Jérémy Sauffisseau « Je ne prête plus attention au handicap »


Vice-président du club de football du Rheu, Jérémy Sauffisseau est aussi gardien de but de l’équipe de France de Ceci-Foot. Seul voyant de l’équipe, il a pour mission d’épauler ses joueurs sur et en dehors du terrain. L’aventure est détonante et rendez-vous est pris pour les prochains Jeux Paralympiques de Tokyo.

Comment êtes-vous arrivé dans le Ceci Foot ?

Ce sont les rencontres de la vie. Quand je suis parti vivre à Bordeaux, j’ai commencé à pratiquer le soccer. L’équipe de Ceci-Foot s’y entraînait également, et recherchait un gardien pour compléter son effectif. J’ai toujours eu cette sensibilité vis-à-vis du handicap, combiné au goût de la discipline, c’est pourquoi j’ai accepté de leur rendre service.

Quelles qualités faut-il avoir pour devenir gardien dans votre discipline ?

La surface de jeu du Ceci-Foot se rapproche de celle du soccer. Le terrain est divisé en trois zones : zone offensive, zone médiane, et zone défensive où je donne les ordres à mes défenseurs pour protéger au mieux les cages. Par ailleurs, j’évolue dans une petite surface de réparation, propice aux réflexes. Il faut donc avoir une bonne lecture du jeu et une adaptation rapide car on est amené à faire plusieurs choses en même temps.

Quelles relations entretenez-vous avec vos coéquipiers ?

J’adore passer du temps avec eux. Personnellement, le handicap, je ne le vois plus. Ce sont des personnes qui prônent leur normalité. Ils ont une vie sociale agréable et surtout, ils n’échangeraient leurs vies pour rien au monde. Un des footballeurs que je connais bien avait l’occasion de se faire opérer pour retrouver la vue, il a refusé.

« Notre développement passe aussi par les médias »

Vous parlez d’intégration sociale. Vos coéquipiers ont-ils une activité professionnelle hors du football ?

La plupart des joueurs sont étudiants ou jeunes diplômés. Une partie d’entre eux se dirigent vers les métiers du toucher, à savoir kinésithérapeute ou ostéopathe. Ils possèdent énormément de qualités, transposables dans beaucoup de secteurs d’activité.

Le Ceci-Foot peut-il s’inscrire dans le cahier des charges de la FFT ?

C’est notre souhait ! La communauté du Ceci-Foot prône l’association à la Fédération Française de Football. Des conventions ont été signées, c’est plutôt encourageant. La coupe du monde 2014 avait fait bonne impression et le développement passe aussi par les médias. France Télévisions s’était intéressé à la discipline pour en faire le premier match de Ceci-Foot diffusé en direct à la télévision, où j’avais pris le micro de consultant aux côtés de Patrick Montel.

Quelles sont les actions mises en place pour développer la discipline ?

Pour faire connaître la pratique, on essaye de se rapprocher un maximum des centres spécialisés afin de mettre en place des animations. Elles ont pour but de sensibiliser les jeunes et les différents publics. Par exemple, je suis intervenu il y a peu dans un collège à Romillé, il y a eu aussi un partenariat de fait avec le Stade Rennais pour la Roazhon Ball Academy. A venir, la Coupe de France de Ceci-Foot qui aura lieu le 25 et le 26 avril 2020. C’est la première fois qu’il y a une compétition comme celle-ci. On prévoit une vingtaine d’équipes, avec plusieurs stands pour rendre l’événement vivant et attractif.

Quelles sont les prochaines échéances dans le monde du Ceci-Foot ?

A court terme il y a bien évidemment les Jeux Paralympiques de Tokyo, mais aussi le championnat et la coupe de France. Enfin des tournois internationaux sont prévus en Mars à Tokyo, en juillet à Madrid… Le calendrier est bien chargé.

Recueilli par Matthieu Giboire

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