REC Rugby – Nationale : Yannick Foigne, le massif central du pack

Portrait de Yannick Foigne.
Yannick Foigne, pilier gauche du REC Rugby. @Crédit photo : JRS

Arrivé au REC Rugby à l’été 2023, le pilier gauche Yannick Foigne s’est depuis fait une place de choix dans l’effectif de Kévin Courties. Titulaire lors du titre de N2 contre Niort, le joueur de 25 ans a gravi les étapes une à une. En attendant de retrouver un jour son Auvergne, le discret (en apparence) première ligne a trouvé en Bretagne le projet lui correspondant le mieux.

Si la Bretagne offre des paysages extraordinaires de fronts de mer, notamment, elle rivalise bien plus difficilement avec son homologue auvergnat question altitude et hauteur. Un cadre de vie dans lequel reviendra forcément un jour Yannick Foigne, fidèle à ses racines : « Je rêve simplement d’avoir un métier qui me plaît, ma maison au milieu des volcans en Auvergne et de profiter de ma famille ».

De nature « plutôt timide » et donc loin d’être doté d’un tempérament volcanique, attention tout de même à ne pas trop chatouiller le pilier gauche en avant-match, son double passeport brodé de l’Hermine ayant bien été validé : « Nous avons un rituel collectif avec des chants bretons dans le vestiaire. C’est quelque chose que j’aime beaucoup et s’il n’y en n’a pas, ça peut vite me saouler », poursuit-il. Des volontaires pour aller contrarier le bébé de 1,87m et 115 kilos ? Ne comptez pas sur nous pour débrancher l’enceinte…

Abel Charrier : « L’idée de force est tranquille est assez fidèle, même s’il a quand même son caractère »

Son pote de vestiaire, Abel Charrier, partage ainsi avec lui la passion commune pour la musculation, mais aussi, plus surprenant, un rituel de mots fléchés. Sur « Bubuche », surnom de notre Breton, il livre : « L’année dernière, avec Yannick et Vincent Wenger, nous avons instauré une coutume de mots fléchés entre les séances de rugby.

Yannick est un gars très sympa, bosseur, avec une personnalité assez calme et discrète, en tout cas au premier abord. Quand on le connaît un petit peu mieux et qu’il se lâche, on découvre une facette plus comique (rires). L’idée de force tranquille est assez fidèle, même s’il a quand même son caractère. On sait quand quelque chose ne lui plaît pas ».

Jusqu’ici, tout colle. Avant de trouver ses marques dans sa nouvelle terre d’adoption, Yannick Foigne a d’abord suivi les traces de son père, lui aussi joueur de rugby : « J’ai commencé à Montluçon. Ça s’est fait naturellement car mon père est un ancien joueur du club et il a évolué en D2. Très vite, le contact est devenu addictif ».

Entraîné par Philippe Marocco

Dans le club de l’Allier, il est notamment entraîné par un certain Philippe Marocco, ancien talonneur de l’équipe de France, excusez du peu ! Parti ensuite à Commentry, de ses 10 à 16 ans, puis une année dans la section sportive d’Issoire, le jeune Yannick rejoint finalement le pôle espoirs d’Ussel, en Corrèze, et évolue en parallèle avec les juniors clermontois.

Une année au pôle qui le lie définitivement avec le rugby de haut niveau : « Je ne vais pas parler de déclic, mais c’est vraiment lors de l’année au pôle que j’ai eu une prise de conscience. Le sport prend une autre dimension et c’est là que je me suis dit qu’il fallait tout donner pour en faire mon métier ».

La route est toute tracée mais aussi, comme souvent, jonchée d’embûches. Si le jeune homme se cherche encore au niveau de ses études, entre « STMG, début de STAPS, début de Bac Pro Charpente ou encore diplôme d’assistant vétérinaire », il commence à côtoyer les pros du Top14 de l’équipe clermontoise : « En plus des entraînements, j’ai fait deux préparations et une partie de ma dernière année avec l’équipe première. J’en garde forcément de très bons souvenirs. C’était presque un sommet inatteignable. J’étais un petit peu comme à Disneyland, avec des étoiles plein les yeux ».

Aide charpentier à Issoire

Mais s’il ne participe qu’à une partie de sa dernière année avec l’équipe première, c’est avant tout à cause d’une hernie aux cervicales qui le contraint à trouver un nouveau point de chute : « C’était une année un peu noire et j’ai été stoppé pendant presque un an. Ce n’était pas opérable et j’arrivais en fin de contrat espoirs. La règle a changé et j’ai finalement pu me faire opérer. J’ai ensuite été en contact avec Issoire ».

L’heure du départ sonne et il prend la direction de la Fédérale 1. Aidé par un ancien joueur du club désormais chef d’entreprise, Yannick Foigne trouve rapidement du travail dans son nouveau cocon, en tant qu’aide charpentier : « C’était une année géniale. J’ai repris le goût du rugby, des copains et je me suis vraiment éclaté dans le travail. J’ai pu profiter des paysages incroyables d’Auvergne ». On y revient, encore et toujours. Également pluriactif au REC Rugby, mais dans le ménage, il en profite pour glisser une petite annonce : « C’est difficile de trouver un poste dans la charpente mais oui, j’aimerais vraiment retourner là-dedans ».

« Nous avons dû le fêter pendant une bonne semaine »

Déterminé à savoir jusqu’où il peut aller, l’opportunité rennaise tombe donc à pic. Alors que le club réciste vient tout juste de redescendre en Nationale 2 après une première expérience au troisième échelon national, les ambitions sont claires, y retourner : « Rennes m’a rapidement appelé et nous nous sommes bien entendus. Le projet collait et j’ai pu assister à un entraînement et manger avec le staff pour poser des questions sur l’équipe ».

Dès sa deuxième saison en Bretagne, il fête le titre de champion de France de Nationale 2 et la remontée : « Nous avons dû le fêter pendant une bonne semaine et je pense que c’est mon plus beau souvenir rugbystique. Nous avions beaucoup de sérénité pendant le match et pour moi, à aucun moment, il n’était possible de le perdre ». De retour en Nationale, Yannick Foigne savoure le bon début de saison : « Jusqu’ici, tout se passe bien ». À l’image du joueur et de l’homme, simple et efficace.

Signature du journaliste.