Handball – Starligue : Cesson se sort du piège et domine Dijon (36-32)

Xavier Labigang encore au top face à Dijon @Crédit Photo JRS

Les filles du Saint-Grégoire RMH ont donné le ton de la grande soirée handball rennaise en ouverture, avec plus de 70 buts dans la rencontre et la victoire. Alors oui, les Irréductibles n’ont pas le choix au moment d’affronter Dijon, équipe totalement inefficace à l’extérieur mais ô combien accrocheuse et difficile à battre, malgré un classement précaire.

Prévenus, les Cessonnais, toujours privés de Mathéo Briffe mais enregistrant les retours de Gustavo Rodrigues et Asier Nieto, mettent les ingrédients : « Nous avons eu une semaine compliquée à l’entraînement, avec des virus et beaucoup d’adaptabilité mais les joueurs avaient faim et savaient le match qui nous attendait. Retrouver Gustavo et Asier Nieto a fait beaucoup de bien.

Pour un coach, avoir une richesse d’effectif offre de multiples solutions et permet de tenir un match dans la durée. C’est une satisfaction d’avoir su éviter le piège dijonnais… » situe après la rencontre le coach Sébastien Leriche.

Des Bourguignons accrocheurs !

Car Dijon, promu joueur pas toujours payé, va confirmer ce que l’on sait déjà de lui. Jeu à sept, à deux pivots ou à quatre joueurs en base arrière, devant comme derrière, les Bourguignons ne cessent de tenter, de multiplier les combinaisons. Trop peut-être, avec peu de points au bout, malgré le talent des Lucien Auffert ou Ante Kuduz.

En face, Cesson continue de s’affirmer au fil des semaines, avec un groupe définitivement séduisant pouvant aussi compter sur ses hommes forts et un collectif très solide. Ainsi les locaux mènent les débats dès le départ, imposant une grosse défense à leurs adversaires, 3-1 (5′) puis 6-4 (10′).

Nouveau hic, néanmoins, avec comme face à Toulouse, une rencontre écourtée pour le pivot hongrois Erik Szeitl, qui après avoir bien contre lui glané le record de l’expulsion la plus rapide en Starligue (35 secondes face au Fenix) se voit de nouveau exclu très prématurément.

Erik Szeitl une nouvelle fois sanctionné plus vite que la musique @Crédit Photo JRS

« Nous faisons une première période un peu poussive »

Cette fois-ci, au bout de trois minutes et 12 secondes : « Il va falloir que l’on discute avec lui, notamment sur le règlement ici et s’adapter. Il était frustré du match de Toulouse, il l’était de nouveau là. Il faut que l’on évite ça car ça nous pénalise dans toute l’équipe dans les rotations. »

Malgré cela, le CRMHB fait la course en tête et parvient même à creuser l’écart à trois buts au quart de jeu (10-7), sans réussir à se détacher totalement des Bourguignons. Dans un duel tournant plutôt à l’avantage des défenses, où l’ancien Irréductible Rudy Seri fait la loi côté visiteur.

Les Bretons restent aux commandes mais se font rejoindre avant la pause pour un partage logique des points à la pause (14-14) : « Nous faisons une première période un peu poussive, sans concrétiser nos temps forts notamment sur jeu rapide, où l’on aurait pu accentuer le score. On sentait qu’on maîtrisait et qu’on pourrait faire la bascule sur les stop défensifs et le jeu rapide. On a fini par lâcher les chevaux, la seconde période était très ouverte, avec un spectacle agréable à regarder. »

Xavier Labigang centenaire et incontournable !

Après le repos, les Irréductibles sont toujours autant embêtés par leurs hôtes du soir, définitivement décidés à gâcher la fête. Les Dijonais passent même devant, à 15-17, au bout de cinq minutes en seconde période. Mais sans paniquer, Cesson va hausser le curseur dans tous les domaines : compact et plus autoritaire en défense, clinique en attaque.

Pour ce faire, Xavier Labigang régale, autant son public que son coach, avec sept nouvelles réalisations : « C’est un casse tête pour moi car j’ai un très bon joueur sur le côté, Josep Folques, qui est forcément frustré par son temps de jeu mais mon métier c’est de faire les choix et ceux ci engendrent forcément déception ou frustration. Aujourd’hui, Josep l’est forcément mais en même temps, Xavier est tellement performant aujourd’hui… »

C’est peu de le dire tant le sixième buteur du championnat, désormais centenaire (104 buts) et possédant le second plus fort taux d’efficacité du championnat (82.54%), éblouit de toute sa classe le saison : « Il est dans ce qui se fait de mieux sur son poste dans notre championnat et a un bagage technique très fort. Défensivement, il nous a gagné des ballons et progresse aussi là-dessus. Il confirme sa saison, match après match, c’est la marque des grands buteurs. »

Asier Nieto et Mathieu Salou en détonateurs

Derrière, avec Asier Nieto en leader, inspirant pour ses coéquipiers et une nouvelle fois très performant, Sébastien Leriche peut aussi voir venir dans ce secteur : « Asier est un super défenseur, à l’aise en zone, en étant plus regroupé. Il s’éclate là-dedans, il tire tout le monde vers le haut par son énergie, sa communication. Il a répondu présent dans ce secteur et son association avec Simon est très intéressante. »

Et comme offensivement, les stops défensifs sont validés en jeu sur grands espaces, Cesson parvient à faire un petit éclat à quatre buts d’écart, suffisant pour s’assurer une fin de match relativement confortable (32-27, 55′). Au passage, quelques délices avec un but venu d’ailleurs signé Michal Baran. Excellent ce samedi soir, le jeune arrière formé en club passe en mode patinage artistique avec un tir caché dans le dos en tournant. « Je le retente dix fois, je me luxe l’épaule neuf fois » s’amusait le joueur après la partie.

Une joie à la hauteur du but d’anthologie de Michal Baran @Crédit Photo JRS

Le rôle du public, primordial, était souligné par le numéro 8 cessonnais : « Nous avons su emmener le public avec nous, on savait que ça passerait par là ». Ajoutez à cela les torpilles à répétition envoyées par un Mathieu Salou en mode « gala », auteur de neuf buts (dont huit au cours du second acte) et parfaitement relayé en défense par Gustavo Rodrigues.

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Gros coup en perspective à Aix ?

Quand autant d’individualités performent autour d’Egon Hanusz, toujours aussi inspiré à la mène, Cesson est redoutable et pour Dijon, la marche est devenue trop haute. Logiquement, les Irréductibles l’emportent avec 36 buts inscrits tout de même et s’offre une belle perspective d’aller titiller Nîmes, Saint-Raphaël et Tremblay, juste devant au classement.

Pour cela, il faudra faire un coup à Aix, vendredi prochain. Une équipe que les Irréductibles avait nettement dominé à l’aller. L’appétit venant en mangeant, le coach ne peut qu’encourager ses garçons en ce sens : « Cette neuvième place comme objectif fixé par le club est atteignable et si on a la possibilité d’aller plus haut, on ne s’en privera pas ! »

Avant d’ajouter : « Ce groupe a faim, il a de l’appétit et bosse très bien, c’est un plaisir pour nous d’avancer avec eux. Il s’est créé son identité sur le terrain, en dehors, personne ne rechigne et ne lâche les efforts. La victoire récompense tout l’engagement et l’investissement qui est mis. Cette équipe mérite de grimper encore dans ce championnat. » Au vu de l’engouement des 4200 personnes présentes, le peuple Irréductible ne demande pas mieux !

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Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.

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