Avec son ami de longue date Bastien Demeuré, coach adjoint, ils ont quasiment l’âge à eux deux de leur coach, Pascal Thibaud. Atypique, ce trio-là fonctionne parfaitement et mène avec succès l’URB dans son projet reconquête avec passion et précision. 

Le basket, riche de ses appuis, ses changements de rythme, des gabarits XXL et bien entendu, des contacts en altitude, parfois violents, nécessite la plus grande précaution des joueurs… mais aussi des staffs les préparant à longueur d’année. Ce travail, c’est la vocation de Pierre Golvan, 22 ans, à l’URB depuis trois ans, préparateur physique de l’équipe de N2 et des U18. Plus qu’un travail, une révélation : « Je suis tombé dans le métier de préparateur physique un peu par hasard. Je dirais qu’il est venu à moi à la Fac, en Staps. Depuis, c’est devenu une vraie passion ». 

Celle du basket, en revanche, trouve son origine comme souvent, dans la ferveur du cocon familial. D’abord rebelle et défenseur jouant avec ses pieds au foot, Pierre est rapidement ramené à la raison par sa famille, mordue de basket : « Mes parents avaient évolué au CEP Lorient, ma mère y a joué et ma petite sœur faisait aussi du basket. A la maison, tout le monde me poussait à quitter le foot, ma mère en avait marre des vêtements sales d’après entraînements et des matches le dimanche, dans le froid. J’ai fini par céder, forcement car je voulais aussi suivre les copains plutôt partis vers les terrains de baskets. Sans regret ! ». A Montfort, il intègre les catégories les unes après les autres et évolue en postes 2 et 3, où sa vivacité et son adresse au tir lui permettent de s’éclater. Pas suffisamment cependant pour envisager de poursuivre en senior : « J’ai eu mon BAC S et je me suis orienté vers des études en STAPS. Sur le terrain, je ne m’éclatais plus et j’ai décidé d’arrêter. Rapidement, j’ai été attiré par le banc, le coaching et lors de mes études, la préparation physique est devenu une vraie source d’intérêt puis de passion. J’ai adoré me pencher sur ce domaine et l’approfondir ». 

Pour valider les acquis des amphithéâtres,  le monfortais doit trouver un stage lors de sa seconde année. Des relations communes permettent d’atteindre Pascal Thibaud, qui accepte de voir Pierre rejoindre la structure. Au départ, il observe et s’imprègne du travail réalisé en U18 et avec l’équipe fanion, alors en Nationale Une (2016). Au fil des semaines, il prend place dans l’organigramme et se rapproche du regretté Jean-Michel Reiller, préparateur physique en charge de l’équipe première à l’époque : « Il m’a pris sous son aile et il m’a beaucoup appris. Je l’ai observé et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Lors de la troisième année de STAPS, où j’ai prolongé mon expérience avec l’URB, lui s’occupait de la partie musculation et moi de la réathlétisation des joueurs qui revenaient de blessure ou en méforme. C’était mon mentor, il m’a transmis le gout de la préparation physique au haut niveau, de l’écoute des joueurs et de leurs besoins ». Son décès brutal fin mai 2017 plonge le club et ses sympathisants dans la douleur et conduit Pascal Thibaud à proposer au jeune Pierre un véritable défi : « J’arrivais au bout de mes trois ans d’études. Je pouvais continuer encore avec un Master, afin d’approfondir encore mes connaissances mais j’avais envie de continuer avec l’URB, d’être sur le terrain. Pascal m’a proposé de prendre la suite de Jean-Michel, avec qui j’avais passé beaucoup de temps et dont les méthodes m’étaient désormais familières. Par le biais d’un contrat civique, j’ai accepté et eu à charge la préparation physique de la N2 et des 18 ans, tout en participant activement au projet URB dans la cité ».

Au fil des semaines, en consultation permanente avec son pote Bastien et le coach Pascal Thibaud, il échange, travaille et développe au mieux ses inspirations. Son rôle ? Adapter les charges et besoin de travail à chacun. De la récupération, du travail spécifique, une écoute un peu plus informelle quand le besoin s’en fait ressentir, son rôle est capital dans le bon déroulement des entraînements et matches de l’URB et lui impose sa patte, sans jamais être desservi par son jeune âge : « C’est amusant, j’ai été coaché, en jeune, par Louis Trohel, à l’époque où il entraînait à Montfort. Je peux aujourd’hui me venger ! ».

Après une première année convaincante l’an passé, il est reconduit cette année, par le biais d’un nouveau contrat « parcours emploi-compétences ». Très curieux et désireux de se perfectionner, il passe par la même occasion ses diplômes, afin de pouvoir être lui-même coach jusqu’en N3 et assistant en N2, tout en dispensant ses précautions et préceptes au-delà de Rennes. En effet, sur le rare temps libre laissé par sa fonction, le jeune homme apporte sa préparation physique à l’équipe séniors masculine de Montfort (Pré-Nationale) depuis cette saison et assiste Clarisse Mercier à la tête des féminines (Pré-Nationale) depuis l’an passé déjà. Une vie basket réglée au gré des rencontres à remporter, avec dans un coin de la tête, plusieurs chemins possibles dans quelques mois : « J’aimerais bien sûr poursuivre ce que nous mettons en place à l’URB avec Pascal et Bastien. Les résultats viennent petit à petit, c’est un travail sur la durée, qui demande du temps et nous avons la chance d’en disposer pour construire un vrai projet. Si on veut toujours de moi, j’espère poursuivre. En cas contraire, je ne suis pas contre approfondir et replonger dans les études, je suis encore jeune ou pourquoi pas, prendre le banc d’une équipe si le projet est enrichissant et passionnant à construire. L’exigence que nous transmets Pascal est un vrai accélérateur pour quiconque travaille à ses côtés et je n’ai pas envie de m’arrêter en chemin. Il y a beaucoup de belles choses à faire dans ce rôle et j’ai encore beaucoup à apprendre ».

Avant de se pencher sur son avenir, le préparateur rennais aura à cœur de veiller à récupérer ses joueurs en bon état après les fêtes, avec l’arrivée de mois charnière dans la saison : « On le sait, avec le froid, la coupure des fêtes, cette période n’est jamais la plus simple à gérer. Mais avec de petits conseils, un suivi encore plus pointu et une attention de tout le monde, cela ne m’angoisse pas plus que cela. Nous avons un groupe sain avec de très bons joueurs, je suis certain que nous avons les moyens de faire une belle phase retour, avec des déplacements moins long qu’à l’aller ». Pour ce faire, les joueurs du président Olivier Perez le savent : ils peuvent compter sur un staff de haut vol. A l’URB, sur le terrain comme en dehors, la compétence n’a jamais attendu le poids des années. 

Julien Bouguerra