Et si finalement, les mots entendus au début de l’automne dans la bouche d’Habib Beye, convaincu que la roue allait tourner au moment où rien ne fonctionnait, trouvaient enfin échos au classement et sur le terrain ? C’est en tous cas la tendance qui se dégage en ce début 2026, avec un mois de janvier qui pourrait tout changer pour de bon !
Ce n’est que la quatrième fois dans l’histoire des Lille – Rennes que les Dogues mordent la poussière à domicile face aux Bretons. Deux fois seulement lors du 21ème siècle en championnat. C’est dire l’importance et surtout la rareté de la performance des hommes d’Habib Beye face à l’ancien coach des « Rouge et Noir », Bruno Genesio, plus occupé à pleurer sur l’arbitrage qu’à constater le retour à deux points seulement au classement de son ancien club. Un retour inattendu, spectaculaire dans sa dimension et sa dynamique, et qui pourrait bien durer !
Deux victoires en dix matchs puis six sur les sept suivants…
Pensez donc ! Alors que le déplacement à Toulouse avait tout du terminus pour le coach franco-sénégalais du Stade Rennais, un 2-2 bien qu’ayant mené 0-2 le sauve avant que les bons résultats ne s’enchaînent depuis, au point d’avoir glané 18 points sur 21 en championnat en deux mois. Épatant, avec pour seul faux pas, une claque au Parc des Princes fin décembre (5-0) qui ternit pourtant à peine le bilan.
Celui-ci était pourtant proche d’être déposé pour le coach, avec deux petites victoires seulement lors des dix premiers matchs et six nuls, dont quatre après avoir été en tête. Un bilan très poussif et l’identité de jeu alors compliquée à définir poussaient Arnaud Pouille à pousser l’ancien entraîneur du Red Star vers la sortie. Dans une journée rocambolesque en avant-veille de départ pour la ville rose, revirement de situation et dernière chance pour le technicien de redresser la barre : saisie.
Depuis, des certitudes dans le discours, plus de sécurité sur le pré, à défaut de fulgurances dans le jeu et quelques prestations retentissantes face à Strasbourg et Monaco (4-1), Brest (3-1) et à Lille (0-2). D’autres, plus étriquées au PFC et à Metz (0-1) ont aussi révélé les ressources mentales d’une équipe qui ne tenait pas si bien ses maigres acquis par le passé.

Une montée en puissance de plusieurs éléments devenus centraux dans le système Beye
Loïc Désiré, dans les colonnes de Ouest France, ne s’y trompait pas : « Techniquement, on doit être meilleur, même si on ne peut pas tout bien faire non plus ! Il faut surtout garder cette rigueur, cette culture tactique, de travail, qui nous fait sentir plus costauds ensemble, même si ce n’est pas toujours beau. On a une équipe qui s’arrache et vit bien, s’entraîne toujours très fort, et j’aime voir cette image du Stade Rennais. On a perdu trois matches, après seize journées ce n’est pas anodin, et on a vu aussi de vraies bonnes séquences de jeu. Offensivement, on est très efficaces ! »
Une évolution aussi soudaine qu’impressionnante, illustrée par la montée en puissance de plusieurs éléments devenus centraux dans le système Beye. Tout d’abord Jérémy Jacquet en défense, patron malgré son très jeune âge et déjà courtisé par les plus gros clubs européens. Si le longiligne défenseur central rennais ne devrait pas faire de vieux os en Ille-et-Vilaine, sa deuxième partie de saison décidera en partie de l’avenir de l’équipe, dont il est devenu un taulier incontournable.
Avec Brice Samba, ces deux-là infusent confiance et solidité aux interchangeables Alidu Seidu, Lilian Brassier et Anthony Rouault. Révélation des dernières semaines, Abdelhamid Aït-Boudlal tire aussi son épingle du jeu et donne de l’épaisseur à un secteur parfaitement drivé par Brice Samba dans ses buts, aussi solide que décisif. Dans les couloirs, PrzemyslawFrankowski est à la hauteur des attentes, fiable, tandis qu’à gauche, Mousa Al-Tamari se révèle dans un nouveau rôle très intéressant.
