Après avoir clairement raté une magnifique « double occasion » de s’accrocher au podium en ne prenant qu’un point sur six face au Havre et Lorient à domicile, le Stade Rennais attaquait ce samedi sa quinzaine vertigineuse, avec un programme XXL pour rester en phase avec ses objectifs européens.
Pensez donc, Monaco, donc, puis Marseille en coupe de France, avant d’aller à Lens et de recevoir le PSG. Le risque de rentrer dans le rang est là, quand le podium tendait les bras il y a quinze jours et un investissement total indispensable. Il n’en fut rien face à une équipe n’ayant pourtant plus gagné depuis le 29 novembre dernier face au PSG.

Une première période insipide
Pour réussir un coup, Habib Beye s’appuie sur le retour d’Abdelhamid Aït-Boudlal en défense mais doit composer sans son métronome Valentin Rongier, blessé, au milieu de terrain. En instance de départ, Kader Meité et Seko Fofana ne sont pas du déplacement.
Place donc à un milieu de terrain Djaoui Cissé- Quentin Merlin- Mahdi Camara (200ème match en Ligue 1 pour le dernier nommé) peu engageant question créativité. La suite va le démontrer et les ambitions affichées au coup d’envoi finalement corrélées au résultat final…
La première période est loin de répondre aux exigences incombant à une équipe ayant des prétentions. L’intensité est aux abonnés absents, le rythme faible et la qualité technique assez désarmante. Rien ou presque à se mettre sous la dent si ce n’est une frappe sur le poteau de Denis Zakaria, habillement placée hors de portée de Brice Samba (16′).
En face, pas vraiment de réponse concrète si ce n’est un tir trop écrasé de Mahdi Camara, pourtant en position idéale dans la surface face à Köhn (18′). Trop passifs, les Rennais sont dominés au milieu de terrain et finissent par concéder l’ouverture du score sur un mouvement beaucoup trop facile pour les Monégasques, conclu par Ansu Fati entre les jambes d’un Brice Samba peu décisif sur le coup (32′, 1-0).
ANSU FATI A ENCORE FRAPPÉ 💎🇪🇸pic.twitter.com/JKGPQUTfFq
— Ligue 1 McDonald's (@Ligue1) January 31, 2026
Une seconde période catastrophique
Une réaction côté breton ? Pas vraiment, avec une frappe cadrée mais trop molle d’Esteban Lepaul (38′) sans grand danger puis un centre ne trouvant pas preneur. La dernière occasion du premier acte est même monégasque, avec une intervention décisive main gauche de Brice Samba face au missile de Folarin Balogun, dirigé vers sa lucarne. Le suspense est préservé. Pour quelques minutes…
Une réaction est logiquement attendu pour le second acte mais il n’en est rien. Pire, Rennes n’y est toujours pas et dans la fade ambiance d’un stade quasiment désert, à l’image de l’agressivité et de la construction visiteuse, Monaco va se balader. Ansu Fati ménagé, sort et Maghnes Akliouche entre en jeu. Le jeune international français va impacter la seconde période de son talent.
Cela commence par un but au bout de cinq minutes. Au départ de l’action, il n’a plus qu’à pousser le ballon au fond suite à une remise d’Alekandr Golovin, à la limite du hors jeu sur un tir sur le poteau de Ouattara. 2-0, les jeux sont faits, et le but refusé pour un hors-jeu très net à Esteban Lepaul dans la foulée confirme que la soirée rennaise va être longue.
13 buts encaissés lors de trois des cinq défaites de la saison
Constatant les deux buts de retard mais bien plus dans les attitudes, Habib Beye change enfin ses munitions. Sorties pour Lilian Brassier, Przemyslaw Frankowski et Esteban Lepaul, entrées pour Ludovic Blas, Alidu Seidu et Sebastien Szymanski. La recrue polonaise, décidemment peu chanceux depuis son arrivée, ne passe que quelques minutes sur le terrain avant de voir les siens, comme face à Lorient, encaisser un nouveau but. Lancé par Mika Biereth, Mamadou Coulibaly s’en va battre en vitesse Brice Samba, une nouvelle fois entre les jambes. 3-0, rien ne va plus…
A l’image de ce pénalty sifflé puis annulé sur un contact inexistant dans la surface entre Tezé et Breel Embolo. Juste avant, Brice Samba avant empêché Mika Biereth d’ajouter un quatrième but mais ce n’est que partie remise, l’ASM enfonçant définitivement le clou en toute fin de partie par Stan Idumbo, tout surpris de marquer sur une reprise totalement loupée aux six mètres. Avec une passivité rennaise sur le coup désolante au passage…
Le calice jusqu’à la lie, et une sensation d’un combat insuffisant pour un match de Ligue 1. Un nouveau naufrage aussi, après ceux de Lorient (4-0) et Paris (5-0) avec 13 buts encaissés lors de trois des cinq défaites de la saison. De quoi inquiéter Habib Beye ?

Habib Beye : « Il faut rester calme et serein »
En conférence de presse, comme face à Lorient, celui-ci sort d’abord le parapluie en évoquant la bonne série de novembre et décembre, où son équipe « gagnait presque tout ». Une époque qui s’éloigne déjà fortement dans les têtes comme dans les rendus des joueurs sur le terrain mais encore fraîche et à considérer pour le coach rennais : « Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas enchaîner deux défaites de suite. Nous étions dans un bon moment mais là c’est moins bon. Il faut rester calme. et serein A moi de me remettre en question sur les choix et la composition l’équipe. »
La moindre des choses, en effet, et vite, au vu de l’échéance arrivant mardi, avec un match capital à Marseille en huitième de finale de coupe de France : « Ce match arrive vite, il permettra aussi de voir d’autres joueurs pour continuer à créer cette émulation qui s’est perdue ces dernières semaines. Aujourd’hui, on a eu des joueurs qui étaient en dessous de leurs performances habituelles et il faut se demander pourquoi. ». La question est posée de tous en effet, mais la réponse attendue…
Trois mois plus tard…
« Quand vous êtes en dessous individuellement, c’est la que la concurrence intervient et qu‘elle doit prendre sa place. Mardi il y aura des opportunités à saisir. Ces gros match-là, ils se gagnent par le leadership technique, c’est être capable de rivaliser avec l’adversaire, c’est ce qui nous a manqué contre Monaco. C’est ma responsabilité à moi de trouver les solutions pour que cette équipe soit très performante dès mardi à Marseille. »
Le même genre de prestation au Vélodrome conduirait en effet à une élimination, sans aucun doute possible, face à une équipe elle aussi en plein dans le doute. Car oui, avec un point en trois matchs mais surtout, des productions très largement insuffisantes (un seul but inscrit, sept encaissés) et la sensation d’une absence de rébellion comme de solutions.
Le Stade Rennais est de nouveau en eaux troubles et joue probablement une bonne partie de sa saison dans les dix jours à venir, tout comme son coach, de nouveau sous pression trois mois plus tard avec espérons-le, une première réponse positive sur la Cannebière mardi soir.





