Léa Delamare : « Je peux toujours compter sur mes coéquipières »

Combattante de l’ombre fidèle et dévouée, Léa Delamare fait partie des anciennes du Stade Rennais Rugby. Elle fait le point sur la situation actuelle et évoque ses objectifs pour l’année 2021.

Tu évolues à Rennes depuis presque quatre ans, ce qui fait de toi l’une des anciennes du groupe. Comment l’histoire a-t-elle débuté ?

Je suis arrivée ici le 1er août 2017, en provenance de Tarbes. Un membre du staff de La Rochelle m’avait repérée lors d’un match contre eux. Il m’a envoyé un message sur Messenger mais je ne savais pas qu’on pouvait recevoir des messages sans être amis. Du coup, le sien est resté dans ma boîte de réception quelque temps… (Rires) Je lui répondu qu’il était trop tard pour que je parte à La Rochelle. Finalement, nous nous sommes retrouvés tous les deux à Rennes. Quand je suis venue pour faire quelques essais, j’ai estimé que je n’avais pas le niveau pour intégrer l’équipe. Mais le staff m’a convaincue en me disant que mon profil était très intéressant. J’ai donc signé en sachant que j’aurais beaucoup de travail à fournir.

D’où t’est venu cet intérêt pour le rugby ?

Nous étions dans le Sud avec mon père. Il a été joueur puis entraîneur dans un club de rugby. J’ai commencé à pratiquer ce sport vers mes 15 ans, en minimes mixtes à l’époque. Je faisais également de la danse à côté car j’avais pour projet de devenir prof de danse. À la suite d’une blessure, j’ai réfléchi à ce que je voulais faire. Mon choix s’est porté sur le rugby pour le côté esprit d’équipe. Cela me permettait de retrouver les copines aux entraînements. Et puis on se défoule, ça fait du bien ! Même si c’est dur et physique, ça vide la tête.

« Je me remets constamment en question »

Aujourd’hui, as-tu la sensation d’avoir progressé et te sens-tu plus à l’aise sur le terrain ?

J’ai travaillé d’arrache-pied et je n’ai jamais lâché. Avec Vincent Bréhonnet, notre entraîneur, nous avons mis en place des programmes individuels pour les jours où je ne pouvais pas venir aux entraînements collectifs. J’avais besoin de travailler sur le plan technique. Aujourd’hui, je sens que je suis à ma place. Même si je fais partie des plus anciennes, je reste très dure avec moi-même. Je me remets constamment en question car je ne suis jamais satisfaite de ce que je fais. C’est pour cela que l’esprit d’équipe est très important pour moi. Je peux toujours compter sur mes coéquipières.

Parmi celles-ci, il y a les internationales. Est-ce un plus, pour toi, d’évoluer à leurs côtés ?

Oui, carrément. Cela me pousse à me mettre à leur niveau. Du moins, j’essaie. Je suis contente de jouer avec des internationales mais aussi d’en affronter. Je joue un peu dans leur ombre. Elles sont formées pour être les meilleures tout le temps. Évoluant à leurs côtés, je veux être à leur hauteur sur mon poste. Après les matches, quand des systèmes de jeu ou des combinaisons n’ont pas fonctionné, nous discutons beaucoup. Elles sont très humbles et très ouvertes. Elles nous apportent énormément avec leur expérience.

Quel regard portes-tu sur la saison ?

Nous avons fait un très bon début de saison. On a eu beaucoup de chance avec l’arrivée des joueuses canadiennes. Les internationales étaient également présentes. Malheureusement, le contexte sanitaire nous a pénalisées. Les Canadiennes sont reparties et les filles du rugby à VII ne peuvent plus s’entraîner avec nous, pour éviter une contamination potentielle. Mais je suis sûre que nous pouvons continuer sur notre lancée. Des jeunes sont arrivées pour renforcer le collectif. Il leur faut juste du temps pour se mettre au niveau techniquement.

En dehors du rugby, tu es aide-soignante. On imagine que la situation actuelle te laisse peu de répit…

Ce n’est pas toujours évident d’être partout. Je fais beaucoup de sacrifices. Je suis souvent obligée de demander à mes collègues de changer mes horaires mais elles comprennent. Je dois faire des choix. Je vais voir les coaches pour connaître les entraînements auxquels je dois impérativement participer. J’aimerais progresser davantage mais quand tu bosses à temps plein, ce n’est pas possible. C’est vrai que mes journées se ressemblent beaucoup depuis presque un an : maison, boulot, rugby.

La situation que tu évoques reflète bien le problème que l’on rencontre dans le rugby féminin aujourd’hui. As-tu pensé à travailler un peu moins pour te concentrer davantage sur l’ovalie ?

J’y ai pensé plusieurs fois, oui. Ce serait vraiment bien mais je ne peux pas me permettre de sacrifier mon travail. Quand on évolue au haut niveau, c’est compliqué de ne pas pouvoir faire tous les entraînements, sachant qu’un gros match nous attend le week-end. Depuis que je suis arrivée à Rennes, je sens que ça évolue pour notre sport. Très doucement mais ça évolue. Nous connaissons toutes les conditions, nous savons que la Fédération de rugby agit. Il faut être patient. À mon époque, il n’y avait pas de pôles ou de centres de formation. L’évolution est en marche. Je pense que tout cela servira pour les générations futures.

Que serait une fin de saison satisfaisante pour toi ?

Avoir de la réussite avec mon équipe… mais aussi finir la saison, tout simplement ! Je souhaite par ailleurs aider les nouvelles joueuses à se sentir bien au sein du Stade Rennais. Il y a beaucoup de systèmes à apprendre. Je suis un peu la maman ou la mamie de l’équipe, au choix. Je veux qu’elles aient envie de se battre pour ce maillot.

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