Entreprise – Lodigroup : Alexis Lockman « être sérieux sans se prendre au sérieux »

Du 7e et dernier étage de l’immeuble où est installé le siège de son groupe, Alexis Lockman peut voir les trains partir et arriver gare de Rennes, avec une vue imprenable. Comme autant de voyages faits par le passé et encore d’actualité aujourd’hui et demain à la tête de Lodigroup mais aussi au travers de ses passions pour la mer et le rugby !

Parmi les sponsors historiques du REC Rugby, figure Lodigroup. Qui êtes-vous et quelle est votre activité ?
Je suis Alexis Lockman, PDG de l’entreprise. Je suis entré dans la société tenue par mon père en 1995 et l’ai rachetée en 2004. Nous fabriquons des produits d’hygiène et de biosécurité, d’utilité publique, visant à réguler les flux et présence des rats, insectes et autres populations nocives pour l’homme. Nos objectifs sont de protéger l’hygiène publique et la santé animale, les denrées agricoles et entretenir les bâtiments. Nous travaillons avec le professionnel en qualité de prestataire de service et existons depuis 40 ans. Aujourd’hui, nous comptons 600 homologations à travers le monde, deux brevets et une molécule. La société, qui réalise 50 M€ de CA, emploie 150 salariés, répartis entre Rennes, les sites du Grand Fougeray, l’usine historique et récemment un nouveau site à Caen, ainsi que quatre entités, au Royaume-Uni, au Maroc, en Russie et aux Etats-Unis. 80 % de notre production est assurée ici, en Bretagne et nous travaillons à l’échelle mondiale.

Avez-vous toujours eu en tête de prendre part à l’histoire entrepreneuriale familiale en intégrant Lodigroup ?
Pas du tout, je me destinais plus à des métiers d’animation, du style G.O au club Med ! A l’école, j’étais un peu celui qui avait des capacités mais pas toujours adaptées (rires) ! Sincèrement, les cours, ce n’était pas mon truc. Quand j’ai intégré Lodigroup, en 1995, j’étais sur un tout autre projet d’achat de toboggans et d’une paillote, pour monter ma petite affaire en Guadeloupe. J’aime quand ça bouge et que ça rigole, je suis comme ça, aujourd’hui encore. Je rentrais de Belgique où je venais de faire une saison en restauration et il fallait se refaire un peu. Mon père m’a proposé de bosser sur l’export au sein de Lodigroup et j’y ai pris goût. Vingt-sept ans plus tard, je suis toujours là. J’ai voyagé pendant quinze ans, ce qui faisait partie, avec l’animation, de mes deux objectifs de vie. On a quitté la région parisienne en 1997 pour arriver au Grand Fougeray. J’ai de suite aimé la Bretagne, j’y ai rencontré ma femme, mes filles y sont nées et il y a la mer. Il n’y a pas un week-end où je ne suis pas au contact de l’eau, j’en ai besoin, je l’ai dans le sang.

Quelles sont les valeurs portées par Lodigroup auprès de ses clients et collaborateurs ?
Nous apportons une importance primordiale à l’humain, avec un esprit collectif, dans la bonne humeur. Tout le monde est professionnel et compétent, chacun dans son rôle. Dans l’idée, ici, on tâche d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Tout le monde doit se sentir à l’aise avec tout le monde, il y a une vraie bonne ambiance et j’y tiens. Nos effectifs sont stables, il y a des évolutions au sein de l’entreprise mais ma grosse satisfaction, c’est de voir des collaborateurs nous ayant rejoints s’être stabilisés, venir au boulot avec le sourire. Il y a le barbecue de fin d’année et la fête de Noël de fin d’année, qui est une sacrée fiesta. Nous y tenons !

Vous êtes sponsor maillot du REC Rugby et étiez présent à Valence d’Agen pour la finale. Quel est votre lien au club ?
J’y ai joué, déjà, et c’est un souvenir fort. C’était au début des années 2000, je jouais centre mais une rupture des ligaments croisés a eu raison de ma carrière, faute de temps pour vraiment revenir… Nous évoluions à un tout autre niveau alors imaginez ma joie après ce titre, c’était dingue ! Le REC, c’est mon club, j’y ai tout connu. Y devenir sponsor était une évidence même si quand j’ai commencé, c’était avec de petits moyens. Je n’attends pas de retour, je participe avec mes possibilités à l’aventure, avec l’envie d’aider au développement du club. Là, j’ai vibré comme jamais avec ce titre et ce qu’ont montré les gars ! C’est un sport qui rassemble des valeurs qui me parlent : dépassement de soi, don pour l’autre, esprit collectif, plus encore que la victoire en elle-même. Vous pouvez être le plus doué du monde, sans les copains à côté, vous n’existez pas… Le REC a totalement illustré cela cette année avec un état d’esprit inoxydable, qui a mené l’équipe au bout. Je suis fier des gars et d’être partenaire du club !

Ce n’est pas tout, question sport puisque vous serez aussi au départ de la prochaine Route du Rhum avec Loïc Escoffier !
C’est vrai ! Avec Lolo, c’est une histoire d’amitié, tout simplement et cette aventure sportive est partie d’une soirée prolongée tard, très tard. Je sentais qu’il avait encore la flamme, l’envie d’y retourner, de participer de nouveau à une longue transat. Ce mec-là, au-delà de son activité de pêche, déjà admirable, connaît la mer par cœur, la ressent. Nous avons décidé de porter ce projet seuls, avec Lodigroup, de vivre cette aventure humaine porteuse de valeurs là-aussi exceptionnelles que sont celles de la voile. Nous engagerons un catamaran 50 pieds, qui peut aller à une vitesse de 30 nœuds. Le bateau a bien répondu sur les premières sorties, et les employés ont tous le droit à leur petit tour en mer. Ces actions avec le sport doivent profiter à tout le monde, c’est un minimum et un plaisir partagé qui nous soude un peu plus encore. Entre le Nationale pour le REC et la Route du Rhum en novembre, les émotions et grands moments de sport ne vont pas manquer !

Recueilli par Julien Bouguerra