Qu’est ce qu, au final, est le plus cruel? Le football ou ses fans, à la passion débordante qui submerge régulièrement raison et bon sens ?

Au lendemain de la défaite très contrariante du Stade Rennais FC, il faut prendre un peu de hauteur et revenir à une réalité bien loin des discours et analyses alarmistes et résignées entendues hier soir autour du Roazhon Park. Non le Stade Rennais n’a pas laissé filer l’Europe hier, pas plus qu’il n’a replongé dans ses vieilles habitudes de trahir son rendez-vous avec l’ histoire dans une gamelle digne de Pierre Richard. ll a perdu un match, le premier depuis deux mois s’il vous plait ! Demandez aux Nantais à quand remontait une telle santé, vous verrez que le peuple rouge et noir n’est pas si mal loti…

Hier, le foot, dans toute sa splendeur, a sanctionné de bien ternes débats, qui ne furent pas plus réjouissants chez les autres postulants aux strapontins européens, qu’ils soit niçois, nantais ou stéphanois. Le match aurait dû être plié d’entrée mais Metz n’était pas là pour prendre une valise, plutôt pour les garnir de quelques points synonymes d’espoir. Personne n’est autant dangereux que celui qui n’a rien à perdre, bravo à eux !

Il reste cinq affiches aux « Rouge et noir » pour maintenir le cap européen. Des adversaires abordables, comme l’étaient,selon supporteurs croisés avant la rencontre, les « quiches » Lorraines. Un trait d’humour mêlé au mépris qui revient en pleine face, avec une bonne dose d’humilité en prime.

Regardons plutôt cette défaite comme une petite décharge peut-être salvatrice visant à éveiller au maximum l’attention et l’orgueil des joueurs de Lamouchi SABRI, qui doivent une revanche à leurs fans dès vendredi, même si ceux-ci, au vu de l’enfer d’où revient leur équipe cette saison (souviens toi l’hiver dernier… ), ont eu la mémoire courte en envoyant quelques sifflets hier soir…

Ne remettons pas tout en cause pour cette sortie de route, le Stade Rennais FC a changé et pris en maturité, gageons-en ! Le football n’est nullement une science exacte et tout peut arriver. Que fait-on aux joueurs du Barça mardi, humiliés à Rome alors que la qualification était acquise aux yeux de tous? Poubelle? Si cela arrive à un tel niveau, comment la Ligue 1 et nos chers « rouge et noir » pourraient être épargnés de telles surprises?

Tout reste possible pour l’Europe et le duel s’annonce âpre et génial à suivre jusqu’au bout, ce dès vendredi soir du côté de Nantes, qu’il conviendra de sortir définitivement de la course. Un match plus serré sur le papier mais peut-être plus à la portée, paradoxalement, que l’affiche d’hier soir où Rennes n’avait, pour tout le monde, que pour seule option la victoire. Avant le soporifique Montpellier-Bordeaux à venir, Rennes est toujours cinquième, non ?

Gardons l’esprit conquérant et les images d’un tifo fabuleux, d’une vraie belle ambiance en première période et l’ambition d’aller chercher un rêve pour le coup totalement inaccessible mi-octobre. Déjà entendu dans le foot : « pour savoir où l’on va, il faut déjà savoir d’où l’on vient… » Le SRFC le sait et tiendra le cap jusqu’au bout, avec ses valeurs, bien différente de l’étiquette de loser jaunie que trop de personnes encore prennent plaisir à recoller à la moindre sortie de route. N’en déplaise aux grincheux, ça, c’était avant…

J.BO