Son quotidien ne permet pas de relâchement : ouverture de la nouvelle salle, développement du club, passe sportive difficile et vie professionnelle chargée, Stéphane Clémenceau est un président qui ne chôme pas au moment d’aborder le plus important virage de l’histoire de son club de cœur. Un moment vécu non sans une petite appréhension bien légitime à deux semaines d’affronter Istres et d’investir la Glaz Arena.

Le Jour J approche à grands pas. Dans quel êtes-vous avant d’entrer dans votre nouvelle arène ?

Ces derniers moments me rappellent un peu la sensation d’un examen qui approche. Nous avons tous du stress et même un peu le trac avant de monter sur scène, pour de bon. Nous avons déjà fait des délocalisations et cela s’était bien passé mais là, c’est notre nouveau chez « nous ». C’est aussi stressant qu’excitant.

Tout est prêt pour le grand jour ?

Oui, il y a eu un gros travail de réalisé en amont, notamment par Michel Lebreton et ses équipes. Il pourra y avoir quelques couacs, bien entendu, et j’espère que l’on sera tolérant avec nous. Il va falloir apprivoiser ce nouvel environnement mais je ne m’inquiète pas, nous sommes des fonceurs. C’est un outil absolument magnifique, opérationnel à 100 % qui met les joueurs dans des conditions idéales. A nous désormais de bien y figurer…sportivement.

Justement, ce fameux match inaugural contre Istres sera capital pour la suite de la saison. Au-delà de la première à la Glaz Arena, c’est l’enjeu sportif qui primera le 14 mars !

Il y a évidemment les impératifs du terrain et l’importance de gagner face à Istres. Nous avons quinze jours pour nous remettre la tête à l’endroit après une reprise difficile en 2019. Nous devrions pouvoir compter sur tout le monde, à l’exception de Luka Mitrovic, en convalescence. Il y a un gros travail à faire sur la confiance et nous y travaillons tous ensemble. Que ce soit en défense où nous allons essayer d’apporter de la confiance à tout le monde ou en attaque, il va falloir rebondir et retrouver l’efficacité.

« Le résultat final ne dit pas toujours tout »

Par quoi cela passe-t-il ?

Nous en avons parlé avec Christian Gaudin et David Christmann. Je pense qu’il faut revenir à des choses plus classiques dans le jeu. Christian a tenté des choses qui me paraissent trop ambitieuses en rapport à nos possibilités du moment. J’aime l’ambition mais la mission première demeure le maintien, à tout prix, et le projet dans son ensemble sur la durée passe évidemment par là. Il y a beaucoup d’échanges pour améliorer les choses.

Les deux larges défaites concédées contre Nîmes puis à Toulouse n’ont pas du plaire du tout au président que vous êtes …

Il faut regarder le score, certes, mais aussi le contenu. A Ivry, nous avons été en difficultés en première période mais nous avons réalisé une grosse seconde mi-temps avec un énorme travail défensif et un gardien décisif. Contre Nîmes, en revanche, il y a un sentiment d’impuissance, et ce presque dès les premières minutes et ça, nous ne voulons pas l’accepter. Nous avions réussi à recoller avant la pause mais ensuite, ce fut très difficile à vivre. Contre Toulouse, qui marche sur l’eau en 2019, nous sommes tombés sur un très bon gardien mais avons, de notre côté, été trop perméables en défense.  Tout n’était pas à jeter. Un handball comme dans tout sport, le résultat final ne dit pas toujours tout !

Craignez-vous que ce groupe ne soit finalement à 100% que sur les matchs face aux concurrents directs au maintien ?

Bien sûr que non ! Les joueurs sont des compétiteurs et jouent tous les matchs pour les gagner, évidemment. Maintenant, il y a aussi des écarts de niveau, c’est un fait. Chez nos joueurs, je ne suis pas inquiet, personne ne lâchera. J’ai discuté avec Sylvain Hochet, notre capitaine, qui est très clair à ce propos ! Personne n’aime perdre et encore moins par dix buts d’écart. Nous savons néanmoins que nous pouvons accrocher beaucoup d’équipes. Que ce soit face à Tremblay, Aix, Saint-Raphaël ou Dunkerque, nous ne nous interdirons sûrement pas d’aller chercher des points ! Notre projet 2019/2020 va pouvoir accélérer dès le maintien officialisé. Avec douze points, je pense que ce serait acté. Le plus vite sera le mieux.

Le travail sur la saison prochaine est déjà fortement avancé, avec quatre recrues annoncées. Y’en aura-t-il d’autres ?

Nous travaillons, bien sûr, sur les contours de la saison prochaine mais il faut avant tout valider le maintien sur le terrain. Nous avons déjà acté plusieurs arrivées mais il y en aura probablement d’autres. Concernant les départs, rien n’a été acté pour le moment, ni pour les joueurs en fin de contrat, ni pour les autres. Chacun doit prouver qu’il a sa place dans le demain des Irréductibles.

Christian Gaudin demeure-t-il à vos yeux l’homme de la situation, au-delà de cette passe de résultats difficiles depuis fin novembre ?

Oui, évidemment. Christian a signé pour trois ans, c’est quelqu’un à qui l’ambition,  qui est exigeant. Les difficultés ou la pression ne lui font pas peur. Les objectifs sont mis en place et évoluerons au fur et à mesure mais le travail au quotidien est là. Il est aussi ouvert, à l’écoute et n’hésite pas à échanger, notamment avec David. Nous avons toute confiance en lui. C’est un coach intelligent qui sait aussi s’adapter aux situations auxquelles il est confronté.

Le développement passe aussi par le terrain, afin de monter d’un cran ?

C’est toute la difficulté actuelle. Nous avons aujourd’hui bon nombre de projets engagés sur le plan administratif, dans la communication, le commerce, l’image du club, les partenariats. Tout cela avance, étape par étape mais l’accélération des choses dépend aussi du maintien sportif de l’équipe. Après, cela reste du sport, avec son lot d’incertitudes. Si descendre ne serait pas une catastrophe pour le développement de notre projet, ce serait un sérieux coup de frein dont on se passerait volontiers. Aujourd’hui, tout le monde a ma confiance. Nous allons nous sortir de notre mauvaise passe de résultats en travaillant dur.  Le groupe est plus qualitatif que l’an passé et va répondre présent très bientôt, je n’ai aucun doute là-dessus. Je crois en eux.

Recueilli par Julien Bouguerra