Il est l’un des fleurons de la formation rennaise, l’un de ceux qui a connu, il y a trois ans, la Fédérale 3. Aujourd’hui régulièrement dans le groupe réciste, le troisième ligne Martin Bertrand ne boude pas son plaisir et continue d’apprendre, au contact d’une division plus physique, plus rapide. Heureux et épanoui, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et nourrit de belles ambitions. 

Beaucoup d’observateurs savaient le REC capable d’offrir une belle résistance en Fédérale Une mais peu imaginaient un tel départ. En êtes-vous les premiers surpris ?

Surpris non, mais satisfaits, oui. Nous faisons de bons matches qui viennent récompenser le travail que l’on fournit au quotidien et cela depuis mi-juillet. Après, oui, il y a de la surprise sur certains résultats où nous prenons des points qui sur le papier, étaient loin d’être prévus par les observateurs. Ramener un point de Rouen, on ne s’y attendait pas forcément. Battre Trélissac, c’était fort, nous avons offert un match plein, sans rater notre entame, ce qui nous faisait défaut jusque-là.

A quoi attribues-tu ces débuts de matchs compliqués ?

C’est un manque de rigueur de notre part sur des principes généraux. On se retrouve rapidement en difficulté sur les sorties de camp, sur des coups d’envois, comme à Rouen. Pour ma part, ce fut le cas là-bas. On se met dans la panade assez rapidement sur des zones que l’on doit gérer beaucoup mieux. A ce niveau-là, chaque détail compte et surtout, coûte très cher.

La victoire face à l’un des favoris du groupe, Trélissac, est-elle le match référence ?

Oui, je pense que l’on peut le qualifier ainsi, surtout dans la manière dont nous l’avons abordé. Dans l’intensité et l’engagement, nous étions bien, dans la défense de mol aussi. Nous savions que Trélissac était fort devant, avec beaucoup d’essais inscrits sur mol. Nous avions bien travaillé là-dessus. En première période, à chaque fois que nous sommes rentrés dans les 22, nous sommes ressortis avec des points. Nous nous sommes un peu fait peur en fin de match mais nous avons joué notre rugby, sans s’adapter à l’adversaire. On a joué libéré et ça a marché.

Il y a une prise de conscience de la qualité du groupe. Quelles sont ses capacités pour cette saison ?

L’objectif principal reste le maintien du club à ce niveau-là. Les recrues nous apportent énormément de par leur expérience et leur vécu du plus haut niveau. Le fait qu’il n’y ait pas de disparités dans le groupe et que l’ambiance soit excellente fait que ça marche sur le terrain. La concurrence entre joueurs est saine et amène les uns et les autres à se dépasser, sans jalouser celui qui joue. Il y a une ambition et une envie très collective qui permet d’avancer.

Sur le plan personnel, que retiens-tu de ces trois premiers mois en Fédérale Une ?

J’ai connu la montée en Fédérale 2 puis l’arrivée de Yann et Kévin. J’ai énormément bossé, il y a beaucoup d’exigence. En F1, ça joue beaucoup plus, c’est physique avec des impacts très impressionnants. Il y a plus de jeu, on porte plus le ballon et c’est plus intéressant. A titre personnel, je suis content. J’ai pu enchaîner plusieurs matches, avec trois matchs à suivre, Dax, Suresnes et Cognac. Cela met en confiance, montre que le travail paie. Il y eut ensuite un peu de repos puis un match à Rouen. Je pense que j’ai réalisé mon meilleur match contre Cognac. J’ai beaucoup porté le ballon, j’ai aussi beaucoup défendu et malgré la défaite, sur le plan personnel, ce fut le match le plus enrichissant, même s’il faut progresser dans le domaine aérien, sur les touches défensives et offensives. Je dois continuer de travailler sur le jeu offensif, sur les détails et bien faire mon travail en défense.

Aujourd’hui, tu n’es peut-être plus le petit jeune prometteur mais un joueur de l’effectif qui a déjà une belle expérience. C’est aussi là, ton objectif ?

Aujourd’hui, la priorité est de prendre du temps de jeu, de m’imposer et de continuer à prendre autant de plaisir ainsi que de continuer à travailler dans un groupe où l’ambiance est réellement bonne. Jouer à mon âge en Fédérale Une, je ne l’aurais peut-être pas imaginé il y a quelques années. Avoir un tel groupe avec soi, cela donne vraiment envie de tout donner, de « s’envoyer ». 

Le professionnalisme est aujourd’hui une réalité du REC. Celui-ci n’a rien changé dans les rapports entre joueurs ?

Il y avait forcément des interrogations sur le fait que le groupe prenne entre les joueurs arrivant sous contrat pro et ceux n’ayant pas de contrat mais tout s’est parfaitement déroulé. Tout le monde a mis en avant les valeurs du club, avec l’envie de partager nos ambitions et objectifs, au-delà des statuts d’untel ou untel. C’est comme ça que l’on peut avancer, nous sommes une bande de potes, on sort ensemble, il y a cette complicité entre nous qui rend les choses très intéressantes. Nous sommes là pour jouer notre rugby, s’amuser et prendre du plaisir. Après, savoir combien gagne l’un ou l’autre, on s’en fout. Ce qui compte, c’est le jeu, le plaisir, les victoires.

Quelles sont les limites de ce REC version2018. Peut-on voir d’autres ambitions qu’un bon maintien ?

Nous prenons les matches les uns après les autres et on verra bien l’évolution de notre saison. Potentiellement, il est sûr que si l’on peut accumuler les victoires et qu’on se retrouve à portée des play-offs en fin de saison, ce serait juste extraordinaire. Mais nous serons peut-être aussi avec d’autres ambitions moins glorieuses donc, vraiment, nous ne nous fixons pas de limites, dans un sens comme dans l’autre. Nous prenons les matches avec appétit, en voulant nous imposer à chaque fois. Déjà nous maintenir, conserver l’envie et le jeu que l’on propose pour s’installer à ce niveau la, c’est la notre ambition.

Je dois progresser sur le jeu aérien, où j’étais défaillant à Rouen. Je dois mettre un peu plus mon individualité au service l’équipe et être toujours plus perfectionniste sur les phases offensives.