La phrase a pu interpeller, voire choquer, la communauté de supporters du Stade Rennais à la sortie de la claque reçue au Vélodrome. Habib Beye, en mode protection de ses joueurs mais aussi désireux, forcément, de garder ses joueurs avec lui, déroule : « Je reste fier de ce que mes joueurs ont produit dans le jeu. C’est sévère, mais c’est comme ça, c’est le haut niveau. » Vraiment ? Si l’exigence habite toujours, comme il aime à le rappeler, le technicien rennais, impossible d’être fier d’une telle prestation.
Au-delà d’un résultat sec, comme à Monaco ou face à Lorient, ce qu’on « produit » les « Rouge et Noir », au-delà d’interpeller, alarme sur l’état actuel d’une équipe qui ne met clairement plus un pied devant l’autre. « Ce que mes joueurs ont produit… » ? Pas de structure, pas d’ambition si ce n’est celle d’attendre, pas une occasion construite, pas un frémissement pour la défense marseillaise et une défense en panique à chaque accélération adverse.

Un match totalement sans…
Ajoutez à cela de multiples faillites techniques individuelles avec un nombre considérable de pertes de balles, trop peu de passes correctes alignées, des placements incompréhensibles, comme sur le second but marseillais et concentration aux abonnés absents, avec un but encaissé au bout d’une centaine de…seconde dans chaque mi-temps. Le constat est glaçant à la sortie d’une élimination incontestable.
En revisionnant le match, peut-être le coach changera d’avis. Mais hier soir, celui-ci développait : « Quand on prend autant de buts, c’est qu’on fait trop d’erreurs. Surtout dans des matchs comme celui-ci, on ne peut pas se permettre de les faire, et on se fait immédiatement punir. Dès l’entame du match.
Avec autant d’erreurs, on ne peut pas espérer gagner des matchs. C’était un match éliminatoire, on est éliminés et ça nous touche. « . En ce lendemain difficile, voilà l’entraîneur rennais bien seul sur le navire de l’espoir tant celui-ci semble multiplier les avaries depuis quinze jours et préparé un radeau de survie pour se maintenir tant bien que mal à flot sur l’océan des ambitions rennaises, sérieusement ballotées.
Un contenu très inquiétant
Alors oui, l’absence de Valentin Rongier au milieu s’est de nouveau fait sentir, tout comme la blessure de Glenn Kamara, sorti sur une agression d’Ethan Nwaneri qui valait évidemment un rouge, aurait peut-être modifié la donne mais rien ne l’indiquait tant le contenu proposé jusque-là était faible. Pas d’agressivité, ni de capacités à gêner l’OM alors Rennes aurait-il fait mieux à 11 contre 10 ? Rien, et encore moins ce que l’on voyait jusque-là sur le terrain, ne permet de l’affirmer.
Se réfugier derrière une erreur reconnue par le corps arbitral reviendrait à fermer les yeux sur une situation à l’instant T très inquiétante. Cette décision ne justifie pas les contrôles ratés, les passes pour personne, l’absence de lien entre les lignes et l’ensemble des insuffisances constatées.
Rennes est en plein doute, les chiffres sont mauvais et l’horizon peu réjouissant. Samedi, rendez-vous à Lens où prendre les points sera tout sauf une formalité.

Mais à défaut de point, une réaction d’orgueil, à minima, est attendue. Les recrues prétendront à un groupe en plein doute, revenu plus de trois mois en arrière dans le contenu qu’il présente voire pire, sur le match du Vélodrome. Simple coup de moins bien, réelle rechute ou crise bien plus profonde que cela ? Les attitudes à Bollaert devraient en dire beaucoup, alors que le PSG se profilera une semaine plus tard.
Sauvé sur le fil début novembre, Habib Beye le sait : lui et son Stade Rennais vont jouer très gros dans les dix jours à venir. Ainsi va le foot, très vite dans un sens, comme dans l’autre.





