Il est l’un des deux « rescapés » de la terrible saison passée, où le Rennes Volley 35 sauva sa place dans l’élite sur le terrain à l’issue des playdowns, après avoir vécu une vraie saison galère. Gildas Prévert, 22 ans, savoure aujourd’hui le renouveau rennais et la fierté de porter ses couleurs rennaises et bretonnes sur le toit du volley hexagonal. 

Comment se fait-il que tu sois toujours là, quand la quasi-intégralité de l’effectif de l’an passé a été renouvelée cet été ?

Les choses ont été le fruit d’une volonté réciproque. Le club et le coach souhaitaient me conserver et pour ma part, je voulais rester. Il y a eu un intérêt de la part de Poitiers mais je n’y ai pas prêté attention. Je suis toujours étudiant ici, en deuxième année d’ergothérapie et je me sens très bien à Rennes. Il n’a jamais été question pour moi de partir.

La suite des événements ne peut que te donner raison. Vous marchez sur la Ligue A de manière impressionnante et tout semble avoir changé. Heureux de ce choix ?

Je suis surtout heureux d’être ici à Rennes et de voir l’équipe en tête du championnat. Pour moi, qui suis natif d’ici, c’est quelque chose fort forcément, même si pour le moment, nous n’avons encore rien gagné, tout reste à faire. C’est aussi le charme et le souci avec cette formule de championnat…

« Avec un tel groupe, on apprend forcément plus vite ! »

C’est-à-dire ?

Nous souhaitons bien entendu rester en tête du championnat, nous sommes des compétiteurs, avec l’envie de gagner chaque match mais on sait aussi que tout se jouera au printemps, lors des play-offs. Etre dans les premiers nous permettra juste d’être en ballotage favorable en vue du tableau final mais il restera tout à faire. C’est aussi la particularité de notre championnat.

L’an passé, vous n’étiez pas vraiment à pareille fête. Comment expliques-tu un tel changement en quelques mois ?

L’équipe a totalement changé, c’est un fait. Les dirigeants ont pris le pari de constituer un six très fort et d’y ajouter des jeunes prometteurs, plein d’envies. Pour le moment, cela fonctionne. Valentin, Paul, Pierre, Julien et les autres sont autant de garçons qui bousculent les titulaires toute la semaine aux entraînements, il y a une vraie émulation et une saine concurrence. 

Tu sembles avoir pris ta place dans la rotation. Sur quels domaines as-tu le plus progressé ?

J’ai beaucoup travaillé sur le service, sur la qualité au block. Néanmoins, j’ai encore des progrès à réaliser sur l’attaque et j’essaie d’améliorer cela tous les jours. Avec un groupe aussi expérimenté et généreux en conseil, on apprend forcément plus vite. La saison passée, c’était aussi le cas mais la pression du résultat pour sortir de notre mauvaise place au classement ne permettait peut-être pas d’effectuer autant de travail la semaine, notamment dans le perfectionnement. 

Quelle est ta relation avec le coach ? Le fait d’être là depuis trois ans t’offre-t-il un dialogue plus profond ?

Sincèrement, pas plus qu’un autre joueur. Il est proche de nous et nous donne beaucoup de conseils, d’indications pour avancer. Les joueurs également, notamment Gustavo Delgado qui m’aide beaucoup au quotidien. C’est une vraie chance pour nous les jeunes d’avoir de tels joueurs autour de nous. Après, pour ce qui est du coach, je n’oublierai jamais que c’est lui qui m’a offert ma chance d’évoluer avec les pros. 

Qui sont les joueurs dans l’effectif actuel qui t’impressionnent le plus ?

Franchement, quand nous sommes au complet, nous avons une vraie belle équipe. Miguel Tavares était le meilleur passeur du championnat l’an passé à Tourcoing, sa qualité est impressionnante. Bram Van Den Dries avait amené Toulouse en finale du championnat il y a deux ans. Quand il est en forme, il est très difficile à arrêter. J’apprends d’eux mais aussi des autres joueurs de l’effectif. Vraiment, c’est un plaisir et une chance d’être dans ce groupe.

