Prêté la saison passée avec option d’achat par le Torino, M’Baye Niang s’est imposé non sans un temps d’adaptation lors des premiers mois. Aujourd’hui buteur attendu du Stade Rennais, l’international sénégalais, qui n’a pas vraiment coupé cet été avec la CAN et une finale perdue face à l’Algérie, nourrit de grandes ambitions pour le Stade Rennais. En France mais aussi en Europe !

Quel fut le secret de ta seconde partie de saison pleinement réussie l’an passé ?

Le travail. C’est l’unique chemin quand les choses n’avancent pas forcément comme on le souhaite. J’ai beaucoup bossé en compagnie du staff technique mais aussi de Thomas, notre responsable performance. Ces efforts ont ensuite porté leurs fruits en seconde partie de saison, où tout s’est plutôt bien enchaîné pour moi et aussi pour l’équipe.

Y’avait-il un souci avec Sabri Lamouchi ?

Bien sûr que non. C’est lui qui m’a voulu et qui m’a fait venir à Rennes. Je n’étais juste pas encore prêt physiquement sous ses ordres. Je me suis remis en question et les choses se sont ensuite mieux passées pour moi. C’est un coach que j’apprécie beaucoup.

Julien Stéphan me fait penser à Allegri

L’apport de Julien Stephan a-t-il été décisif ?

J’ai vraiment le plaisir d’avoir une relation particulière avec le coach. Dès son arrivée, il m’a mis dans les meilleures dispositions, pouvant tout me dire et fonctionnant avec une franchise totale. Quand j’étais à côté de la plaque, il me l’a dit mais quand c’est bien, il le dit aussi. Il me fait penser à Massimo Allegri, que j’ai connu au Milan AC.

Massimo Allegri, rien que ça ?

Oui, il sait mettre ses joueurs dans les meilleures dispositions possibles, il a une qualité humaine exceptionnelle, au-dessus de la moyenne et sait quand il faut nous rentrer dedans ou non. Pour moi, il a tout d’un très grand entraîneur et est encore très jeune. C’est un vrai plaisir de travailler avec lui et sa vision tactique et sa lecture des matchs est au-dessus de la moyenne.

Comme décrirais-tu ta liaison de l’époque avec HBA et Ismaïla Sarr mais aussi l’ambiance générale du groupe l’an passé ?

Sincèrement, nous avons vécu une saison de fous ! Nous avons passé des moments exceptionnels, avec des hauts mais aussi de bas, mais le groupe avait une force et des ambitions collectives qui nous ont offert les résultats que l’on sait. Pour ce qui est de ma relation sur le terrain avec Isma et Hatem, elle était naturelle, comme avec les autres joueurs. Nos qualités se complétaient bien et chacun cherchait à donner le meilleur pour l’autre.

Le départ d’Ismaïla t’a-t-il touché ? Tu perds un « petit frère » ?

Je suis content pour lui, sincèrement, si le choix qu’il a fait était le meilleur à ses yeux. Il va découvrir un nouveau championnat, avec de grandes équipes et des ambiances exceptionnelles. Il n’est plus au club mais nous continuerons de nous croiser en sélection. Il reste un petit frère !

Le classement final de l’équipe en Ligue 1 demeure-t-il une déception ?

Nous n’étions pas les seuls à nourrir des ambitions, tout simplement. Le championnat de Ligue 1 est beaucoup plus relevé que certains le pensent, parmi les plus compliqués en Europe ! Sur le terrain, c’est très compliqué de gagner un match et en fin de saison. Nous aurions pu terminer un peu plus haut, autour de la sixième place mais pour autant, nous avons remporté la coupe de France et vécu un beau parcours européen. Pour moi, la saison est réussie.

Le club est vraiment au top !

Quatre mois plus tard, que gardes-tu en mémoire de la coupe de France ?

