Au cœur d’une formation au début de saison plutôt encourageant, Philippe Gautier, pur produit du PA Rennes est devenu un titulaire incontournable du cinq majeur de Pascal Thibaud cette saison. Plus adroit au shoot, investi avec réussite de responsabilités sur le terrain, il assume et nourrit de belles ambitions et entend bien confirmer le bel élan pris la saison passée pour viser plus haut. 

Etre l’un des anciens de l’équipe en étant encore jeune (23ans), voilà un sacré paradoxe ! 

C’est vrai, cela fait désormais un bail que je suis ici. Je suis né à Rennes et j’ai toujours vécu ici. L’URB, c’est mon club ! En jeune, je suis d’abord passé par les Cadets de Bretagne puis j’ai rejoint à l’adolescence le PA Rennes. Déjà à l’époque, je jouais contre Lucas Fontaine et Joffrey Sclear, qui jouaient à Mordelles et Dinard. 

Qui gagnait ? 

Je ne gagnais jamais contre « Joff », jamais ! Lucas, en revanche, je gagnais contre lui mais il n’y était pas pour grand-chose ! Il a un an de moins, on se croisait une saisons sur deux. 

Le fait de vous êtes croisés jeunes et de jouer ensemble désormais vous donne-t-il un vrai plus ?

Oui. Geoffrey je jouais avec lui en sélection d’Ille et Vilaine puis à partir des séniors, nous avons joué ensemble. Lucas, j’ai moins joué contre lui mais tout minimes et cadets, nous étions ensemble en club, au Rennes PA. Il est certain que notre histoire commune nous permet aujourd’hui de nous comprendre très rapidement sur le terrain. 

Comment se sont déroulés tes premiers pas à l’URB ?

Nous avons commencé les entraînements avec le groupe senior en 2011, l’année où Pascal est arrivé. Nous venions de monter en nationale 2. Pendant cette saison-là, j’ai eu la chance, entre guillemets, de profiter des blessures des titulaires de l’équipe une. J’ai joué pile la moitié des matches de la saison, j’avais 16 ans. Nous avons vécu notre première montée en Nationale 1. J’ai eu cette expérience-là.

Ensuite ce fut plus compliqué ?

Nous avons continué sur ce schéma, avec une présence et beaucoup d’expérience accumulée aux entraînements et la possibilité de profiter des matches dès que nécessaire en équipe Une. Il y avait un bon groupe mais j’ai à mon tour connu une blessure, pendant trois mois. Nous sommes redescendus de N1 en N2 une première fois avant de nous stabiliser trois ans en N2 puis de nouveau, de remonter puis redescendre en 2017. 

La saison passée, vous êtes repartis en Nationale 2 avec un nouveau projet. Ce fut une pleine réussite, partages tu cet avis ?

Nous sommes redescendus et le club a décidé de s’appuyer sur la jeunesse. J’avais eu la chance de faire une bonne saison l’année de la montée en Nationale 1 mais l’année dernière, ce fut vraiment bien. J’ai réussi à prendre mes responsabilités, à monter d’un cran comme les autres jeunes restés au club. Nous avons réalisé quelque chose de vraiment intéressant. 

On sent une équipe et un projet neuf que vous vous êtes approprié, ceux qui sont restés. Ce fut le cas ?

Il ne restait que Lucas, Joffrey et moi de la saison en N1 dans l’équipe de départ. Nous nous sommes révélés et avons assumés. Nous avons essayé de transmettre les valeurs que les ainés nous ont données, comme Kabir, Saïd. Nous n’avions pas le même statut mais pour autant, nous avons essayé de relayer les valeurs URB. Les nouveaux ont aussi apporté leur pierre à l’édifice et nous voilà repartis de l’avant.

Existe-t-il des regrets de ne pas avoir fini plus haut et d’aller chercher les play-offs ?

Sincèrement, je ne pense pas que nous étions du même niveau que les trois qui ont fini devant. Ils étaient plus forts et il y a peu de regrets. Nous aurions peut-être pu faire mieux sur certains matches mais je pense que notre place reflétait notre niveau. Moi je ne retiens que du positif de notre saison.

