CPB Hand – Nationale 1 : Jérémy Laurent : « Ça finira par payer car toutes les joueuses sont investies »

Entretien avec Jérémy Laurent.
Jérémy Laurent fait le point après huit journées. @Crédit photo : JRS

Neuvièmes de leur poule (sur 12) mais à seulement deux points du podium après huit journées, les filles du CPB Hand réalisent un début de saison en demi-teinte. Jérémy Laurent, entraîneur de la Nationale 1 et responsable de la filière féminine, décrypte ce début d’exercice contrasté.

Quel a été le programme pendant la trêve ?

Déjà, avant le deuxième tour de Coupe de France contre Roz Hand’Du, il y avait eu deux semaines sans match. Les filles avaient eu une semaine de repos puis une semaine de travail. Fin décembre, elles ont pu prendre un petit peu de repos et nous avons repris l’entraînement le 5 janvier. Durant la trêve, elles avaient un programme à suivre, concocté par notre nouveau préparateur physique, Clément Repessé, pour que nous puissions reprendre directement avec le ballon et sans contrainte physique, car nous rejouons dès le 10.

C’est la petite problématique de cette trêve hivernale. Il faut réussir, malgré le contexte, à garder la motivation et la forme pour enchaîner à la reprise. Néanmoins, sur cette première partie de saison, nous pouvons souligner le travail du préparateur physique et le professionnalisme des filles car il n’y a pas eu de pépin musculaire.

Avec quatre victoires et quatre défaites, votre bilan est équilibré. Quel est ton regard sur ces huit premières journées ?

Il y a de la frustration, dans le sens où nous avons fait une préparation très exigeante, efficace et où nous n’avons pas perdu un match. En début de championnat, nous gagnons contre des belles équipes comme Rouen mais nous sommes ensuite rentrées dans une phase de doute après la défaite contre Villemomble.

La défaite était un petit peu cruelle et nous avons eu du mal à relever la tête, jusqu’au deuxième tour de Coupe de France contre l’Entente Bro Léon. Nous avons senti qu’il y a eu un vrai après-Villemomble. Il y a des matchs que nous avons gagnés mais où nous aurions pu faire mieux, et d’autres, comme à Harnes, où nous sommes passées à côté. Ça va tout de même mieux depuis le deuxième tour de Coupe de France.

« Il faut réussir à entretenir un projet qui fonctionnait mais aussi l’adapter aux nouvelles Cerclistes »

Surtout que vous êtes loin d’être distancés en championnat, avec une poule très resserrée…

Effectivement mais on se mentirait si on ne regardait pas non plus derrière nous. Je pense que nous nous sommes fixé certains objectifs qui sont encore atteignables mais il faut prioriser le maintien le plus vite possible et renouveler notre bail à ce niveau en Nationale 1. Ensuite, nous verrons jusqu’où nous pouvons aller.

On sait que nous pouvons nous appuyer sur la formation, l’engouement et l’esprit du club, et je pense que nous sommes capables de poser des problèmes à toutes les équipes du championnat mais il faut aussi considérer le contexte. Nous jouons contre des centres de formation et plusieurs équipes professionnalisées, sous-entendant avec plus d’entraînements. Dans l’esprit, nous ne sommes pas si mal classés mais nous pouvons être frustrés du classement.

Concernant le jeu et le terrain, que ressors-tu de cette première partie de saison ?

Je suis assez content que nous puissions compter sur notre intensité défensive et le combat que nous présentons chaque week-end. Nous avons une vraie efficacité sur notre défense étagée mais il faut que nous puissions restabiliser notre défense alignée. L’étagée ne nous permet pas de poser des problèmes à tout le monde. Offensivement, la difficulté principale est dans le rythme, très saccadé sur certaines périodes. C’est un point sur lequel nous avons travaillé.

L’effectif a pas mal évolué ces 18 derniers mois…

Depuis que je suis arrivé à l’été 2024, il y a eu sept arrivées et quelques départs. Il faut réussir à entretenir un projet qui fonctionnait mais aussi l’adapter aux nouvelles Cerclistes. Ce qui est rassurant, c’est que l’intégration des nouvelles se fait toujours aussi bien mais cela demande de travailler de nouvelles choses et d’appréhender de nouveaux repères. Sur le plan purement handball, il faut beaucoup de répétitions. Cependant, je n’ai aucun doute sur le fait que cela finira par payer car toutes les joueuses sont investies.

« Toutes nos équipes jeunes sont au plus haut niveau régional »

Au-delà de la priorité maintien, quelles sont tes attentes pour la deuxième partie de saison ?

J’attends que nous puissions relever la tête mais surtout reprendre confiance en nous afin de ne pas passer à côté de matchs où nous pourrions, à minima, poser des problèmes. L’objectif collectif est de garder un maximum d’exigence et de concentration. Si nous y parvenons, cela nous permettra d’atteindre nos objectifs.

Plus globalement, comment se porte la filière féminine ?

Nous sortons d’une saison dernière plus que positive. C’est le plus gros de mon travail et j’y mets autant d’importance. Il y a eu la montée de la réserve en N2. La Prénationale s’est maintenue pour sa première saison à ce niveau et notre équipe U15 Prénationale a remporté la Coupe de Bretagne régionale. Toutes nos équipes jeunes sont au plus haut niveau régional. 

Dans la projection de cette saison, l’idée est de garder une dynamique similaire, notamment pour la génération U15 de l’année passée qui compose en grande partie les U17 Nationaux cette saison. L’équipe 3, la Prénationale joue encore son maintien et s’en sort bien. En N2, nous avons une vaillante équipe, également rajeunie, et qui ne fait que progresser. Je suis persuadé qu’il y aura une deuxième partie de saison permettant d’aller chercher le maintien.

Il y a pas mal de joueuses qui jouaient en U15 l’année dernière et qui se retrouvent aujourd’hui en N2. Il faut leur laisser le temps mais elles commencent à avoir des résultats. Parmi elles, certaines joueuses ont pu tirer leur épingle du jeu, avec Sarah Kerverdo qui est venue faire un match avec la Nationale 1. La formation est et restera l’ADN du CPB et nous continuerons de travailler en ce sens.

Signature du journaliste.