MEHDI BOUBAKAR : “POUR RÉUSSIR, IL FAUT L’ADHÉSION DU GROUPE”

Revenu à Cesson il y a un an et demi pour épauler Christian Gaudin, Mehdi Boubakar, déjà au club de 2009 à 2014, vit sa deuxième expérience dans le groupe pro cessonnais. Désormais adjoint de Sébastien Leriche, son regard sur l’évolution positive de l’équipe depuis trois mois est riche d’enseignements mais appelle aussi à ne pas oublier l’essentiel : travail et adhésion du groupe.

Après une première partie de saison mitigée, les Irréductibles ont ré-attaqué pied au plancher cette phase retour. Comment expliques-tu ces deux visages ?
Le plus important, dans les résultats comme dans le quotidien, c’est la dynamique du groupe, du club. Nous n’avons pas non plus vécu une première partie de saison où tout était à jeter. Il y a eu des défaites oui, mais aussi des victoires, des points pris, de bons moments. En défense, nous avons tout de même réalisé du bon boulot et offert une vraie base de travail à l’équipe, comme on le voit aujourd’hui à chaque sortie. Un changement est néanmoins apparu nécessaire aux yeux du groupe et des dirigeants et une évolution, c’est incontestable, a eu lieu depuis.

En quoi a-t-elle consisté ?
Pour tout entraîneur, le plus important reste d’avoir l’adhésion des joueurs, au hand encore plus lorsque l’on parle de projet offensif. Avec Christian, le problème résidait sur l’attaque, où nous n’avons pas su trouver les mots ou les systèmes pour faire adhérer le groupe. Celui-ci n’était pas épanoui et n’était plus réceptif et il a fallu apporter un nouvel élan, de nouvelles idées.

Les dirigeants ont choisi de le faire au travers de la nomination de Sébastien. As-tu vu venir ce changement ?
Sincèrement oui, même si je ne pensais pas que tout cela irait aussi vite. Après, je n’ai pas à me prononcer sur les choix, ce sont ceux du club. De mon côté, je m’attache à remplir au mieux les missions qui me sont confiées. Avec Christian, nous avons toujours été franc l’un avec l’autre
même si pas toujours d’accord. Je trouve que le club a trouvé une bonne issue pour tous à la situation.

As-tu craint pour ton poste ?
La question n’était pas mon avenir, celui de Christian ou d’un autre. L’institution doit être au-dessus de tout, joueurs comme coachs. Je suis sous contrat jusqu’en 2023 avec des prérogatives désormais élargies et je donnerai toujours tout pour le club. Quand les résultats ne sont plus là, il faut des solutions. On connaît les règles dans le sport de haut niveau et les résultats donnent aujourd’hui un sens au changement qui a été décidé.

Tes prérogatives sont-elles les mêmes aujourd’hui aux côtés de Sébastien Leriche ?
J’ai toujours le rôle d’adjoint et j’ai également eu en plus la direction du centre de formation, jusque-là occupé par Sébastien. Je travaille pour cela en collaboration avec Benoit Jambry et David Christmann au développement de nos jeunes joueurs et à la bonne saison de l’équipe en N1, à qui il manque je pense encore trois victoires pour assurer son maintien. Avec Sébastien, nous échangeons beaucoup et travaillons en binôme, avec un partage permanent des tâches mais aussi des idées et construction de jeu. L’idée est de travailler ensemble et d’avoir l’adhésion
et les idées des joueurs pour construire le projet tous ensemble.


Comment définirais-tu sa méthode ?
Je dirais qu’il met l’homme au centre de tout, avec une politique participative nécessitant l’adhésion mais aussi le plein investissement
des joueurs. C’est intéressant et cela donne pour le moment raison car les victoires sont au rendez-vous. Nous saurons aussi dire non quand les joueurs seront moins réceptifs aux propositions faites car le partage et
l’échange n’excluent pas que nous prenons les décisions in-fine. Cela reste plus simple quand le groupe aime ce qu’on lui propose et veut se dépouiller
pour son coach.

Vous voilà désormais chassés alors que vous étiez chasseurs avant Noël. Quelle position préférez-vous ?
A titre personnel, je préfère nettement être chassé car notre destin ne dépend plus que de nous. Il ne s’agit pas d’attendre le résultat de nos adversaires mais d’endosser un costume dont, je pense, nous sommes dignes, à condition de rester solidaires, impliqués et investis dans le
projet de jeu.

Un retour en Starligue est-il déjà sur toutes les lèvres ou encore tabou dans le vestiaire ? Comment le préparer et seras-tu de l’aventure ?
Nous prenons les matchs les uns après les autres, même si c’est bateau de dire cela. Pour autant, c’est vraiment avec l’envie de nous améliorer, de progresser à chaque sortie que nous travaillons quotidiennement. Evidemment, la Starligue, nous voulons y revenir. La salle, le travail réalisé par le club, tout nous porte vers cet horizon mais il reste encore beaucoup de travail. La victoire difficile obtenue contre Sélestat dans une période très positive nous montre que nous devons rester impliqués, vigilants et investis, car nous n’avons pas la marge nécessaire pour nous reposer sur le classement. Et si cela peut nous pousser vers le haut, ce n’est pas plus mal !

Recueilli par Julien Bouguerra

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