Football – Ligue 1 : Le Stade Rennais sort les crocs et matte les Dogues (0-2)

Frankowski
Premier but de la saison pour Frankowski et nouvelle victoire @Crédit Photo JRS

Dans l’histoire de la Ligue 1, le Stade Rennais a rarement été à la fête du côté de la capitale du Nord. Il y eut Nicolas Fauvergue, dans les pires cauchemars bretons, bien sûr, mais surtout seulement quatre victoires en Ligue 1 en plus de 75 ans d’histoire.

Lors de la dernière en 2018, seul Benjamin André était déjà présent mais côté rennais. Autant dire que la tâche s’annonçait rude pour attaquer 2026 et que Rennes a frappé un grand coup !

Du côté d’Olivier Létang, Sylvain Armand et Bruno Genesio, trois anciens rennais, l’analyse pouvait se résumer en ce samedi soir à un « Tout le monde nous en veut, ça n’arrive qu’à nous et l’arbitre a faussé le match », le tout accompagné, images à l’appui, d’une attitude plus que limite à la mi-temps.

Pas vraiment une première pour ces acteurs majeurs du foot, qui au lieu de constater la grossière erreur de leur joueur Alexsandro, coupable d’une faute aussi évitable qu’impardonnable et logiquement sanctionné d’un rouge, préférait tout mettre sur le dos d’un arbitre ne s’était en rien trompé.

Rennes patient et efficace

Car oui, Lille aura joué plus d’une heure et quart à dix, mais ne peut s’en vouloir qu’à lui-même, bien plus qu’à la décision logique de M.Wattellier. Lens, à 10 contre 11 plus de 90 minutes au Roazhon Park, avait prouvé que l’on peut aussi lutter, en faisant mieux que résister et frôlant la victoire.

Ce n’était pas non plus le même Stade Rennais, il est vrai. Celui-ci va bien, très bien et la gifle reçue à Paris en décembre n’a rien changé à la très bonne dynamique des Bretons. Sept victoires sur ses huit derniers matchs toutes compétitions confondues, la confiance est là et les points s’empilent dans le panier d’Habib Beye depuis le 2-2 ramené de Toulouse début novembre.

Dans son match, le Stade Rennais n’a une nouvelle fois pas épaté la galerie ou brillé de mille feux, loin de là. Mais il n’a jamais ou presque été mis en danger. Un seul oubli de Alidu Seidu, de retour dans le onze de départ, aurait pu coûter très cher à la 38′ lorsque Matias Fernandez-Pardo s’en alla défier Brice Samba, vainqueur décisif de son seul duel du match.

Avant cela, bien qu’en supériorité numérique, les Rennais n’avaient pas trouvé la faille, se montrant trop imprécis dans le dernier geste et manquant de tranchant dans la dernière passe. En illustration la reprise au-dessus de Quentin Merlin, pourtant en position idéale aux seize mètres (36′).

Le match tué en dix minutes chrono

Après le repos, les Bretilliens vont rapidement se détacher et faire valoir leur supériorité numérique. Offensifs, ils appuient et ouvrent le score sur leur premier tir cadré. Lilian Brassier déborde et centre au second poteau de Przemyslaw Frankowski, qui marque d’une jolie tête piquée. L’ancien lensois chambre un peu son ancien public « rival » et inscrit au passage son premier but « Made in Breizh » (48′).

Dix petites minutes plus tard, c’est une autre première pour l’une des recrues phares de l’été, avec Quentin Merlin, placé à point nommé sur une remise parfait en pivot de Breel Embolo. Le break est fait et Rennes peut respirer (0-2) !

Pas trop tout de même, au vu du passé breton cette saison avec plusieurs avantages de deux buts galvaudés à l’extérieur. Mais cette équipe a changé, ne fait plus les mêmes erreurs et surtout, a gagné en maitrise et en sérénité. Jérémy Jaquet, colossal tout au long du match, le prouve match après match, en s’imposant comme patron de la défense, malgré quelques petites approximations encore à gommer, tandis que le tandem Valentin Rongier- Mahdi Camara abat un travail monstre au milieu.

Trente points à mi-parcours et le podium en vue ?

Résultat ? Pas ou très peu de frayeurs jusqu’au bout et une victoire de plus, chez un concurrent direct affirmé néanmoins neutralisé en ce début d’année. Rennes en profite ainsi pour revenir à deux petits points du LOSC, 4ème et pour afficher avec 30 points un bilan positif, une situation très loin d’être imaginable il y a deux mois de cela.

Alors que Le Havre et Lorient visiteront le Roazhon Park lors des deux prochaines journées, le Stade Rennais tient là une occasion unique de se rapprocher voire de monter sur un podium n’ayant jamais été si proche. De quoi fêter comme il se doit le passage à la nouvelle année et déjà, de mettre en place la résolution de ne pas gâcher la belle dynamique actuelle. L’avenir européen du Stade Rennais, et par la même de son entraîneur, en fin de contrat en juin prochain et soumis à une qualification pour être prolongé, s’écrit déjà maintenant.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.