’est évidemment le sien.
Autour de lui, je pense évidemment aussi à ceux qui oeuvrent à la communication, au marketing, au service commercial et à tous nos bénévoles, au staff et bien sûr aux partenaires et à notre public. Si les filles ont réussi cela, c’est grâce à tout un club… ».
Des joueuses qui auront donc répondu, dès la première année, aux attentes d’un coach qui réussit lui aussi magistralement son premier exercice comme coach numéro 1 d’une équipe de ce niveau : « Ce soir, c’est incroyable, c’est une émotion dingue. Résister à Clermont, dans cette ambiance, dans ce match de défense très agressif, ce combat qu’elles nous ont imposé… Une fois de plus, les filles ont été très, très fortes, notamment à -7, où elles n’ont pas paniqué. Elles ont cherché et trouvé la solution et c’est exceptionnel, vraiment. C’est un bonheur d’être le coach d’un groupe pareil ! »

Un titre qui fait briller le territoire et qui mérite les honneurs…
Le Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball entre donc dans l’histoire du handball féminin en devenant champion de France et pose les bases d’un projet destiné à atteindre l’élite à l’horizon 2030, et avant si affinités, avec un statut VAP déjà envisagé pour la saison 2027-2028 en cas de confirmation la saison prochaine des magnifiques performances de l’année écoulée.
Au vu de la jeunesse et des promesses portées tout au long de la saison, de l’état d’esprit animant ce groupe et de la folle expérience accumulée tout au long de la saison, difficile d’imaginer autre chose qu’une belle continuité. Ce titre est le premier mais pourrait bien ne pas être le dernier.
Si une équipe est née cette année, le club est lui logiquement récompensé d’avoir si bien travaillé à tous les étages et mérite d’être pris pour exemple par beaucoup d’autres, sur comme en dehors du terrain, malgré bien des embuches structurelles rencontrées ces dernières années. Ce titre est aussi celui du territoire rennais et reconnaissances et réceptions à la hauteur de l’exploit sont à espérer pour le seul club de haut niveau du bassin rennais champion de France cette saison. Tout sauf un hasard.





