Une page se tourne dans le microcosme du handball rennais. Débarquée en Bretagne en 2015, d’abord sous les couleurs de Saint-Grégoire puis sous celles du CPB Hand depuis 2021, la Tourangelle Camille De Sousa range les baskets à l’issue de la saison. Si la balle pégueuse ne restera pas bien loin, elle ouvre la boîte à souvenirs et nous explique son choix.
Comment juges-tu la saison jusqu’ici ?
Nous sommes toujours solides défensivement, à l’image du match contre Roz Hand’Du 29, et c’est une bonne chose. Offensivement, nous cherchons peut-être un petit peu trop la meilleure solution à défaut de la plus efficace mais il faut aussi prendre en compte les changements qu’il y a eus cette année. Il y a eu de nouvelles joueuses, le plan de jeu a changé et Jérémy Laurent, notre coach, dispute seulement sa deuxième saison sur le banc, tout en mettant en place pas mal de choses.
S’il y a quelque chose qui ne bouge pas, c’est que nous gagnons et que nous perdons en équipe ! Après, dans la saison, il y a toujours des équipes contre qui nous n’y arrivons pas et cette année, c’est Villemomble. Je n’arrive pas à l’expliquer. Maintenant, nous sommes quasiment maintenues donc nous commençons à travailler pour l’année prochaine sur la grosse transition qui arrive. J’arrête, comme plusieurs autres filles, et les jeunes vont devoir se montrer. Et elles le peuvent ! Il faut qu’elles prennent confiance en elles car il y a de belles choses à faire.
Tu nous annonces ton arrêt à l’issue de la saison. Pourquoi ce choix ?
Tout d’abord, il y a eu cette opération à l’épaule droite entre les saisons 2024 et 2025. C’était une opération assez lourde et mon jeu a dû changer. C’est difficile de changer son jeu en approchant des 30 ans mais j’ai voulu revenir et montrer que j’en étais capable. Cet été, j’ai aussi eu un décès dans ma famille et il est temps de la prioriser.
Enfin, je pense aussi que j’arrive à la fin d’un cycle. Cela fait cinq ans que je suis au club. J’adore jouer avec les filles, j’adore le CPB Hand mais me déplacer tous les week-ends, me faire mal tous les week-ends, ça me fatigue. Il est temps de laisser la place aux jeunes. D’un côté, je me sens apaisée et je suis prête mais de l’autre, il y a quand même un petit pincement au cœur.
« Je vais passer de l’autre côté et j’ai hâte de commencer ce nouveau challenge »
Dis-tu adieu au handball ?
Non, je ne pouvais pas lâcher le handball comme ça (rires). L’idée est de rester en Bretagne. Je suis en poste chez Vinci, et je voudrais continuer à m’investir au CPB. Je vais d’ailleurs entraîner au club, l’équipe 3, tout en sachant que nous allons ouvrir une quatrième équipe. Je vais passer de l’autre côté et j’ai hâte de commencer ce nouveau challenge car ça m’a toujours attirée. J’aime bien transmettre et inculquer certaines valeurs. En parallèle, j’accompagnerai aussi le club sur les partenariats.
À titre personnel, comment abordes-tu cette fin de saison ?
Je veux en profiter au maximum, jouer tant que je peux, profiter des filles et de l’ambiance au club. Je veux finir en beauté et il y a de quoi s’éclater. Je suis juste frustrée de ne pas pouvoir aider davantage car j’ai vraiment du mal à rejouer avec mon épaule mais je vais prendre les choses comme elles viennent car nous avons une équipe géniale. Ce n’est que du bonheur.
Le groupe, justement, c’est souvent ce qui manque le plus au-delà du terrain, quand on arrête…
Oui, c’est vraiment ce qui va me manquer, de ne plus appartenir à un groupe. Il faut comprendre que nous nous voyons quand même 5 jours sur 7. Nous passons un petit peu de temps ensemble (rires). Il y a cette crainte de s’ennuyer le week-end car j’ai fait ça pendant 16 ans. Il y aura encore quelques contraintes mais je serai libre comme l’air ! Je vais enfin pouvoir aller visiter la Bretagne.
« Mon père est parti acheter des shorts et nous avons joué avec des maillots de Fleury »
Quels sont tes meilleurs souvenirs, que ce soit au CPB Hand ou au SGRMH, où tu as également évolué pendant six ans ?
À Saint-Grégoire, j’étais là lors de la montée pour la première saison en D2. J’étais encore bébé. À trois ou quatre matchs de la fin du championnat, on savait que nous montions car nous avions fait un quasi sans-faute. C’est une période où nous avons beaucoup rigolé et lors du dernier match à domicile, j’ai pu jouer avec Gladys Boudan, qui a joué chez les Bleus. J’ai aussi en tête un match à Achenheim. C’était un match difficile mais qu’est-ce qu’il était bon !
Nous gagnons d’un ou deux buts, tout le monde avait le sourire, et c’était vraiment un match complet. Au CPB, plus que le sportif, je retiens les soirées à Géniaux (rires). Sinon, dès mon arrivée en N2, nous sommes tout de suite montées en N1 et c’était magnifique de vivre ça avec les filles, d’autant plus que beaucoup d’entre elles étaient au club depuis longtemps. Lors de la deuxième année en N1, je me souviens également d’une rencontre à Fleury, mon ancien club.
Nous faisons 3h30 de bus et en arrivant 1h15 avant le coup d’envoi, on se rend compte que nous avons oublié les maillots et les shorts. Nous demandons à l’équipe adverse et entre temps, j’appelle aussi mes parents qui sont à Tours. Mon père est finalement parti acheter des shorts de tailles différentes et nous avons joué avec des maillots de Fleury. Nous gagnons quand même le match mais sur la photo de victoire, on dirait une équipe de -14 ans. Le plus important dans cette histoire, c’est que nous n’avions pas oublié les bières (rires) !
Enfin, après plus de dix ans en Bretagne, te considères-tu désormais comme Bretonne ?
Je me considère Bretonne même si je ne parle pas la langue. Je me souviens d’ailleurs de ma première année au SGRMH, lors du premier match de préparation. J’avais 18 ans et on jouait à Redon. Forcément, la première chose qui arrive, c’est l’hymne breton. Impossible de chanter et en plus, il y avait du monde dans la salle. Un grand moment parmi tellement d’autres…






