La corde est sensible, la ficelle infaillible. Si l’anniversaire des 120 ans du Stade Rennais avait laissé tout le monde sur sa faim en 2020, pandémie oblige, la session de rattrapage proposée par Arnaud Pouille, quelles qu’en soient les réelles motivations (commerciales, d’image ou réellement tournée vers l’institution et la célébration d’un vrai patrimoine commun) a été une vraie réussite. Un moment suspendu mais aussi une terrible rupture face à ce qu’est devenu le foot business d’aujourd’hui, éphémère et soumis à la culture (et l’inculture) de l’instant.
Fait d’inaccessible, de fortunes, de joueurs passant au maximum trois ans dans un club et dont on ne connait parfois qu’à peine la voix en tant que média, malgré tant de temps partagé dans les mêmes lieux. Ce foot d’hier, en ce 21 mars, s’est ainsi invité dans un contexte morose, sur et hors terrain, pour rallumer la flamme. Celle d’une nostalgie qui marche à tous les coups, quel que soit l’âge. A chacun ses héros, à chacun ses fardeaux, que l’on ait 70, 50, 40 ou même 20 ans.
Yoann Gourcuff, si rare en public
En réunissant une bonne partie de ses gloires passées, même si certains entraîneurs auraient clairement mérité d’être de la partie mais absents, le Stade Rennais a offert un beau cadeau à ses supporters mais aussi aux suiveurs, ceux-ci pouvant recroiser tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à l’Histoire « Rouge et Noir ». Sylvain Wiltord, visiblement heureux d’être là, en a profité pour raconter comment il prenait les ronds-points à l’époque.
Yoann Gourcuff, si rare en public, s’est d’abord caché sur l’estrade derrière les copains avant de répondre à notre ami Vincent Simonneaux qu’il ne regardait plus du tout le foot. D’autres moins connus, mais tout aussi marquants, ou attachants, c’est selon, étaient là. Corneliu Papura, défenseur roumain venu pour l’occasion et sans doute oublié des mémoires « Rouge et Noir », Erik Edman, aujourd’hui recruteur en Ecosse ou encore Chris Mavinga, jouant les DJ sur scène, ont retrouvé le Roazhon Park, qu’ils n’ont pas tous connu sous ce nom-là.
Pour les plus anciens, les frères Delamontage, Pierrick Hiard, Alain Rizzo – qui joue toujours en district à près de 76 ans – ou encore Daniel Rodighiero étaient aussi de la partie. Venu depuis Los Angeles, s’il vous plait, Monsieur Mario Melchiot n’est pas passé inaperçu, tout comme le toujours élégant Julien Féret, le sapé Clément Grenier ou encore les inoubliables Olivier Monterrubio, Shabani Nonda, Kader Mangane, Rod Fanni et tant d’autres…
L’Histoire d’un club s’écrit dans le temps, loin, très loin, d’une culture de l’instant qu’il est si bon d’oublier…un instant
La liste des excusés ou absents est aussi impressionnante, au-delà des coachs Stéphan, Gourcuff, Antonetti, Bölöni et bien d’autres : Benjamin Bourigeaud, absent contemporain XXL de l’événement bloqué en raison des événements au Moyen-Orient, Désiré Doué et Ousmane Dembélé, non disponibles et retenus par le PSG, Martin Terrier, prévu mais blessé la veille, Alexander Frei, retenu avec le staff de la sélection espoir suisse ou Etienne Didot, à l’étranger.
Ajoutez, en vrac, Mickaël Pagis, Petr Cech, Jérôme Leroy, Marco Grassi, Jérémy Doku, Lovro Majer, Cyril Jeunechamp, Olivier Sorlin, Yohan Bigné, Christophe Le Roux, Jocelyn Gourvennec pour ne citer qu’eux. Une liste montrant qu’au-delà du résultat à venir et d’un classement, l’Histoire d’un club s’écrit dans le temps, loin, très loin, d’une culture de l’instant qu’il est si bon d’oublier…un instant. Peu importe ce piteux nul face à Metz, la victoire rennaise du jour était ailleurs, à la fois proche et si loin dans les mémoires et les cœurs. Alors bon anniversaire, Stade Rennais, et à dans cinq ans.






