Elles n’ont perdu qu’un seul match cette saison et écrasent régulièrement toutes celles qui se mettent sur leur route par près de dix buts d’écart. Les filles du Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball étaient attendues au tournant par le microcosme du sport rennais mais aussi par leur coach, Olivier Mantès, forcément échaudé par la descente en juin dernier. Au moment de l’emballage final, pas question de relâcher l’exigence et l’investissement quotidien pour l’ancien joueur du CRMHB.  

Vous étiez attendues cette saison au tournant, après une descente au goal-average en juin dernier. La réponse est claire et nette, avec une montée quasi actée en ce début mars. Est-ce une grande satisfaction ?

Avant toute chose, je rappelle que la montée n’est pas encore officiellement actée. Il faut encore travailler et gagner les matchs qui sont devant nous, avec le même investissement et la même implication de la part de tout le monde. Bien sûr, nous n’allons pas nous mentir, une très grande partie du chemin est faite mais il faut désormais conclure.

Au-delà de l’aspect comptable, la remontée, objectif initial en août dernier, n’a jamais fait l’ombre d’un doute cette saison. As-tu senti rapidement que les choses allaient aussi bien se dérouler ?

Sincèrement, dès la préparation, nous avons senti la mayonnaise a pris. Le groupe s’est construit et soudé rapidement avec une belle entente et l’envie de rebondir après la descente. Celles qui sont restées avaient à cœur de prendre une vraie revanche et de se prouver qu’elles méritent la D2 tandis que les nouvelles voulaient s’imposer et prendre place dans le collectif. Tout a bien fonctionné mais pour autant, il faut rester très vigilent et ce, au moindre petit détail. 

Reste l’inconnue pour ce groupe de la notion de difficulté…

Certaines filles étaient là l’an passé et savent ce que c’est… Mais oui, notre équipe n’a cette saison pas forcément eu en championnat à faire face à de vrais problèmes, à la difficulté. C’est aujourd’hui la principale zone non élucidé pour nous vis-à-vis du groupe. Comment les filles vont-elles réagir, toutes ensemble, quand nous serons dans le dur ? Il a toujours des interrogations dans un sport collectif et on sait que les fameux petits détails peuvent tout faire basculer, du bon comme du mauvais côté.

« Cette année, nous étions au purgatoire »

Est-il finalement aussi difficile de garder un groupe concentré quand les victoires s’enchaînent que lorsqu’il lutte pour se maintenir ?

Cette saison, les filles ont été irréprochables de bout en bout, sachant ce qu’elles avaient à faire. Pour nous le staff, l’objectif était de les mettre dans les meilleures dispositions physiques, mentales et tactiques, avec tous les outils dont nous pouvons disposer. Sur le terrain, nous avons eu cette chance de pouvoir travailler tactiquement, de nous imposer des exigences dans la qualité et les contenus même si ça ne remplace pas l’intensité d’un combat, d’une lutte de haute volée pour arracher un but décisif en fin de match. 

Cette année en Nationale Une, que vous avez survolé, s’apparente tout de même à une vraie punition. Est-ce aussi ton avis ?

Cela reste du sport mais oui, en quelque sorte, cette année, nous étions au purgatoire. De toute façon, les choses étaient claires, de la direction aux joueuses : nous ne pouvions pas maintenir notre modèle de fonctionnement deux ans de suite à ce niveau-là, il fallait donc faire le boulot et reprendre l’histoire là où nous l’avions laissé en juin dernier. C’est l’an prochain que nous verrons si nous avons grandi.

A titre personnel, es-tu parvenu justement à passer à autre chose ?

Il le faut, la compétition l’exige. Maintenant, avec le recul, je suis convaincu qu’au complet, nous aurions peut-être réussi à obtenir quelques points de plus permettant d’éviter la descente. Nous avions fait six mois sans pivot, avec les blessures d’Alice Barrès et Anne-Gaëlle Chevallier. Leur retour aux affaires à un niveau très intéressant à fait du bien à toute l’équipe. Avec un effectif complet, nous aurions peut-être eu plus d’armes pour nous maintenir. 

Sur le plan du jeu, quelles sont tes satisfactions cette saison ?

Clairement, notre assise défensive reste un vrai motif de satisfaction. Les filles sont sérieuses et ont mis les ingrédients pour dominer leur sujet, s’imposant aussi une exigence dans le contenu des matchs, même si tout ne fut pas toujours parfait. Les filles sont conscientes que le collectif est un cran au-dessus mais pour autant, leur objectif reste de se confronter aux meilleures et de jouer des matchs plus accrochés. Sur le plan des individualités, je suis très satisfait de Claire Sheid dans le jeu défensif, qui nous a beaucoup apporté. Chez les jeunes, Klervi Bergot, Mathilde Mélique ou Laura Villeger ont aussi beaucoup apporté lorsque l’on a fait appel à elles. C’est une saison vraiment encourageante et prometteuse pour la suite, un groupe a pris forme et mûrit de match en match.

Avec la direction, le cap est d’ores et déjà sur la D2 et la saison prochaine ?

Je le répète, validons officiellement la remontée avant de parler de la saison prochaine. Bien sûr il faudra renforcer le groupe si nous montons à l’étage supérieur mais je compte m’appuyer sur la grande majorité du groupe actuel, qui donne satisfaction et a envie de poursuivre l’aventure à l’étage du dessus. Dans cette saison, un groupe est né et me prouve par son sérieux chaque jour son envie de continuer sa progression. 

Sur le plan personnel qu’as-tu appris de cette saison ?

Sincèrement, ce fut un peu compliqué par moment de trouver cette adrénaline qui nous fait tous courir. Les matchs au couteau me manquent. Je préfère perdre un match sur deux mais connaître l’intensité d’un money-time, ce combat pour la victoire. Nous faisons du sport de haut niveau pour nous confronter aux meilleurs, batailler. C’est le revers de la médaille à une domination comme celle que nous avons affiché cette saison. 

Recueilli par Julien Bouguerra