C’est un titre qui fait évidemment plaisir sur le plan personnel mais ce sont surtout l’impact et la résonnance auprès du public qui nous ont marqué ! On a la sensation d’avoir libéré les supporters d’un fardeau en gagnant enfin. La foule au Stade de France puis le lendemain, sous la pluie, à Rennes, c’était fantastique, tout simplement. Depuis, il y a vraiment quelque chose de spécial que l’on ressent au stade comme en ville.

Ce moment fort a-t-il provoqué le coup de foudre pour toi avec la Bretagne ?

Sincèrement, je me sens super bien ici. Les gens sont très gentils, accueillants et j’ai rencontré des personnes formidables, sur et en dehors des terrains. Il y a une vraie qualité de vie en ville et au club, il y a des structures ultra professionnelles comme j’en ai peu connues jusqu’ici. J’insiste vraiment sur le fait que tout est vraiment réalisé pour nous mettre dans les meilleures dispositions possibles, le club est vraiment au top !

Au point de ne pas répondre aux avances chinoises lors du mercato ?

Il y a eu une approche réelle, c’est vrai, avec des montants face auxquels n’importe quel joueur réfléchit et analyse les choses. Avec mes conseillers, nous avons regardé tout cela et j’ai fait le choix de rester ici au Stade Rennais, où une belle histoire a démarré. J’ai encore beaucoup de choses à réaliser. Je ne pouvais pas partir comme cela, même pour des sommes très importantes.

Un mot sur ton but vainqueur à Séville et plus largement, le parcours européen de l’an passé ?

Ce fut une très belle soirée, comme celle au Roazhon Park face à Arsenal. Il y a eu un engouement très fort, un public omniprésent et de la passion. Il s’est passé quelque chose dans et autour du club et indéniablement, cela nous a donné des ailes, y compris quand il nous manquait un peu d’essence en fin de championnat.

Il y eut ensuite la CAN, avec la déception d’une défaite en finale. Quel regard portes-tu sur celle-ci ?

Porter le maillot de son pays, c’est unique, c’est avant tout une fierté. Nous sommes allés jusqu’à la finale en perdant contre une belle équipe d’Algérie qui mérite son sacre. Nous n’avons pas à rougir pour autant car nous avons tout tenté pour l’emporter. Sur le plan personnel, je n’ai certes peut-être pas été aussi efficace que l’attendaient les observateurs mais dans un autre rôle, j’ai beaucoup donné pour aider l’équipe. C’est l’entraîneur qui juge et a jugé mes performances, dans un registre peut-être différent de celui auquel j’évolue habituellement.

L’absence de vacances peut-elle t’être préjudiciable ?

Sincèrement, je fais confiance au coach et au staff pour gérer tout cela et je ne doute pas de leur intelligence pour ça. Quand ça n’ira pas ou qu’il faudra souffler, il n’y aura aucun problème. L’entraînement invisible, avec la récupération et le repos est aussi primordial mais je suis en pleine forme, focalisé sur nos objectifs.

Quels sont-ils justement, individuellement et collectivement ?

J’ai pour habitude de ne pas parler de mes objectifs personnels. Pour ce qui est du collectif, nous devons garder le cap sur ce que nous réalisons depuis plusieurs mois, avec humilité et solidarité. Le début de saison a été plutôt abouti, avec des enseignements très intéressants.

Préféres-tu évoluer dans l’axe ou sur le côté gauche ?

Je joue là où le coach juge bon de me placer, peu importe. Ce qui m’importe, c’est de m’épanouir dans le projet collectif et d’apporter le maximum.

En privé, que fais-tu de tes journées, en dehors du foot ?

Je suis quelqu’un de tranquille, j’ai ma femme et ma fille avec moi et j’essaie, quand nous ne sommes pas partis en coupe d’Europe ou en déplacement en championnat, d’en profiter au maximum. La vie de famille est très importante pour toi et demande du temps. Je le prends dès que notre calendrier le permet.

Recueilli par Julien Bouguerra