De l’excitation, des interrogations mais surtout l’envie de renouer avec la compétition, un peu plus d’un mois après le dernier succès très convaincant contre Dunkerque, déjà par huit buts d’écart. Il y avait un peu de tout ça pour les Irréductibles ce mercredi soir au moment de remettre à jour le calendrier de Starligue.
Au programme, le match en retard de la dixième journée, avec la perspective de boucler officiellement la phase aller à une belle dixième place. Opportunité saisie, et avec la manière ! « J’avais dit en plaisantant que nous aurions une phase retour à 16 matchs mais c’est un peu cela et c’est très positif de la démarrer ainsi. On se remet bien à l’approche de ce bloc retour et le contenu est plutôt bon voire même très bon. »
Patient, le CRMHB a attendu son heure et affiché une belle maîtrise : « Nous avons eu une bonne gestion des temps faibles, où l’on a réussi à ne pas se frustrer et une capacité à rapidement se reconcentrer sur le projet de jeu » soulignait après la rencontre Sébastien Leriche, forcément satisfait.

Carton rouge d’entrée de jeu !
Déjà privé de Mathéo Briffe, en protocole commotion, l’entraîneur cessonnais doit déjà se réorganiser au bout de 30 secondes de jeu, avec l’exclusion logique d’Erik Szeitl pour un coup au visage ! Un vrai coup dur mais l’occasion pour ses joueurs de démontrer de belles capacités d’adaptation et aussi, de rester calmes : » Cette exclusion aurait pu peser mais nous nous sommes bien réadaptés à l’image de Simon Ooms qui a du assurer le poste sur tout le match tandis qu’Asier Nieto a été très performant en charnière. Après c’est toute l’équipe qui est à féliciter et qui a sorti un très gros match. Les garçons se sont récompensés de notre excellent mois de janvier, où tout le monde a travaillé dur et cela paie. »

Toulouse profite du temps de réajustement pour être devant (2-4) mais ne parvient jamais à décrocher Cesson, qui réplique notamment sur jets de sept mètres, forçant l’indiscipline côté visiteur. A 5-7 (10′), ceux-ci ont une balle de +3 mais échouent avec une perte de balle pour Gabriel Nyembo. S’ils ne le savent pas encore, Jet Lettens et ses coéquipiers ont laissé passer leur chance et Cesson, patiemment, refait son retard et finit même, logiquement, par passer devant.
Le réalisme clinique de Xavier Labigang (6/6 en première période et 10 sur 11 au total !) associé à la fougue d’Asier Nieto font basculer Cesson du bon côté (10-9, 15′) avec un avantage pris qui ne sera plus jamais lâché par des Irréductibles allant crescendo : » Nous sommes monté en intensité au fil des minutes, avec beaucoup de cohérence et un gros travail en défense » .
En face, Toulouse perd peu à peu de son impact et au passage, Hugo Jund, exclu lui aussi par le duo arbitral, pour une faute sur Egon Hanusz (22′). Le mano à mano dur dix bonnes minutes mais Cesson reste devant et voit sa fin de première période validée par l’entrée de Jean-Emmanuel Kouassi à trois minutes du repos, décisif avec deux parades permettant aux siens de virer en tête à la pause d’une courte tête (18-17).
La furia cessonnaise terrasse le Fenix !
Momentum par excellence d’un match, le retour des vestiaires est totalement acquis aux Cessonnais. Ceux-ci vont le réussir, à la perfection, et ne laisser aucune miette aux occitans. Six arrêts, dont un double magistral (40′) en dix minutes pour Jean-Emmanuel Kouassi, en feu, écœure les toulousains, ceci associé à une efficacité redoutable offensive sous la houlette du duo Xavier Labigang-Michal Baran. Cesson met les ingrédients pour faire chavirer la Glaz Arena et faire basculer définitivement la partie (23-19).

Nemanja Ilic (onze buts encore) et ses coéquipiers sont sonné et essaient de s’accrocher mais éteignent la lumière n’inscrivant que trois buts en dix minutes entre la 40′ et 50′, la faute au portier cessonnais en état de grâce (13 arrêts au total à 54% !). Cesson fructifie son temps fort et monte son avance à sept unités (29-22, 47′), mettant le coup fatal à son adversaire.
Les dix dernières minutes sont disputées avec sérénité et panache, malgré un petit retour à -4 pour le Fenix, mais celui-ci ne renait pas de ses cendres et prend une nouvelle fois la foudre sur le Money Time, pour terminer à huit unités des Irréductibles et prend un second rouge pour Gabriel Nyembo (34-26). La fête est complète, dans une Glaz en feu et Cesson démarre on ne peut mieux 2026.

Un mois de février rendu passionnant d’entrée
Pour Sébastien Leriche, voilà une soirée « tout benef » : » J’ai beaucoup aimé la sérénité retrouvée des garçons. Par moment, ce calme qui m’a fait penser à celui affiché en début de saison, avec un vrai contrôle des émotions. On a retrouvé cette capacité à rester concentrés sur le projet, qui était notre force sur la phase aller. En janvier, nous avions accentué notre travail sur la défense. Au-delà des arrêts de Jean qui nous mettent dans une situation dominante, il y a eu une élévation du niveau défensif sur la seconde période qui me plait beaucoup et qui est très intéressante pour la suite. » De la à tenir un match référence ?
« Je ne sais pas, je n’aime pas trop comparer les matchs, chaque rencontre a son histoire et est différente mais j’ai bien aimé la manière dont nous avons été en capacité d’élever l’intensité de la partie au fur et à mesure. Cela signifie que cette équipe continue d’avancer comme on le souhaitais, face à un adversaire de haut niveau, redoutable techniquement. »
Un adversaire costaud, assurément : « C’est une référence de battre une équipe comme Toulouse avec cet écart mais ça reste l’histoire du match de ce soir. On ne vas pas s’enflammer, bien sûr mais repartir après une longue trêve sur un match de cette qualité là, cela nous met bien pour enchaîner les matchs qui arrivent ».
Le prochain, le 14 février pour une Saint-Valentin handball, se jouera au Parnasse, face à Nîmes, que Cesson vient de dépasser au classement, à la dixième place, avec une belle explication en perspective et pourquoi pas, une jolie bascule à faire avant la réception de Dijon pour valider une reprise pleinement réussie.




