« C’est déjà une réussite d’avoir pu attirer autant de monde sur un match de handball féminin, quel que soit le résultat. Avec la victoire, forcément, c’est encore mieux… » Comme ses joueuses, épuisées mais encore gagnantes et le public, ayant répondu en nombre à l’appel, Romain Corre a apprécié le spectacle et il y a de quoi : 71 buts, du suspense, des individualités qui brillent et un combat intense, parfois rugueux mais toujours loyal.
Le contrat est rempli pour cette troisième délocalisation du côté de la Glaz et prouve, une nouvelle fois, la légitimité du handball féminin à exister aux yeux de tous, dans les meilleures conditions, dans la Métropole rennaise et ce de façon pérenne, avec tout ce que cela implique.

La griffe Chebbah pour égratigner le SGRMH
Une pérennité qui se gagne aussi par les résultats. De ce côté-là, les filles du SGRMH remplissent le contrat. L’affaire ce samedi soir n’est pourtant pas bien engagée en début de partie, où les Nîmoises ont la main sur le ballon et le match. Véloces, agressives et efficaces, les coéquipières de l’ancienne de la maison, Zeina Raymond-Harek, sont au rendez-vous.
Romain Corre le reconnait, l’entame fut compliquée : « Il y a eu un temps pour prendre nos marques, visualiser le terrain, l’environnement, les repères. D’habitude, nous il y a des murs derrière les buts pour nous et là des gens qui bougent, ce sont des détails mais c’est aussi cela, s’adapter. En début de match, on a tenu malgré ce retard à l’allumage car Nîmes aurait pu passer plus sérieusement devant dans le premier quart d’heure »
En cause aussi, la performance XXL d’une joueuse XXL, Mouna Chebbah, 44 ans et le plus haut niveau derrière elle, qui réussit tout parfaitement et fait très mal aux Bretonnes, avec au final 13 buts dont sept en première période ! « C’était un calvaire face à elle. C’est aussi pour cela que l’on a changé notre fusil d’épaule et réussit à revenir au score en fin de mi-temps. Nous sommes restés là-dessus en seconde. ».
Derrière tout au long du premier quart d’heure (9-10, 15′), les Bretilliennes parviennent à inverser le rapport de force juste avant le repos et à passer une courte tête devant, notamment grâce à Perrine Petiot, leader d’une équipe bousculée mais malgré tout sereine. Mais l’ USAM recolle à hauteur et se voit logiquement récompensée avec un score de parité au repos (17-17).

Le show Vidie et un nouveau feu d’artifice offensif !
Le retour des vestiaires semble ensuite favorable aux locales. Deux buts pour Justine Boucheur-Le Roy, une nouvelle fois excellente, deux autres pour Alice Monteillet et Marie Pouliquen à la parade permettent aux « Rose et Noir » de se détacher dans un premier temps (21-19, 34′). Insuffisant pour mettre KO les Gardoises, qui passent la seconde brutalement.
Profitant d’une infériorité numérique infligée aux locales et d’un léger déséquilibre qui s’en suit, l’USAM fait feu de tout bois : Pavillard à la parade, Chebbah à la conclusion et l’USAM inflige un terrible 0-5 qui fait mal aux têtes rennaises (21-24) : « On a été bousculés mais il n’y pas eu de panique. Nous avons pris le temps, au gré des exclusions, de revenir, de nous adapter. C’était rugueux, avec des sanctions mais nous sommes revenues ».

Grâce notamment à Aziliz Vidie, exceptionnelle une nouvelle fois (9 buts au total dont cinq en dix minutes), avec une efficacité et une puissance déconcertantes, les joueuses du président Jean-Luc Bosse renversent la table pour mettre KO les Nîmoises avec un 10-3 qui force définitivement le destin de la partie (32-27, 49′) : « C’est finalement la défense et les récupérations de balles qui ont fait qu’on a trouvé le rythme pour être fort et bonifier chaque remontée. On a trouvé la solution sur les pivots et la différence s’est faite, avec Aziliz, auteure d’un très bon match, qui a bonifié le travail de ses coéquipières. »
« Nos jeunes continuent de monter en régime, et nous pouvons aussi nous appuyer sur les plus anciennes qui sont là »
Difficile en effet d’isoler la seule performance, même XXL, de la jeune pivot, tant l’ensemble fut convaincant et homogène : « Nos jeunes continuent de monter en régime, et nous pouvons aussi nous appuyer sur les plus anciennes qui sont là. Perrine en est l’exemple, elle a aussi été précieuse, notamment en défense, où elle a été prépondérante en seconde période et où je l’ai ménagée en attaque. »

Le Money-Time devient ensuite un exercice de gestion, notamment de la fatigue, avec des adversaires ne lâchant rien mais ne pouvant que constater les dégâts après le passage de la tempête SGRMH et les dégâts occasionnés malgré une grosse prestation. Score final, 37-34 et un plaisir partagé avec une salle conquise, une nouvelle fois.
Cap sur Pessac !
Pour Romain Corre, ce neuvième succès de la saison confirme, si besoin en est, l’excellente dynamique actuelle de son équipe, plus que jamais deuxième du championnat : « C’était sur qu’avec les deux meilleures attaques du championnat, ça allait envoyer. Et je trouve que l’on a pas si mal défendu, face à une équipe qui frappe fort. C’était vraiment un gros match !
Comme à l’aller, ce fut un très gros combat mais là, nous sommes parvenus à aller au bout. Nous n’avons pas de marge, chaque match se gagne avec beaucoup d’efforts, d’application et c’est un plaisir de voir l’équipe continuer à évoluer ainsi et d’entraîner une équipe comme celle-ci. »

Samedi prochain, le SGRMH se déplace à Pessac, en grande difficulté au classement mais toujours pénible à jouer : « J’espère qu’on est lancés mais on peut être surpris à Pessac. Par deux fois cette saison, elles nous avaient beaucoup embêté… ».
Avec le même sérieux et la même application cependant que celles mises face à Bouillargues ou en cette belle soirée à la Glaz Arena, poursuivre la série actuelle parait raisonnable à envisager.
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