« Nous savions à quel match nous attendre face à Chambéry et nous l’avons eu… » Sans être cote à cote en conférence de presse, Jean-Emmanuel Kouassi comme Sébastien Leriche ont eu les mêmes mots à la sortie d’un combat intense, étourdissant par moment, entre deux formations libérées et bien décidées à ne rien lâcher. Logiquement, Cesson l’a emporté avec talent et détermination, empilant un quatrième succès de rang à domicile.
Celui-ci a beaucoup plus au coach, Sébastien Leriche : « C’est l’un de nos meilleurs matchs cette saison, évidemment. Il y a eu un gros combat, de l’intensité, nous étions préparés mais nous avons aussi su garder notre sang-froid là où pas mal de petites choses auraient pu nous sortir du match. Par moment, c’était très tendu… »
Evoquées du bout des lèvres, parmi d’autres choses, les innombrables coups mis à Egon Hanusz, encore magistral avec dix nouvelles passes décisives, s’il vous plait mais bénéficiant d’un « traitement de faveur » très limite, tout comme Michal Baran, lui aussi fortement secoué.

Un plan qui fonctionne sans accroc
Pas de quoi, donc, sortir les Irréductibles de leur chemin et du fameux projet de jeu du jour : bloquer au maximum la formation savoyarde dans l’axe : « Nous voulions les obliger à aller aux ailes et cela à fonctionné. Je pense que notre défense très agressive et auteure d’une très grosse performance, malgré les 31 buts encaissés, a fini par les user et les arrêts de Jean-Emmanuel sur la fin de rencontre ont permis de prendre une avance et de se détacher. »
8 arrêts à 31 % dont une série au meilleur moment pour se détacher au Momentum idéal, le gardien cessonnais avait de quoi avoir le sourire et préciser : « On étudie la semaine les tirs préférentiels adverses à la vidéo. A un moment donné, on sait qu’ils vont y revenir, et que cela va sourire. J’ai eu des tentatives adverses à gérer que l’on a travaillé, il n’y pas eu d’arrêts miracles mais c’était important d’être là avec une défense qui m’a mis dans les meilleures conditions. »

Ne comptez pas sur l’un des chouchous de la Glaz Arena pour tirer la couverture à lui, pas le genre de la maison. Sur le banc en première période, il voit ses partenaires batailler dur chaque ballon, chaque possession en début de partie. Les défenses prennent néanmoins le pas sur les attaques et personne ne se détache en début de rencontre (5-5, 12′).
Chacun son éclat !
Dans les buts, son homologue, l’international français Valentin Kieffer, énorme à l’aller, démarre très bien et met notamment deux fois en échec Xavier Labigang, qui comme à Aix, laisse dans la foulée sa place à Josep Folques. Celui-ci, peu utilisé lors des semaines et mois précédent en raison de la forme insolente de son binôme, est aussi parfaitement taillé pour le combat défensif du soir, permettant d’économiser la base arrière côté gauche, de nouveau privée d’Asier Nieto et Mathéo Briffe.
Au quart d’heure, Cesson profite des exclusions temporaires côté chambérien pour se détacher et virer en tête quelques minutes (11-9, 20′) dans une rencontre où les tireurs commencent à régler la mire. Comme Alex Moran côté local, impeccable aux jets de sept mètres (6 sur 7) et impressionnant sur son aile avec un 7/8 pour un superbe 13/15 au final !
Pourtant, la Team Chambé ne se laisse pas abattre et profite de l’unique passage à vide local pour coller un 1-5 et passer devant (12-15) à la 25′. Le moment choisi par Sébastien Leriche pour poser son temps mort, suivi d’effet, Cesson mettant à son tour son adversaire dans les cordes avec un 4-1 très bien senti. Chacun son éclat, donc, pour arriver au repos à égalité (16-16).
Cesson remporte la guerre des nerfs
Le premier quart d’heure du second acte est virevoltant, avec pas mal de contact et d’escarmouches, et des Cessonnais qui restent cependant calmes. Devant d’un petit but, ceux-ci encaissent notamment trois buts d’affilée sur des engagements rapides : « On savait que Chambéry adore mettre beaucoup de vitesse, il fallait les épuiser sur la longueur » confiait le coach après-match. Ce sera chose faite, notamment grâce à Jean-Emmanuel Kouassi dans ses buts mais aussi à un collectif au diapason.
Alignés en même temps sur le terrain, Mathieu Salou et Gustavo Rodrigues, au-delà de leurs buts, (5/7 et 4/7), démontrent une complémentarité très intéressante tandis qu’Erik Szeitel, précieux en pivot et en défense, retrouve le bonheur d’une partie pleine après deux dernières sorties express ponctuées de cartons rouges.

A la mène, Egon Hanusz régale et termine très fort entre buts, percée dans la défense et passes décisives, dix de plus pour ce vendredi soir. Avec un 4-0 pour virer à 29-27 (52′), le CRMHB ne laisse pas le moindre espoir à ses adversaires et boucle l’affaire en force, proprement (35-31).

Pas « avares » d’un exploit à Saint-Raph ?
Avec dix-sept points et la défaite surprise de Tremblay à Istres, les Irréductibles, dixièmes, voient les deux prochaines journées leur offrir l’opportunité de s’inviter dans le Top 8 : « Nous prenons vraiment match après match, c’est bateau de vous dire cela mais c’est la vérité. On voit que c’est très serré. Ce qui m’intéresse, c’est que cette équipe progresse encore, semaine après semaine. Ce soir, elle s’est récompensée de toute son implication et son sérieux et je suis, je le répète, très fier des gars. «
Avec, déjà, la hâte de retrouver sa salle, devenue imprenable ? « Avant de penser à Tremblay, notre prochain adversaire à la Glaz, il va falloir gérer un long et difficile déplacement à Saint-Raphaël. Ce sera très intéressant et difficile. Là-bas, nous n’aurons pas notre public qui nous transmet ce plus, nous porte et il faudra aller chercher cela ailleurs en nous pour ramener un résultat. »
L’appétit venant en mangeant après avoir fondu les ambitions savoyardes à la Glaz, les Irréductibles ne seront pas « avares » d’un exploit à Saint-Raph, avec une possibilité palpitante de regarder droit dans les yeux la première partie de tableau et le top 8. Rien d’impossible en cela pour ces Irréductibles-là !
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