Finalement, qu’est ce qui n’a pas fonctionné la saison passée ?

Nous avions un groupe de qualité, sincèrement, nous l’avons vu à plusieurs reprises, avec des matchs où nous réussissions à tenir la dragée haute à beaucoup d’équipes mais il manquait la constance d’un match à l’autre, et même au cours d’un match. Nous n’avons pas réussi à enchaîner de série et ce fut compliqué de semaine en semaine. Cependant, nous n’avons pas lâché et les garçons d’expérience présents ont permis de continuer à s’accrocher et finalement, d’accrocher sportivement le maintien, objectif annoncé du club en début de saison.

« C’est un bonheur de jouer pour ma ville »

Paradoxalement, lors de la venue l’an passé de Laurent Tillie à Rennes avec le staff des Bleus, ton nom avait été évoqué comme possible pour l’avenir de l’équipe de France. C’est flatteur mais peut-être encore un peu prématuré ?

Je ne me prends pas la tête avec ça, je suis avant tout concentré sur mon jeu. Sincèrement, je me focalise sur le travail, le championnat. Si un jour, par bonheur, j’avais l’honneur de porter le maillot bleu, ce serait énorme. C’est un rêve, tout simplement, qui n’est réalisable qu’avec la répétition de grosses performances et un travail de tous les jours. Il faut se fixer des objectifs, toujours plus élevés pour progresser. Celui-ci, même très compliqué à atteindre, peut en devenir un. Nous travaillons tous pour aller au plus haut. 

Ton histoire rennaise semble donc s’écrire parfaitement. Le volley brétillien, c’est ton truc depuis toujours ?

J’ai commencé à jouer à Pipriac, dont je suis originaire. Je suis issu d’une famille très volley, avec ma sœur qui joue, tout comme mon parrain. J’y suis venu naturellement vers 7 ou 8 ans et j’y suis encore. Je suis au REC depuis trois ans, en contrat stagiaire pro après avoir fait deux ans à Montpellier au pôle France où j’ai connu des blessures au genou. Auparavant, j’étais passé deux ans par le pole à Dinard, où j’ai connu pas mal de joueurs dont Julien Bernard, avec qui j’évolue cette année. Aujourd’hui, je suis en pleine possession de mes moyens et c’est un bonheur, vraiment, de jouer pour ma ville.

En dehors du volley, tu es plutôt un garçon tranquille ou aimant la fête ?

J’aime les deux, même si je sais qu’être volleyeur implique une bonne hygiène de vie et du sérieux. J’aime le foot et le basket et je regarde pas mal de matchs, que ce soit du Stade Rennais ou de NBA. J’aime être à la maison, tranquille, voir mes potes de FAC mais aussi sortir avec les collègues de l’équipe. Nous mangeons souvent ensemble, que ce soit après les matches ou après les entraînements. Notre groupe vit très bien et s’est fait rapidement, ce qui, forcément, aide beaucoup en compétition !

Un dernier mot sur Jacky, votre speaker. Il affiche ta ville, Pipriac, à chaque service. Ça doit faire chaud au cœur non ? 

Sincèrement, je n’entends pas toujours mais je sais qu’il le fait, oui. Nous, nous sommes dans notre bulle pendant le match, on entend le bruit de la salle les encouragements mais on ne dicerne pas les mots. Ce qui est sûr, c’est qu’il est là et qu’on l’entend, et les adversaires aussi ! C’est un vrai plus pour nous, je sais que certains en face demande parfois aux arbitres de lui faire baisser un peu le son (rires) ! Mais je pense qu’il est parmi les meilleurs de notre championnat dans son domaine et c’est un plus pour nous, c’est certain ! 

Recueilli par Julien Bouguerra