Basket – Nationale 1 : Bastien Demeuré : « Tony Parker, Vincent Collet, il y a pire comme collègues de formation… »

Interview avec Bastien Demeuré.
Bastien Demeuré avec son capitaine Joffrey Sclear. @Crédit photo : JRS

Après un premier marathon de 26 matchs, l’URB repart pour la poule basse. Son équipe entamant la deuxième partie de saison avec une avance confortable, le coach Bastien Demeuré est ambitieux et entend bien poser les premières pierres en vue de la saison prochaine, fort de ses enseignements et de belles rencontres récentes, notamment du côté de New York.

Quel bilan tires-tu de la première phase de championnat ?

C’est une première phase correcte par rapport à l’intégration de nouveaux joueurs mais aussi du nouveau staff, dont Aymeric Bellour en tant qu’adjoint. Nous avions des joueurs qui découvraient ce niveau. Il y a aussi eu l’éclosion de jeunes joueurs et hormis le Pôle France, nous sommes le seul club à mettre des 2007 (ndlr : âgés de 18-19 ans) sur le terrain. Les seuls regrets sont les matchs contre Poissy et le Centre Fédéral.

Si nous les remportons, nous challengeons la poule haute jusqu’au bout. Contrairement à l’année dernière, nous avons été très bons à l’extérieur, où nous étions davantage relâchés, mais nous avons eu plus de mal à domicile. En début d’exercice, je pense que nous aurions perdu un petit peu moins de temps si nous avions été plus intransigeants défensivement.

Dans ce nouveau groupe, il y avait donc de la jeunesse mais aussi des paris comme Morgan Belloir…

Morgan est arrivé de N3 mais il a eu un impact d’entrée car c’est un joueur intelligent. Il est aussi très dissuasif pour les adversaires. Notre niveau défensif change quand il est là et il fait déjà partie du top 5 des meilleurs contreurs de Nationale 1, dès sa première saison. J’en suis très satisfait. Le seul regret pour l’instant, c’est qu’il est difficile de le faire jouer plus de 20 minutes mais il faut qu’il puisse encaisser et ça ne sert à rien de vouloir tout faire en un an.

Avec lui, nous avons un projet à long terme. Concernant les jeunes, les frères Pointel sont une vraie satisfaction. J’en étais convaincu. C’est aussi pour ça que nous n’avons pas pris d’Américain à l’intersaison et je pense particulièrement à Gaby que je n’attendais pas à ce niveau-là. Il joue avec régularité et c’est très intéressant.

« J’avais besoin de mes cadres, qu’ils soient plus présents »

Tu évoques le début de saison. Comment as-tu géré ce passage compliqué avec trois victoires et huit défaites ?

Nous avons refait un point et reclarifié le projet de jeu. L’idée était de faire moins de choses mais mieux. J’avais aussi besoin que les cadres soient un petit peu plus présents, besoin de leur leadership. Je pense à Warren (Racine) et à Joffrey (Sclear). Il faut aussi recontextualiser car ce n’était pas une période facile pour eux non plus.

Warren venait d’arriver tardivement et Joffrey vivait sa première expérience en tant que capitaine. Depuis cette discussion, il y a eu un vrai capitaine, en plus performant sur le terrain, et ils ont emmené le groupe vers le haut, avec Warren. Nous sommes passés de la 18e à la 7e défense en un mois et demi !

À titre personnel, as-tu changé certaines choses dans ton management par rapport à la première saison ?

Sur la communication, oui. Je n’ai pas laissé « pourrir » certaines choses comme j’avais pu le faire l’année dernière. Je pense même que j’aurais pu anticiper encore un peu plus mais comme tu enchaînes parfois les matchs le mardi et le vendredi, c’est difficile de ne pas tomber dans la machine à laver. Là où il faut que je sois meilleur et plus exigeant, c’est sur le nombre d’informations à traiter.

Je prends pour exemples Fougères et Toulouse. Deux clubs qui font une chose mais ils le font bien et ce sont deux équipes avec un budget relativement similaire au nôtre. Pour nous, ce sera d’avoir une meilleure assise défensive. Il faut faire en sorte que les intentions soient claires, partagées par tous et que ça devienne limpide, quel que soit l’adversaire ou les absents.

Dans le cadre de ta formation, tu as pu rencontrer Mike Brown, l’entraîneur des New-York Knicks. Qu’as-tu appris lors de ces échanges ?

Ce que je retiens, c’est surtout sa façon de dédramatiser chaque situation. Quand nous étions là-bas, il venait de perdre un quatrième match de suite. Évidemment, la pression est bien différente mais il est resté très accessible. Nous n’avions pas du tout l’impression qu’il jouait potentiellement son poste le lendemain. À côté de ça, les infrastructures sont folles.

Le staff aussi d’ailleurs. Il y a plus d’assistants que de joueurs. Et puis j’ai pu faire cette formation avec mon idole Tony Parker. Mes frères me réveillaient la nuit pour regarder ses finales. Je pense que je n’ai pas loupé un match des play-offs des Spurs. Il y avait aussi Vincent Collet ! Autant dire : que des pointures du basket. Il y a pire comme collègues de formation (rires).

« L’objectif sera de finir premier de la poule basse »

L’objectif maintien est, lui, bien engagé avant même le début de la deuxième phase… Est-ce piégeux pour garder un groupe en alerte ?

Il faut redéfinir l’objectif et celui-ci sera de finir premiers de la poule basse. Si nous nous fixons juste le maintien et qu’il est acquis rapidement, il y a un risque de relâchement. Sur 14 matchs, le maintien devrait être acquis avec six ou sept victoires. Derrière cet objectif, il y a la volonté de progresser mais aussi de préparer l’an prochain. Sur le plan défensif, si nous arrivons à être plus constants, nous gagnerons du temps la saison prochaine. Enfin, c’est aussi la possibilité de continuer à construire avec les jeunes que nous avons intégrés sur le long terme. Plus vite ils joueront, plus vite ils passeront des paliers.

Pendant ta formation aux Etats-Unis, ton adjoint Aymeric Bellour a pris le relais. Comment évolue votre binôme ?

Il fait partie des meilleures recrues de la saison et nous nous complétons bien. C’est quelqu’un que je veux vraiment garder l’an prochain et ça serait bien de partir sur un projet de 2-3 ans. Je lui laisse énormément de situations et sur certains entraînements, il entraîne plus que moi. C’est important pour investir pour tout le monde. C’est aussi le cas pour Gaby (Gabriel Bertin).

Si tu veux les développer, il faut les accompagner là-dedans, comme l’avait fait Pascal (Thibaud) avec moi. Aymeric continue de se former et il devrait à nouveau prendre le relais sur cette deuxième phase. Je vais bientôt être papa et je vais forcément louper quelques matchs en fin de saison.

Le championnat de Nationale 1 changera de formule lors de la saison 2027-28, passant de 28 à 24 équipes. Quel est ton avis sur ce nouveau format ?

Je trouve ça mieux car cela fait trois ans qu’il n’y a plus de descentes, hors dépôts de bilans. Nous faisons aussi du sport pour les montées et les descentes. Certes, il y aura plus de pression l’an prochain avec six descentes mais ça reste plutôt positif. Il y aura aussi moins de matchs (huit de moins). Cela renforce la compétitivité des matchs. En prenant compte de ce changement, c’était aussi important pour nous de faire cette grosse transition en début de saison plutôt que l’année prochaine.

Signature du journaliste.

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