Comment juges-tu le début de saison actuelle ?

C’est correct. Ce n’est pas hallucinant non plus. J’aurais aimé que nous comptions une victoire de plus, contre Gravenchon par exemple. Cela reste plutôt positif dans l’ensemble, même lors de la défaite à Fougères où les choses auraient aussi pu basculer en notre faveur. Les points pris nous permettent d’être dans les temps et nous sommes dans la continuité de l’an passé. Cela donne un peu d’avance pour travailler sur les automatismes, le fond de jeu. Après le risque demeure de prendre ça pour acquis et de moins faire les efforts, notamment sur les détails. Mais pour cela, Pascal veille et ne laisse rien passer, vous pouvez compter sur lui pour ne pas nous lâcher ! 

Quelles sont vos ambitions ?

Nous voulons faire mieux que l’an passé ou au moins aussi bien ! Le but, c’est surtout de bien aborder les matches un à un, de jouer pour gagner, sans se poser de questions, en continuant de travailler. Après nous sommes tous ambitieux et bien sûr, à terme, nous avons l’envie de regoûter à la Nationale Une. Cependant, chaque chose en son temps, continuons de travailler et les résultats viendront d’eux-mêmes. 

Sur quoi as-tu progressé ou se situe tes progrès à accomplir ?

L’année dernière, j’ai franchi un palier dans le jeu offensif. Défensivement, j’ai toujours eu la confiance du coach. La base de mon jeu part de là et j’adore défendre sur les meilleurs joueurs adverses. Pour moi, le jeu commence en défense, c’est là où les équipes construisent leur succès. Je me suis d’abord appuyé sur ce domaine et ensuite, j’ai passé un cap au niveau de l’adresse et du tir à trois points. 

Comment travaille-t-on ce shoot si particulier ?

Il faut être en confiance. Si on commence à en mettre un, deux, cela s’enchaîne en match. Le tir se joue là-dessus, combiné avec le rythme. Désormais, dès que j’ai une position de tir, je sais que je vais tirer, surtout dans une bonne dynamique de confiance. L’an passé, c’était plutôt pas mal dans l’ensemble. J’essaie de continuer dans ce sens. J’essaie de m’entraîner et de faire en sorte que le maximum de shoots rentre le samedi. A domicile, c’est vrai qu’il y a aussi des repères visuels, une salle que l’on connait par cœur, qu’elle soit vide ou pleine. L’adresse, une fois que le boulot est fait en défense, c’est presque un plus.

Est-ce ton meilleur début de saison ?

Oui, je suis dans la lignée de l’année passée, où la confiance des autres me porte, m’amène beaucoup de positif. Après j’ai aussi eu des matches difficiles mais c’est le lot d’une saison.  

Tu aurais pu quitter le club cet été, pour raisons professionnelles. Pourquoi es-tu resté ?

J’ai terminé mes études et je recherchais un poste, prioritairement à Rennes. L’incertitude était là tant que je n’avais pas trouvé. Si je n’avais pas trouvé ici, je serais parti mais j’aurais sans doute arrêté le basket, tout simplement. Je suis aujourd’hui ingénieur dans une société de services en informatique, c’est tout frais. La réflexion menée, c’était basket ou pas basket. Ce sport, c’est un investissement, beaucoup de temps dévolu aux entraînements, je le fais à 100 % et il faut être dedans. Je ne fais pas les choses à moitié. 

Quel est ton objectif pour cette saison ?

Confirmer, et si je peux faire encore mieux, et l’équipe aussi, tant mieux. Nous voulons tous faire de notre mieux possible. 

Un dernier mot sur tes « potos » de dix ans, Lucas et Joffrey ?

Ils sont les meilleurs joueurs de l’équipe, sans doute même du championnat sans hésitation ! Je les trouve extraordinaires et c’est grâce à eux que je brille, sans eux je ne serais sans doute rien. Les lumières de l’URB, ce sont eux (rires) ! 

Recueilli par Julien Bouguerra