Capitaine cette saison d’une équipe épatante, Gaëtan Béraud vit une troisième saison au REC épanouissante et ouvrant un avenir collectif comme personnel des plus prometteurs. Si le maintien est dorénavant acté mathématiquement, le troisième ligne rennais n’entend pas pour autant relâcher la pression avant un printemps qui s’annonce passionnant.

Sixième en ce début de phase retour, le REC déjoue les pronostics. Qui l’eut cru ? 

Nous ! Sincèrement, dès la préparation cet été et nos premières rencontres, nous nous sommes parlé entre joueurs et savions qu’une fois les changements entre la Fédérale 2 et la Une assimilés, nous aurions notre mot à dire. Cela se concrétise aujourd’hui mais ce n’est qu’un début et il va falloir redoubler de travail et de concentration.

Le maintien est acquis à tes yeux ?

Avant le match à Langon, j’ai dit aux gars qu’une victoire validerait définitivement tout le travail effectué lors de la poule aller. Nous avons gagné quatre fois à l’extérieur et ramené des points de bonus de chaque défaite. Maintenant que le maintien est assuré, à mes yeux, sur le plan mathématique, nous avons encore faim et il s’agit de lutter pour une place en play-offs. 

Comment expliquer une situation aussi favorable ?

Sincèrement, il n’y a pas de secret mais tout simplement une superbe ambiance dans le groupe. Humainement, il y a de vraies amitiés, un vrai groupe et cela se ressent ensuite sur le terrain. Cet été, il y a eu une quinzaine de mouvements, ce n’est pas rien, et les dirigeants ne se sont vraiment pas plantés en mettant l’homme au centre de tout, à même niveau comme la technique ou la compétence d’un joueur. 

Chez vous, pas de places pour les mercenaires que l’on peut trouver à ce niveau ?

Il n’y en a pas un seul chez nous, c’est clair ! Nous avons mis le temps pour prendre le tempo de la Fédérale une, faire les erreurs qu’il fallait faire pour apprendre puis, peu à peu, régler les détails permettant de progresser, d’augmenter notre qualité et notre concentration. Nous travaillons dur aux entraînements, les contenus sont adaptés et qualitatifs et le groupe progresse, sans oublier que nous nous connaissons tous de mieux en mieux. Pas mal de joueurs de la montée sont partis mais l’état d’esprit, lui, est resté et a été adopté de tous !

« Faire tomber Rouen, le derby, les play-offs… »

Un vestiaire uni, c’est donc ça, la clé !

Comme dans tout sport-co, oui. A titre d’exemple, nous avons monté une association avec les joueurs, qui s’appelle le XV Breizh. Avec, nous faisons beaucoup de choses ensemble : l’idée est de récolter des fonds pour s’offrir voyage entre joueurs en fin de saison, ce avec les gains de la caisse noire, mais aussi avec les ventes d’un calendrier que nous avons réalisé chez nos partenaires.

Dans votre plus simple appareil ?

Non, justement, nous voulions sortir du cliché du rugbyman qui pose nu. Nous sommes allés à la rencontre de certains de nos partenaires et avons posé en situation selon les activités de chacun. L’idée était d’aller à la rencontre de ces gens qui nous accompagnent toute l’année, de les connaître un peu mieux, eux et leur univers. Il y a aussi une cuvée de vin en cours, beaucoup d’idées se mettent en place et cette « asso » soude encore un peu plus les liens entre anciens mais aussi nouveaux, qui ont immédiatement adhéré à l’idée.

Revenons au terrain. L’objectif, désormais est une place dans le top 6 à court terme. Mais ensuite ?

Nous sommes dans un projet global, où l’on voit bien le club avancer étape par étape. Que ce soit au niveau de nos dirigeants, avec un président qui on le sait, accompagne parfaitement la progression du club et des joueurs ou au niveau des partenaires, qui sont désormais accueillis dans une structure dédiée à cet effet, on avance ! Sur le terrain, on peut ainsi jouer libérer et savoir que l’on aura du solide autour de nous. Sportivement, il y a de beaux challenges en cette fin d’année. Pourquoi ne pas être les premiers à faire tomber le leader Rouen ? Le derby retour à Nantes, mais surtout, aller chercher une « qualif’ », goûter aux play-offs de ce niveau-là, avant d’y revenir peut-être dès l’an prochain avec l’expérience et avant-goût dès cette année. 

Sur le plan personnel, comment juges-tu ta saison et notamment, ton rôle de capitaine ?

Ce rôle, je l’avais déjà plus ou moins l’an passé, sans pour autant avoir le brassard, comme Lilian l’a toujours cette année dans le vestiaire. Nous nous complétons tous les deux, lui est plus meneur d’homme, leader mental tandis que je suis peut-être un plus porté sur la tactique, la stratégie. Au final, nous sommes très complémentaire et peu importe qui est capitaine. Ce n’est pas le brassard qui fait de l’un ou l’autre un leader plus ou moins écouté. Nous essayons d’assumer du mieux possible notre rôle, chacun à notre matière. C’est en tous cas une vraie reconnaissance de la part du staff de nous confier ce rôle et nous essayons de leur rendre du mieux possible. Pour ce qui est du jeu, je suis très heureux d’avoir eu beaucoup de temps de jeu et de ressentir la confiance des coaches. Le groupe est très fourni et l’état d’esprit au moment des rotations est excellent. Nos bons résultats découlent aussi de ça. 

Comment vois-tu ton avenir au REC ?
J’ai achevé mes études en agronomie l’an passé et débuté dans une structure où je ne suis plus aujourd’hui car elle a cessé son activité. Ce travail m’a énormément plu. Côté rugby, je suis en fin de contrat. J’aimerais poursuivre ici, il y a des volontés communes et nous devons discuter prochainement. J’étais auparavant sur le double projet mais si je suis prolongé, je passerais alors à temps plein sur le rugby, ce qui serait une première expérience en tant que telle. Pour autant, j’espère garder le contact avec le domaine d’agronomie, qui me plaît beaucoup, afin de ne pas être pris au dépourvu le joueur où il n’y aura plus le rugby. On ne choisit pas toujours sa sortie et je veux rester au contact, de près ou de loin, avec le monde du travail. 

Recueilli par Julien Bouguerra