Avec deux victoires à Suresnes et contre Langon au compteur, s’ajoutant à deux points de bonus ramenés lors des cinq premières journées, les Récistes connaissent un début de saison très correct. Kévin Courties, coach de l’équipe avec Yann Moison, nous offre un premier état des lieux déjà plein de promesses.

Avec deux victoires en cinq matches et deux défaites bonifiées, le bilan est très intéressant pour le REC. Est-il bon et au-delà des espérances ?

Il est bon et dans nos espérances d’avant-saison. Nous avons une pleine confiance dans la qualité de notre effectif. Le club a gardé ses ambitions et sa détermination dans le travail. Quand les gens se donnent les moyens de réussir, on peut avoir des ambitions et du coup, il n’y a pas d’étonnement à ne pas être spectateur en Fédérale Une.

Notre objectif ? Ne rien lâcher !

C’était le risque après une année aussi réussie. Le cap était annoncé difficile à franchir. En ce sens, le match en amical face à Nantes, largement perdu, a-t-il permis une prise de conscience ?

Oui. Nous avions gagné contre les espoirs de Vannes, sans faire un gros match face à une équipe renforcée. Il y avait eu après cette victoire peut-être peu de raisons de se remettre en question. Contre Nantes, il y eut un gros écart, qui a permis de mettre tout le monde en éveil sur les difficultés à venir.

L’adaptation de l’équipe semble plutôt rapide à la Fédérale Une. Comment l’expliques-tu ?

Un gros travail est à fournir sur l’aspect stratégique et technique. Il faut être beaucoup plus précis sur les enchaînements préparés comme les conquêtes-lancements. Il faut être plus concentrés, avoir de la maîtrise notamment dans les moments et actions clés et être plus précis dans nos mouvements. Les situations tactiques, nous avions les mêmes l’année dernière, avec les mêmes choix et cette année, il faut les faire avec plus de vitesse, plus de précision. Plus on monte de niveau, moins un écart de passe est tolérable. L’impact des erreurs sur le jeu à ce niveau-là est quasi instantané.

Certains garçons ont joué en Fédérale 3 il y a quelques années et semblent s’adapter à chaque nouveau défi. Es-tu surpris de cela et est-ce une grosse satisfaction ?

Nous arrivons à la mi-octobre et il y a déjà eu 7 matches, dont 6 de fédérale Une (en comptant les deux matches amicaux contre Vannes et Nantes, ndlr). C’était obligatoire que tout le monde se mette au niveau. Nous avons des garçons travailleurs, qui ont progressé et pris le rythme, qui ont été mis devant le fait accompli. Pour des gars comme eux, rien ne vaut d’être mis face à plus forts pour progresser. 

Les recrues donnent pleinement satisfaction ?
Sur l’état d’esprit, tout le monde et bien sûr, les recrues également, sont au niveau de ce que l’on attendait d’eux. En Fédérale Une, il y a des bons joueurs dans tous les clubs. Ce qui est important, c’est que les joueurs qui arrivent du dessus amènent leur expérience, leur volonté et leur envie. On voulait une dynamique, un bon état d’esprit de travail et là, nous sommes très satisfait.

Les deux victoires à Suresnes et contre Langon étaient cochées sur le tableau de marche ?

Nous avons coché tous les matches. Cette saison, le parti pris est de tout jouer à fond, nous ne choisirons pas telle ou telle rencontre pour tout donner. Il faut toujours avoir l’ambition de faire quelque chose, ne nourrir aucun complexe. Il y a eu autant de sérieux dans la préparation de chaque match. On préfère perdre avec nos convictions que de renier ces principes.

Dans ce groupe, qui vois-tu au-dessus ?
Je pense que Rouen, Trélissac, Nantes et seront au-dessus. Cognac a été très pragmatique lors de sa victoire chez nous, j’avais trouvé Dax plus dangereux et capable de proposer plus de rugby. Ces équipes-là seront à la lutte en haut de tableau. Sure de leurs forces et sachant les utiliser. Nantes ? On connait bien, il y a des liens entre les deux clubs, on sait ce qu’ils valent, la qualité des joueurs. C’est une équipe qui à mon sens n’a rien à faire là et Trélissac, avec sa stabilité depuis deux ans, travaille intelligemment et peut être dangereux dans beaucoup de secteurs. 

Et pour vous, les coachs, une saison réussie ressemblerait à quoi ?

Sincèrement, si nous sommes maintenus à trois ou quatre journées de la fin, ce serait vraiment une saison réussie. Nous, notre objectif, c’est de ne rien lâcher. Nous ne parlons pas de maintien, mais de jeu, d’abnégation, d’envie de croquer à fond dans chaque partie. Le maintien sera une conséquence du travail et de l’ambition que l’on mettra au quotidien. Je pense que nous avons les moyens pour ça. Je ne veux pas parler de maintien mais de ne pas lâcher et de rester dans les valeurs de ce qui a été fait depuis deux ans. 

Y’a-t-il une individualité qui sort du lot en ce début de saison ?

Oui, l’individualité que je veux mettre en avant c’est l’équipe. Nous sommes dans notre volonté, déjà en F2, d’allier l’expérience à la jeunesse. Nos trentenaires ont envie de s’envoyer et des jeunes qui ont les dents longues. Dans le collectif, il doit y avoir 5 joueurs de 1996. De 1993à 1996, nous ne sommes pas loin de la moitié de l’équipe. Ces gars-là, dans les six ou sept ans, seront peut-être encore là et seront à leur tour des joueurs d’expériences, qui permettront peut-être au club de passer un nouveau cap. 

Sur le plan personnel, comment juges-tu la Fédérale Une et ses exigences ?

Il y a un travail plus pointu à fournir de notre part, avec plus de rigueur encore et de précision. Il faut aussi hiérarchiser les thématiques et les urgences. On ne peut pas tout corriger en même temps, il faut prendre les choses dans l’ordre, sereinement. Sur notre manière de travailler, il n’y a pas eu de changement réel. Je prends bien sûr du plaisir, chaque jour je m’éclate et forcément, j’ai envie de continuer à ce rythme-là. Ensuite, avec des résultats positifs, ça aide. Si nous avions pris cinq « branlées », je ne tiendrais sans doute pas le même discours. Nous sommes dans un climat de travail plus simple car les gars font le boulot, les joueurs savent se responsabiliser.

Quand il y a autant d’expérience dans un groupe, il suffit de le cadrer, l’accompagner ?

C’est certain qu’avoir le lien avec les garçons d’expérience et la formation des jeunes, c’est quelque chose de bien. Nous ne sommes pas des gourous. L’idée, c’est de travailler tous ensemble. On essaie d’aller vers nos objectifs communs tous ensembles. 

Recueilli par Julien Bouguerra