Du Haut-Rhin à la Bretagne, Alice Monteillet n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à l’antichambre de l’élite à seulement 20 ans. Aujourd’hui troisième meilleure buteuse des « Rose et Noir », elle poursuit son petit bonhomme de chemin avec ambition et une joie de vivre caractéristique.
« Alice est vraiment une fille joviale. Dès que j’avais un coup de mou, je savais que sa bonne humeur allait me faire rire ». Les mots, signés d’Emma Tuccella, joueuse du Strasbourg ATH mais surtout meilleure amie d’Alice Monteillet, dessinent les traits de personnalité de la néo-Grégorienne. Si l’une joue dans l’Est de la France et l’autre dans l’Ouest, c’est bien dans le Grand-Est que les deux amies se sont rencontrées mais aussi là où tout a commencé pour l’arrière droite du SGRMH.
« Juste avant le coup d’envoi, quand je suis encore dans les vestiaires, j’échange quelques messages avec mon papa. Il a ce don de me déstresser »
Un petit peu plus au Sud, à Masevaux, proche de Mulhouse, où la jeune Alice découvre le handball en suivant son aînée de trois ans : « En 2012, avec mes parents et mon grand frère Justin, nous sommes allés à une Journée des Sports. Justin s’est immédiatement dirigé vers l’atelier handball. Il a tout de suite accroché et a décidé de prendre une licence. Ayant toujours voulu suivre ses pas et passer du temps avec lui dans un autre cadre que celui de la maison, j’ai suivi. Quelques années plus tard, notre père a également suivi le mouvement en prenant une licence à Masevaux, tandis que notre maman faisait de la course à pied ».
Encore aujourd’hui, son père l’accompagne… jusque dans le vestiaire, avant les matchs : « Juste avant le coup d’envoi, quand je suis encore dans les vestiaires, j’échange quelques messages avec mon papa. Il a ce don de me déstresser et ces petites conversations me font énormément de bien. C’est un moment précieux qui m’aide à me concentrer et à aborder le match plus sereinement ».
Championne du monde U20 avec les Bleues en 2024
Si ses bonnes performances l’ont tout naturellement emmené vers le handball de haut niveau, Alice Monteillet n’oublie pas ses premières émotions handballistiques lors de ses premières années de pratique à Masevaux : « Je garde en mémoire les déplacements à Besançon que le club organisait pour aller encourager la D1. À ce moment-là, Alice Lévêque évolue dans l’équipe. Elle est d’ailleurs la marraine du club de Masevaux, puisqu’elle y a aussi fait ses débuts. Pour la petite fille que j’étais, entrer dans un grand gymnase comme celui de Besançon, voir tout ce public, ressentir l’ambiance et les émotions du haut niveau, c’était un véritable rêve ».