Le Havre puis Lorient à la maison
Au milieu, Valentin Rongier et Mahdi Camara font la paire et sont de plus en plus impactants, tandis que Djaoui Cissé revient doucement dans la danse. Devant, le trio Esteban Lepaul, Breel Embolo, Kader Meïté apporte tour à tour satisfaction, avec Ludovic Blas en joker de luxe. L’ensemble est ainsi bien calé, solide et Rennes peut voir venir, surtout avec un calendrier taillé pour recoller ! Pensez donc, en janvier, le Stade Rennais recevra deux fois de suite, Le Havre puis Lorient.
Deux équipes face auxquelles les « Rouge et Noir n’ont pris qu’un point à l’aller, mais qui devront mordre la poussière au Roazhon Park pour permettre à la machine « rouge et noir » de continuer à avancer. Six points de plus et un bilan à 36 points en 19 matchs, soit près de deux points par match, le rythme serait excellent et tout à fait dans les clous d’un prétendant à l’Europe. Il faudra ensuite terminer janvier du côté de Monaco, équipe en crise balayée récemment au Roazhon Park, soit rien d’insurmontable… L’Europe redevient donc une possibilité et surtout, un enjeu pour la suite des événements.

« S’il n’y a pas de qualification européenne, ça s’arrêtera et ça sera tout à fait logique »
En fin de contrat en juin, Habib Beye sait son sort à la tête de l’équipe lié à une qualification européenne et ne s’en est pas caché en conférence de presse : « Ce n’est pas une question d’envie de continuer ou pas. Mais la discussion interviendra le 26 mai en cas de finale de Coupe de France – et on l’espère – mais pas avant. J’ai été très clair avec les dirigeants et les dirigeants ont été très clairs avec moi. J’ai été très clair avec le propriétaire et on a cette confiance l’un envers l’autre de se dire qu’il y a une mission à réaliser. »
Cette mission, c’est le retour sur la scène européenne, rien d’autre et au travers de ces mots, l’aveu que le maintien à la tête de l’équipe du technicien est bien dû à une intervention des actionnaires. « Je ne suis pas du tout en attente de quoi que ce soit de la part du club sur mon avenir. Mon avenir est très clair, il est contractuel. En cas de qualification en Coupe d’Europe, on a un an supplémentaire. Et là on aura le temps de discuter.
S’il n’y a pas de qualification européenne, ça s’arrêtera et ce sera tout à fait logique parce que j’ai accepté ce challenge-là […] Le 26 mai, le jour où on rendra les clés je l’espère, on pourra se poser pour dresser le bilan de ce qu’on a fait depuis que je suis arrivé au club. Pour l’instant, à mon sens, ce bilan est très positif. »
« On est très satisfaits de ce que l’on fait mais ce travail n’est pas terminé »
Si le coach le dit, avec cette fois-ci, les résultats pour lui, pourquoi ne pas abonder en son sens, même si la qualité n’a pas toujours été au rendez-vous ? « Mon objectif c’est de faire grandir ce club, de faire progresser des jeunes et on le fait, de valoriser un effectif de grande qualité. Je ne me focalise que sur cet aspect-là. Nous avons remis une identité claire au sein de ce club avec le développement des jeunes. On est très satisfaits de ce que l’on fait mais ce travail n’est pas terminé, il nous reste cinq mois de compétition et ils vont être denses, intenses et plein de passion. »
On ne demande pas mieux, au moment des bonnes résolutions et promesses de début d’année. La première sortie à Lille va en ce sens, et la suite s’annonce prometteuse, alors bonne année à une communauté « rouge et noir » enfin promise à retrouver ambition et sourire, pour que soit plus « Beye » la vie en 2026 !





