Football – Ligue 1 : Le Stade Rennais victime d’un « Lorient Express » (0-2).

Le Stade Rennais piégé par Lorient, n'avance plus @Crédit Photo JRS

Une claque, et plutôt une belle ! Alors que beaucoup, dont nous, reconnaissons le en toute franchise, imaginaient un possible Perfect avec la double réception d’adversaires à priori à portée, Le Havre et Lorient, les Rennais n’auront pris, comme à l’aller, qu’un point sur six face à deux formations qui seront, selon toute logique, derrière les « Rouge et Noir » en mai prochain.

Deux performances très en dessous des attentes mais surtout cassant la dynamique enclenchée en novembre et privent le club breton de s’installer sérieusement dans le top 4. Celles-ci le replongea aussi peut-être dans le doute, au moment où une terrible série de match s’annonce, avec trois déplacements à Monaco, Marseille (coupe de France) et Lens avant de recevoir Paris.

Indigne enfin, d’un prétendant au top 4 et surtout, donnant matière à réfléchir tant les insuffisances ont été criantes sur ces deux confrontations, et peut-être même encore plus face aux Merlus.

Lorient d’entrée, poteau pour Seidu !

Ceux-ci, véritables bêtes noires du Stade Rennais avec six victoires de rang dans ce « derby » régional, ont parfaitement réussi leur coup, sans briller, loin de là. Pas eu besoin… L’organisation défensive, voire ultra défensive, n’aura pas fait voir beaucoup de pays aux joueurs morbihannais, campés dans leur camp la majeure partie du match et à peine sortis rendre visite à Brice Samba. A deux reprises, réellement… mais cela fut hélas suffisant.

D’abord d’entrée de jeu, par Jean-Victor Makengo qui refroidit le Roazhon Park sur la première montée de balle lorientaise dans le camp rennais. La frappe lointaine et placée au ras du poteau mystifie un Brice Samba aussi passif que sa défense sur le coup et met à mal le plan de jeu rennais, après seulement trois petites minutes de jeu.

S’en suit un siège constant mais stérile des rennais sur les buts de Yann Mvogo, avec tout de même de vraies belles occasions. D’abord avec un missile lointain signé Alidu Seidu, qui trouve la base du poteau droit du gardien visiteur (16′) puis en pensant être récompensé mais voyant le but refusé à Breel Embolo sur un cafouillage, pour une position de hors-jeu.

En difficulté pour être dangereux, Rennes s’en remet à de trop dangereuses frappes lointaines, même si la seconde d’Alidu Seidu force Yann Mvogo à l’arrêt en deux temps (mt, 0-1).

Trop inoffensif pour espérer mieux

Habitué depuis des semaines à être plus efficace en seconde période, le Stade Rennais repart pied au plancher. Djaoui Cissé, de retour dans le onze de départ, pense délivrer les siens d’entrée mais Yann Mvogo réalise une splendide envolée pour priver l’international française d’une petite merveille.

Le soufflet retombe hélas rapidement et trop brouillons, Esteban Lepaul et ses partenaires ne parviennent pas à faire de différences. Si Dieng voit le but du KO logiquement refusé pour hors-jeu (49′), les Rennais sont eux bien trop passifs et sans inspiration pour pousser les Merlus dans leurs retranchements.

La relance sur chaque six mètres entre Laurent Abergel et Yann Mvogo est parfaitement rodée, systématique et agace tout un stade qui perd patience.

Le triple changement à l’heure de jeu d’Habib Beye puis la première apparition de la recrue Sebastian Szymanski n’y changent rien. Pire, celui-ci perd l’un de ces premiers ballons face à Noah Cadiou qui alerte avec justesse Arthur Avom sur l’aile droite. Son centre trouve un certain Pablo Pagis qui vient couper devant Brice Samba pour le KO (77′, 0-2) !

Rennes ne s’en relève pas et malgré une tentative de Quentin Merlin dans le petit filet, ne trouvera aucune faille dans le filet de pêche lorientais garni de trois nouveaux points ramenés de la capitale bretonne.

Rebond attendu sur le Rocher

A l’issue de la rencontre, Habib Beye dressait le bilan : « Parfois, je dis aux jeunes de progresser, là c’est plus aux leaders de ne pas lâcher, ni accepter une situation difficile, de rester très concentrés jusqu’au bout. A moi de faire le bilan pour qu’on soit meilleurs. En seconde période, on s’est résignés.

C’est difficile face à un bloc bas, mais ça le sera toujours. On a accepté cette difficulté et on a eu de moins en moins d’impact. Et quand on montre qu’on peut se résigner comme ça, oui, il y a de l’inquiétude. »

Avant d’enchaîner et de défendre son bilan : « Depuis trois mois on était solidaires de la première à la dernière seconde. Ce soir, on ne mérite pas mieux, on n’a pas été assez constants. Après avoir appuyé en première période, on n’est pas repartis. Nous sommes dans une phase de moins bien. Ce qu’il ne faudrait pas c’est que la culture de l’instant vienne effacer ce qui a été fait depuis deux mois et demi, trois mois.

Tout de suite on va considérer que l’on est en crise parce que l’on n’a pas gagné contre Le Havre ou Lorient mais je ne pense pas. Depuis trois mois, on est l’une des meilleures équipes de Ligue 1. Là nous sommes sur deux résultats qui ne sont pas positifs pour nous mais pour autant on ne doit pas effacer ce qui a été fait et nous a permis d’être là où l’on est.

Pour l’instant, on montre nos limites aussi mais il faudra aller à Monaco avec les mêmes ambitions que celles que nous avons eu quand nous sommes allés à Lille.« 

Le message est passé, sera-t-il reçu en Principauté face à une équipe en crise totale, par un groupe qui pourrait voir Strasbourg recoller à un petit point et Lyon s’échapper ? L’ heure est en tous cas au rattrapage de points clairement gâchés en route, qu’il faudra récupérer avec quelques exploits. Cela commence samedi prochain…

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.