En tribune présidentielle, Guy Stéphan et Franck Raviot, présents pour observer les Bleus présents sur la pelouse (Aréola, Mbappé) échangent avec Raymond Domenech, venu en voisin depuis les Côtes d’Armor. Au cœur des discussions, les Bleus et le PSG, sans doute. Le Stade Rennais ? Un peu, pour la forme… Pourtant, une heure et demie plus tard, debout en haut du « banc » des locaux, c’est un autre homme, le buste droit, le regard serein, qui attire toutes les lumières à lui, dont celle du regard d’un papa sans doute fier et épaté, une fois de plus : Julien Stéphan a frappé fort d’entrée pour démarrer 2019-2020. Lui, mais aussi certains joueurs…

Non le Stade Rennais n’a pas toujours été à la fête ce dimanche soir malgré la victoire. Conscient de la difficulté de la tâche, Julien Stéphan tempérait d’ailleurs intelligemment en zone mixte : « Ne nous voyons pas plus beaux que nous ne le sommes ». Mais quand même ! Ce PSG, dont les supporters hurlent leur envie de voir partir Neymar, qui leur fit pourtant cruellement défaut ce dimanche, n’y est plus. Quelque chose est pourtant cassé chez l’ogre de la capitale et les guerriers rennais ne comptaient pas se laisser faire. Trop bas en première période, concentrés à bien relancer mais manquant de percussion, les locaux sont prévenus par un coup de tête de Cavani sur le poteau. Premier avertissement sans frais, insuffisant à changer la physionomie de la partie. Celle-ci se traduit par une possession de balle stérile des Parisiens, peu dangereux mais dominateurs. Puis vient la punition, signée Edinson Cavani suite à une boulette du duo Da Silva-Salin avec une passe en retrait mal ajustée puis mal lue par le portier rennais (36’) ! Coup fatal ? Non ! Ces gars-là ont du ressort, de l’envie à revendre et l’enchaînement technique parfait de Mbaye Niang juste avant le repos assomme Alphonse Aréola et ses coéquipiers, pourtant peu inquiétés jusque-là.

Comme une prise de conscience, cette superbe réalisation libère les « Rouge et Noir ». Non content de réussir un nouveau match parfait, le second consécutif après celui de Montpellier une semaine plus tôt, Eduardo Camavinga délivrait un amour de centre à la 48’ pour…Romain Del Castillo, bien plus petit que Meunier mais tellement plus déterminé ! Suspendu dans les airs, son coup de tête décroisé laisse Aréola figé et impuissant, comme souvent, pour le 2-1 ! Devant au score sur ses deux vraies occasions, le club breton s’enhardit et ne recule pas comme il le fit en première période. Tranchant, le Stade Rennais a même deux énormes balles de 3-1, par Mbaye Niang d’abord puis par Jérémy Gélin, sur corner, qui trouve le poteau d’un Aréola décidément bien passif. En fin de partie, place à la souffrance, dans laquelle certains éprouvent parfois le plaisir. Celui de défendre tous ensemble, de lutter, de conserver le gain d’un match que tous donnaient perdu d’avance. Quelques cafouillages, des corners stressants mais Paris, peu inspiré, n’aura cadré que deux tirs au cours de la partie. Insuffisant pour dominer un Stade Rennais qui s’il n’est pas encore prêt et « achevé » dans la reconstruction de son effectif, engrange précieusement les points, se logeant aux côtés de Lyon et Nice sur le podium de Ligue 1. Anecdotique ? Pas si sûr !

L’homme du match. Edouardo Camavinga.

Comment ne pas en parler ? Venus constater qu’Aréola est encore loin du niveau d’un titulaire potentiel chez les Bleus et que Mbappé n’a pas lancé son championnat, Guy Stéphan et Franck Raviot n’auront pas manqué de coacher le nom du milieu de terrain rennais pour l’avenir. Proche ou lointain, cela demeure la seule inconnue mais il ne fait guère de doute que le gamin issu de Fougères va tutoyer les sommets de son art ! Impeccable dans les transmissions, d’une sérénité hallucinante pour son jeune âge, il est même devenu le plus jeune passeur de l’histoire en Ligue 1 ! Agacés d’être mis à terre par un minot, les Parisiens ont même réservé au numéro 18 rennais un traitement de faveur détestable en seconde période. Julien Stéphan demande du temps pour son jeune joueur, qu’il ne veut pas cramer. Il sera pourtant difficile de se passer d’une telle pépite dans les semaines à venir. L’homme du match, sans contestation possible !