La suite est d’une logique implacable, linéaire : section sportive du collège de Thann dès la 4e tout en évoluant avec les -15 ans du club de sa ville. Sélection, avec un an d’avance, avec le Comité 68 et la génération 2004 puis avec sa génération 2005. Pôle espoir Grand-Est, à Barr, lors de sa dernière année de collège et enfin pôle excellence Grand Est à Metz avec, en parallèle, ses premiers pas avec la Nationale 2 de Thann Steinbach.
Mieux encore, elle fête la montée en Nationale 1 dès sa première saison avec les séniors : « Nous disputions ce match décisif contre la N2 de Pontarlier, alors deuxième au classement. La salle était comble, l’ambiance incroyable, et l’énergie du public nous portait du début à la fin. Cette soirée reste gravée comme un moment hors du temps, mêlant joie, fierté et émotions intenses ».
Une saison « compliquée » à Metz
La suite s’écrit en Nationale 1 mais cette fois-ci en Moselle, à Metz. Une période délicate pour l’arrière droite : « Ma formation à Metz a été très rapide, puisque je n’y suis restée qu’une seule saison. Ce fut une année particulièrement compliquée. J’étais encore au pôle, et la coéquipière qui évoluait au même poste entamait déjà sa deuxième année au centre de formation. La différence de niveau était donc importante et, logiquement, je disposais de très peu de temps de jeu ». Mais comme la vie fait parfois bien les choses, dans l’adversité, elle fait aussi la connaissance de sa meilleure amie, Emma Tuccella.
Son ex-coéquipière de chambrée poursuit sa description : « Alice est une joueuse vraiment impressionnante. Elle a une capacité à tirer de loin que j’admire mais elle sait aussi jouer dans le 1 contre 1. Elle progresse de plus en plus en défense ». Les anecdotes, forcément, arrivent : « Nos fous rires au centre de formation de Metz avec les biscottes, nos chutes aux entraînements, les bains froids aux compétitions, nos appels avec son papa, nos danses dans les chambres… Même s’il y a de la distance entre nous actuellement, on sait que notre amitié persistera et nous garderons le contact toute notre vie. C’est ma meilleure amie ! »
« Il est impossible de mettre des mots sur les émotions et les frissons que l’on ressent en chantant la Marseillaise »
Si le jaune lui colle à la peau depuis ses débuts à Masevaux, elle se distingue aussi en bleu, avec l’équipe de France, en disputant deux championnats d’Europe mais aussi, et surtout, en devenant championne du monde U20 en 2024 : « Porter le maillot bleu, représenter son pays et évoluer avec les meilleures joueuses de ma génération est quelque chose de difficile à décrire. Il est impossible de mettre des mots sur les émotions et les frissons que l’on ressent en chantant la Marseillaise.
Ces expériences m’ont énormément fait grandir, avec au sommet le souvenir le plus fort reste évidemment le titre de Championne du Monde. Vivre une telle aventure humaine et sportive est tout simplement incroyable. Soulever ce trophée restera à jamais gravé dans ma mémoire. C’est l’aboutissement de nombreuses années de travail, de sacrifices et de passion ».

Un projet personnel qui colle au projet collectif
C’est finalement au centre de formation de Dijon qu’elle découvre véritablement le quotidien d’une sportive de haut niveau : « J’ai enfin pu le constater de l’intérieur. Ce club m’a appris à gérer ma vie de sportive tout en menant de front mes études, un équilibre essentiel pour la suite de ma carrière ». Si son passage en Bourgogne est entaché par une blessure au ligament croisé postérieur, « la plus grave que j’ai connu », l’éloignant quatre mois des parquets, elle met à profit ce temps d’arrêt pour se réorienter dans ses études.
Un nouveau cursus encore d’actualité aujourd’hui : « J’avais débuté une licence STAPS, mais cette formation ne correspondait pas à mes attentes. J’ai alors choisi de me réorienter vers un BTS SP3S (Services et Prestations des Secteurs Sanitaire et Social), suivi en distanciel, afin de de continuer pleinement mon activité sportive tout en me préparant à avoir un matelas de secours pour l’après-handball ».
Possibilité du statut VAP dans les prochaines saisons
Après des premiers échanges en mai dernier avec Saint-Grégoire, elle signe son premier contrat professionnel cette saison : « Le projet sportif présenté m’a tout de suite intéressée, autant par son ambition que par les valeurs mises en avant ». Si Alice Monteillet admet « encore des points à améliorer, comme mon efficacité dans les duels avec la gardienne », la première partie de saison est prometteuse avec des bases solides.
L’ambition ne s’arrête pas là pour l’Alsacienne, bien décidée à continuer sa progression : « C’est une progression que je veux construire de manière linéaire et solide, sans précipitation, en consolidant mes acquis à chaque étape. J’ai voulu passer par une D2 car je préfère avancer sans les brûler. De plus, le projet du SGRMH est complétement dans cette optique, avec notamment la possibilité du statut VAP dans les prochaines saisons. J’aimerais vivre pleinement cette aventure avec les dirigeants, le staff et les bénévoles du club ».





Bravo Alice. Tu es la fierté de la famille. Sylvie
Jolie commentaire sur notre championne bravo Alice
Coucou Alice bonne continuation et félicitations… de Masevaux