Course à l’Europe : le sprint final à 4 !

Hors de propos il y a deux mois, le sprint à l’Europe est de nouveau d’actualité, dans un football qui va décidément bien vite pour faire et défaire les vérités d’une saison. En embuscade derrière les surprenants lensois et les tristes marseillais, les rennais ont clairement une main pouvant permettre de retrouver la cinquième place et réussir un full inattendu. Mais attention, il n’y aura plus de jokers !

Et si encore le phénomène ne datait que de cette année, la faute à un contexte inédit et si compliqué à appréhender… Mais non ! Le Stade Rennais, depuis plusieurs saisons, a fait de ses séries positives et négatives successives une réelle marque de fabrique, faisant de lui le club le plus cyclique de Ligue 1. Hélas, les répercussions sur la stabilité à long terme et la construction de projet sur plusieurs années sont terribles, on le voit bien avec les départs successifs, imposés ou choisis, de Sabri Lamouchi, Olivier Létang et récemment, Julien Stéphan. Choisis ou non, ceux-ci induisaient d’eux-mêmes un « re-start » qui pourtant, réussit à chaque fois à insuffler une dynamique. Epatant mais usant !
Ce printemps 2021 n’échappe pas à la règle. Arrivé au lendemain du départ de Julien Stéphan le 1er mars dernier, Bruno Genesio reprend un groupe qui n’y arrivait plus et semblait destiné à une fin de saison sans saveur. Après quatre matchs, il peut compter sur sept points mais surtout, un regain de forme et de moral de ses joueurs. Chez nos confrères de Ouest France, le Gone raconte avoir trouvé en arrivant « une ambiance triste. C’était global. Evidemment, quand on a perdu huit matchs sur neuf, on ne peut pas être joyeux mais j’ai trouvé que l’ambiance était lourde. On avait perdu cette notion de plaisir. On a beaucoup travaillé sur la confiance et sur cette ambiance générale. Pour moi, l’aspect humain est prépondérant. On gère avant tout des hommes…» Avant de jouer son premier derby breton face à Nantes, le 11 avril, le coach avait remis debout une équipe désormais prête à aller de l’avant, sans se poser de questions. Contre Strasbourg et Metz, les victoires furent au rendez-vous avec la manière et une maîtrise globale des événements. Les attaquants, pointés du doigt cette saison, ont été efficaces tour à tour. Et la défense, de nouveau plus compacte et aidée comme en début de saison dans les replis par les milieux. Face à Reims, menée deux fois contre le cours du jeu, l’équipe rennaise n’a rien lâché et malgré des événements contraires, a pu revenir au score et prendre un point qui pourrait compter dans quelques semaines….

Plusieurs joueurs reviennennt en grâce à l’image de Damien Da Silva, redevenu souverain en défense, Flavien Tait, retrouvé à l’organisation du milieu de terrain, ou encore Eduardo Camavinga, qui retrouve ses jambes et son accélération, même si tout n’est pas encore parfait à l’image de son match à Reims. La doublette Guirassy-Terrier, elle, dans l’axe ou dans un système à trois avec Doku à droite et l’ex-Lyonnais à gauche, montre une complémentarité prometteuse même si perfectible. Suffisant pour aller chercher l’Europe ? Oui ! Pourquoi, en effet, nourrir le moindre
complexe face aux adversaires en présence ? Nous ne parlons plus de Ligue des Champions, ni même de quatrième place, accessit direct à l’Europa Ligue. Il s’agit aujourd’hui de terminer cinquième, voire même sixième, cette place pouvant offrir une place dans la nouvelle Ligue Europa Conférence si le vainqueur de la coupe de France est déjà qualifié pour la Ligue des Champions ou Europa Ligue. L’ hypothèse est plus qu’envisageable, Paris, Monaco et Lyon étant toujours en lice au moment des 8èmes de finale. Pour ce faire, Rennes (7ème, 45 points) a, au soir de la 31ème journée, quatre adversaires désignés : Lens (5ème, 49 points), Marseille (6ème, 48 points) et Montpellier (8ème, 45 points). Avec encore 21 points en jeu, on peut imaginer être près du compte avec 60 points, que tous n’atteindront pas. Le promu lensois, dans une dynamique épatante et auteur d’une superbe saison, auront du boulot, dans la position du chassé : Lorient, Nîmes, contre lesquels il faudra faire le jeu, et surtout le derby contre Lille et la réception d’un autre candidat au titre en pleine bourre, Monaco à domicile. Et des déplacements à Brest, Paris et Bordeaux. Costaud, et compliqué, même si les joueurs de Franck Haise ont pris l’habitude de déjouer les pronostics depuis août dernier, surtout en déplacement !

Mais la pression va poindre pour un effectif jeune et pas préparé pour les hauteurs du classement. Pour l’OM, le calendrier semble plus abordable. Bien que médiocre dans le jeu, l’équipe de Sampaoli peut s’appuyer sur quelques individualités pour gagner « ric-rac ». Sur le papier, le programme est moins corsé mais piégeux : Montpellier, Reims, Saint-Etienne et Metz en déplacement et réceptions de Lorient, Strasbourg et Angers. Si à la maison, les Olympiens peuvent faire le plein, les voyages s’annoncent très compliqués. Montpellier, enfin, semble partir de trop loin et trop irrégulier mais reste dans le coup comptablement : réception de l’OM, Saint-Etienne et Brest pour quatre déplacements à Lille, Nice, Strasbourg et Nantes. Avec une idée en tête en Coupe de France, en parallèle… Et nos Rennais dans tout cela ? S’ils observent attentivement la seule confrontation directe entre prétendants (Montpellier-OM) le 11 avril, ils n’auront qu’à compter sur eux pour aller chercher le Graal au terme d’un parcours relevé sur la fin mais jouable. Après les derbys face à Nantes puis à Angers avant le match “cadeau” contre Dijon, place à un sprint final de folie : déplacement à Bordeaux, déjà démobilisé, réception du PSG, probablement à la lutte pour le titre avant d’aller à Monaco, autre candidat déclaré à la couronne. La venue de Nîmes, lors de la dernière journée, pourrait s’apparenter à une formalité, encore faudra-t-il être au contact et ne pas avoir trop perdu de points en route contre les deux candidats au titre. Cinq victoires et deux défaites, si l’on s’aventure au petit jeu des pronostics ? Ce serait là une série exceptionnelle, faisable, mais avec ce Stade Rennais-là, on le sait : impossible d’être devin. Cette équipe peut parfaitement être au rendez-vous contre Paris ou Monaco et se louper à Angers ou Bordeaux. « Nous allons aborder chaque match qui vient comme une finale », promet Alfred Gomis.


La communauté « Rouge et Noir » ne demande qu’à y croire, qu’à vibrer encore un peu dans une année où elle fut si durement privée de ses joueurs, de sa raison d’être et de bonheur, tout simplement. Si réussite il y a au bout du chemin, le club pourra définitivement considérer qu’il est désormais un membre à part entière du Top 5 et que les superbes résultats empilés depuis trois ans ne sont pas le fruit au hasard. A Bruno Genesio et ses hommes de continuer d’écrire une histoire qui n’existera décidément jamais sans péripéties et rebondissements. La suite au prochain épisode, début mai…

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