Nommé assistant de Bastien Demeuré en début d’exercice, Aymeric Bellour s’est même retrouvé propulsé temporairement à la tête de l’équipe première avec le congé paternité de l’entraîneur principal de l’URB. Également joueur du Rennes Pôle Association en NM3, l’entraîneur de 26 ans revient sur son parcours et ses derniers mois intenses auprès de la N1.
Tu as la particularité de jouer en Nationale 3 avec le RPA et d’être assistant à l’Union Rennes Basket. As-tu toujours eu ces deux casquettes ?
J’ai toujours fait les deux. J’ai découvert le basket par mon père qui jouait en loisirs et j’ai commencé à 10 ans. Ensuite, j’ai continué à jouer tout en suivant le processus de formation. J’ai fait une année en U15 France puis cinq ans à Vannes, de U15 jusqu’à séniors, dont deux années en Pré-nationale.
Après le Bac, j’ai pas mal bougé en Bretagne et j’ai découvert la N3 à Brest. À côté, j’ai passé un BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport). Il y a ensuite eu Hennebont, également en N3, où j’ai pu travailler comme éducateur du club. En parallèle, je continuais de passer mes diplômes de basket.
C’est là que Bastien t’a contacté…
Oui, avec Antoine Euveline pour jouer avec le RPA, alors en N2. La seule condition était de trouver un travail d’éducateur, que j’ai eu à Saint-Grégoire. Je suis devenu assistant des U18 France avec Clément Payen puis je suis rentré sur la formation, en tant qu’entraîneur, avec les U18. À côté, j’ai passé mon diplôme d’Etat et mon diplôme d’assistant vidéo. J’ai vraiment eu de la chance de pouvoir concilier les deux. C’est toujours le côté joueur qui m’a fait me déplacer mais je prends autant de plaisir dans l’un et dans l’autre et c’est complémentaire.
T’attendais-tu à recevoir cette proposition pour devenir assistant de l’URB ?
Je ne m’y attendais pas du tout et c’était vraiment une opportunité. Bastien est venu vers moi en me disant qu’il cherchait un nouvel assistant et qu’il pensait à moi. Il voyait notamment ce que je faisais avec les U18 et j’étais en plein recrutement. C’était une surprise et ce n’était pas là où je me projetais à ce moment-là.

« Au début, il m’a poussé à en faire plus »
Étais-ce une évidence d’accepter ? D’autant plus après une très bonne saison avec les U18…
Non, pas au début, car je n’y étais pas préparé. Le monde des séniors est différent de celui des jeunes. D’un côté, nous sommes là davantage pour gagner et, de l’autre, davantage pour former. Il y a bien sûr de la compétition chez les jeunes mais ce n’est pas la priorité de gagner. Je n’avais jamais entraîné de séniors donc j’avais beaucoup de questions, notamment sur moi. Concernant les U18, nous arrivions un petit peu sur la fin d’un cycle car il y avait beaucoup de joueurs à partir. Ce n’est pas comme si je « lâchais » le groupe. C’était plus facile à aborder.
C’est plutôt sur le côté joueur où la question fut importante. À ce moment-là de la saison, nous ne savions pas encore si nous descendions en N3 pour raisons financières. En N2, le rythme aurait été élevé mais après en avoir discuté autour de moi, je ne me voyais pas arrêter de jouer. J’étais capable d’encaisser ce rythme. En plus, tout se passait bien avec le groupe en N2. Nous avions réalisé la meilleure saison sportive du club. Ça a été dur de se dire que nous allions descendre mais, pour ma part, c’était peut-être un mal pour un bien.
Concrètement, quelles sont les missions d’un assistant ?
Il y a deux grandes missions. D’abord, il y a le travail vidéo, avec le scouting des adversaires, leurs points forts et leurs points faibles. S’ensuit le retour sur les performances, après les rencontres. Cela permet de cibler le travail individuel des joueurs, en s’aidant des statistiques et des données, mais c’est plus dans un second temps. Ensuite, il y a bien sûr le fait de développer les points forts des garçons. L’idée n’est pas qu’ils deviennent moyen partout.
Néanmoins, c’est important que les joueurs s’approprient ce travail et de le construire ensemble. Le but est de développer les joueurs dans le projet de jeu. De leur côté, ils ont aussi des points qu’ils souhaitent développer et l’échange est très important. Dans un contexte plus global, tant dans le jeu que dans la vie de groupe, tu recueilles également leur avis, leur ressenti. Ensuite, c’est à nous de trier et de transmettre, mais toujours pour le bien de tout le monde et afin que ça ne mette personne en défaut. Enfin, j’ai également la chance d’être responsabilisé aux entraînements et d’être dans un contexte favorable à Rennes.
Bastien Demeuré étant un ancien assistant, vous êtes-vous « marché » dessus au début de votre collaboration ?
Au contraire, au début, il m’a poussé à en faire plus. Il avait une vraie vision de notre collaboration et de comment nous allions fonctionner. Ce qu’il faut, comme avec les joueurs, c’est communiquer. Nous avons la chance, et ça englobe tout le staff, d’avoir une bonne relation et de pouvoir échanger même quand nous aurions fait les choses différemment. C’est important et ça permet de trouver des repères, des habitudes de travail. Cela nous permet d’être complémentaires et de savoir quand intervenir. C’est primordial de bien se connaître.

« Le rôle est évidemment différent. Quand tu fais des choix, tu en frustres certains »
Pendant la formation de Bastien Demeuré aux Etats-Unis, tu as dirigé l’équipe aux Sables d’Olonne. Qu’as-tu retenu de cette expérience ?
Je ne me suis pas encore vraiment posé la question. Je le vis comme une expérience m’ayant fait grandir mais je continue de vivre comme tout le monde (rires). C’est vrai que c’est arrivé vite mais c’est une expérience très positive. Le groupe l’a aussi permis. Les joueurs n’ont pas essayé de jouer un rôle différent de d’habitude et puis j’étais bien accompagné. J’y étais avec Gabriel Bertin, assistant avec les U18, et Aymeric Delsarte, papa d’un joueur U18 et qui a un gros vécu basket. Avec des personnes de confiance, automatiquement, ça ne peut que bien se passer.
Plus récemment, tu as dirigé plusieurs matchs consécutifs, as-tu senti une différence avec les joueurs ?
Honnêtement non car même si Bastien n’entraîne pas en ce moment, je reste assistant. J’ai aussi eu le temps de créer du lien avec les joueurs. Le rôle est évidemment différent car quand tu fais des choix, tu en frustres certains. En tant qu’assistant, je ne fais pas le dernier choix et là, c’est temporaire.
Un dernier mot sur ta saison en tant que joueur avec le Rennes Pôle Association…
Nous avons validé la première place. L’équipe a été un peu remaniée mais ça reste des garçons du coin, des copains, qui étaient déjà là en N2. Il y a ce noyau d’anciens et nous avons rajouté deux autres garçons de Prénationale. Il y a toujours cette volonté du double projet avec également trois sortants U18 : Gaby (Pointel), Eliot (Rossignol) et Baptiste (Josse), même si Gaby a vite basculé en équipe première.
Malgré la première place, nous n’avions pas de marge et nous n’avons eu des matchs difficiles contres des équipes bataillant pour leur maintien. Nous avons pris toutes les équipes au sérieux. Ce qui change vraiment par rapport à la N2, c’est la dimension physique. On retrouve quand même de fortes individualités avec des anciens joueurs de N2 ou N1 et il y a du talent dans toutes les équipes.





