Non ce n’est pas la salle XXL de 6000 places de Clermont-Ferrand mais la Ricoquais, ce samedi soir, avait des allures de volcan un fusion, avec des « Rose et Noir » pas loin d’avoir délivré leur plus beau match de la saison : « Sur le combat, l’intensité, la qualité de jeu, c’était très, très costaud face à notre plus gros adversaire de la saison à domicile, sans le moindre doute possible, introduit après la rencontre Romain Corre.
Le coach local, forcément satisfait et aussi épuisé que ses filles, ajoute : « Sur certains petits détails, nous aurions pu peut-être leur contester le goal-average particulier, nous n’étions vraiment pas loin. Je suis peut-être un poil très exigent mais elles le savent et je ne vais pas les lâcher. »
Une marque dans le discours de l’ambition portée par le coach breton mais aussi,de la foi en un potentiel énorme révélé semaines après semaines cette saison : « C’est une grande satisfaction qui domine très largement à l’issue d’un match pareil. Nous avons fait douter Clermont, les avons bousculé et vaincu, c’est énorme pour nous. Le projet construit là-bas est très solide, la progression linéaire au fil des ans et elles méritent totalement d’aller jouer leur barrage d’accession. C’est une juste récompense pour Florence Sauval également, la coach, véritable référence de notre métier dans la division. Je leur souhaite sincèrement le meilleur ».

Saint-Grégoire vire en tête au repos
D’entrée de jeu, la donne est claire : les deux équipes, assurées d’être présentes au Final Four, entendent bien offrir le sommet attendu. Privé de Sarah Vukovac dans les buts pour raisons personnelles, le SGRMH prend les devants avec autorité en début de partie, avec ses taulières Eden Dumoulin et Perrine Petiot aux manettes (deux buts chacune) et Marie Pouliquen, en réussite dans ses buts, pour virer en tête (6-3, 8′) puis un peu plus largement encore à la 13′ (9-5).
Clermont, piqué, réagit et revient à un petit but de ses adversaires quelques minutes plus tard (9-8, 20′) dans un match où les défenses sont très compliquées à franchir et l’agressivité, au bon sens du terme, dans tous les duels. Pas de quoi décourager les « Rose et Noir » véloces et déterminées, qui parviennent à contenir le leader incontesté du championnat et à s’offrir même une petite marge au moment de regagner les vestiaires (13-11).

Presque de petits regrets…
Fortes du soutien d’un public venu en nombre et ultra bruyant, à la hauteur de l’affiche, les locales continuent de résister au retour en force des Auvergnates lors du premier quart d’heure en seconde période, où chaque équipe se rend coup pour coup. Avec trois buts d’écart en sa faveur au bout de 6 minutes (16-13), Saint-Grégoire ne parvient néanmoins pas à décrocher son adversaire, qui recolle, avec talent et puissance, à 20-20 (45′).
Ouverte, la dernière ligne droite de la rencontre voit le SGRMH prendre son envol, grâce aux arrêts de Marie Pouliquen (10 au total) et sous l’impulsion de sa jeunesse toujours aussi brillante, à l’image de Justine Boucheur-Le Roy, 8 buts encore ce samedi soir. Le 5-1 collé par les Bretonnes fait très mal aux têtes clermontoises et donnent au moment d’attaquer le Money-Time une marge non négligeable pour mener à bout la mission (25-21, 56′).
Avec abnégation, solidarité mais aussi une tête froide et des mains chaudes, les « Rose et Noir » parviennent à leurs fins et malgré le retour tout près des Clermontoises, valident leur victoire (27-25) dans une fin de rencontre étouffante et palpitante. Un gros coup, et une victoire d’envergure, la neuvième sur neuf matchs à domicile cette saison, une sacrée performance ! Seul petit regret, ne pas avoir pris le goal-average particulier, les Bretonnes s’étant inclinées de 3 buts à l’aller.

Cinq « finales » pour un titre historique
Au classement, le SGRMH grimpe d’une petite place devant Bouillargues, alors que la sanction administrative de cet hiver (retrait de -2 points) prive les Bretonnes du fauteuil de leader : « Nous allons avoir une finale à jouer à Palente Besançon pour terminer à l’une des deux premières places, ce qui nous permettrait de recevoir lors de la demi-finale retour. Si cela ne garantit rien du tout, c’est néanmoins, à priori, un avantage, surtout quand l’ambiance est comme celle de ce soir, détaille Romain Corre.
« Je considère que nous avons désormais cinq finales devant nous pour terminer la saison. Bien sûr que les filles, une fois en demies, veulent aller au bout et prendre le titre, comme n’importe quelles compétitrices. Il faudra pour cela travailler encore, ne rien relâcher. Les phases finales, c’est tout autre chose. Pour en avoir déjà vécu par le passé, je sais qu’on ne peut rien y prévoir… Alors gagnons la première finale à Besançon et ensuite, nous verrons… »
Avec la certitude de prolonger un bonheur et de savourer un spectacle rarement connu à tel niveau à la Ricoquais, jusqu’à fin mai !






