Hamari Traoré : « Ici, personne ne triche »

Comment juges-tu la saison de ton équipe, dans le coup pour une place sur le podium ?

Pour le moment, nous sommes bien. Quand il y a eu un moment difficile, à l’automne, nous avons su rester soudés et nous n’avons rien lâché pour basculer de nouveau du bon côté. L’objectif du club est d’être européen chaque année et nous sommes tous focalisés là-dessus. Nous essayons de nous améliorer match après match et avec des semaines pleines en termes d’entraînement, la progression est désormais possible. Nous chercherons à finir avec le meilleur classement possible. Et pourquoi pas aller toujours plus haut. Nous verrons bien.

Cette année, le Paris SG ne survole pas la Ligue 1. Peut-on rêver de voir Rennes connaître un destin à la Montpellier et créer une énorme surprise ?

Que le championnat soit très serré est une excellente chose pour tout le monde. Pour nous, les joueurs, cela promet une vraie bataille à chaque sortie, aucun match n’est gagné d’avance. De là à penser au titre… Faisons les choses par étapes. Pour le moment, le but est d’être dans le Top 5 et d’assurer l’Europe, l’objectif du club. Après, que l’on soit en Ligue Europa ou en Ligue des champions, l’objectif sera atteint. Ce qui est sûr, c’est que ce championnat est plus excitant pour tout le monde.

En parlant d’Europe, quel bilan tires-tu de la Ligue des champions écoulée ? Le goût est-il amer ?

C’était forcément frustrant d’en disputer les trois quarts sans nos supporters… Je me dis qu’avec notre formidable public, nous aurions peut-être fait encore mieux contre Krasnodar ou Chelsea. C’était une première pour beaucoup d’entre nous et je trouve que nous n’avons pas été affreux du tout. Il n’a pas manqué grand-chose. Nous avons appris que la moindre erreur se payait cash à ce niveau-là. Nous avons emmagasiné beaucoup de choses. Une telle compétition vous fait grandir. Nous voulons y revenir plus forts, l’an prochain pourquoi pas. Ce serait une belle occasion de montrer que nous avons pris du coffre et aussi de prouver que nous méritions de disputer cette compétition. Y revenir avec nos supporters qui méritaient tant de la vivre, pleinement, ce serait vraiment génial.

Comment analyses-tu la période difficile que vous avez connu en championnat au même moment et comment en êtes-vous sortis ?

Comme je le disais, le groupe n’a jamais lâché. Ni le coach, ni mes coéquipiers. On a respecté les principes et projets de jeu. Depuis que je suis arrivé à Rennes, je vois des joueurs solidaires et toujours animés par l’envie de progresser, d’avancer ensemble. Ça ne marchait pas à un moment donné mais nous avons fait le dos rond, pour nous en sortir tous ensemble. Ici, personne ne triche. Les résultats allaient forcément finir par tourner.

À 28 ans, ton rôle dans le vestiaire est important et reconnu de tous. T’épanouis-tu comme cadre au sein de l’effectif rennais ? 

J’estime ne pas être un cadre. Je suis simplement quelqu’un qui aime parler, aider, accompagner ses coéquipiers, dans les bons comme dans les mauvais moments, sur et en dehors du terrain. J’ai toujours eu ça en moi. J’essaie surtout de parler au maximum avec les jeunes joueurs, de leur dire la chance qui est la leur d’évoluer au Stade Rennais. Nous disposons d’une grosse génération et cinq à six joueurs issus de la formation sont régulièrement avec nous. C’est un plaisir de les conseiller, de les aider. Ils sont réceptifs et pétris de qualités. À eux de prouver qu’ils peuvent être des titulaires incontestables ici avant de rêver plus grand.

Comment juges-tu, à ce jour, ta saison en rouge et noir ? 

Pour le moment, j’estime que je n’ai pas été assez décisif, même si l’ensemble est plutôt cohérent et correct. Un seul but et une salle passe décisive… J’en veux plus ! Je vais travailler pour.

As-tu hésité à quitter Rennes l’été dernier, plutôt que de prolonger ? 

Je n’ai pas hésité, non, j’ai pris le temps de la réflexion. J’ai considéré les différents choix qui s’offraient à moi. Pour moi, l’essentiel est de me sentir bien entouré, par mes proches, par ma famille. J’ai besoin d’un cadre stable et rassurant pour me sentir bien, m’épanouir. J’avais tout cela en prolongeant à Rennes. Le projet qui m’avait été présenté m’a séduit. Je suis très heureux d’être ici.

Tu peux ainsi continuer ta progression avec le coach, Julien Stéphan. Quel regard portes-tu sur son travail ?

C’est un entraîneur droit et honnête, qui est franc avec nous. Il sait nous bouger quand il le faut mais aussi protéger un joueur ou le faire progresser. Il travaille dur avec son staff et mérite les résultats qui sont les siens. On sait qu’il nous aime et c’est réciproque, nous nous battons aussi pour lui et pour ses adjoints. La relation est positive, c’est un plaisir d’avancer ensemble.

Le contexte actuel, avec ces matches sans public, est-il pesant ? Est-il difficile d’exercer ce métier aujourd’hui ?

Attention, nous faisons l’un des plus beaux métiers au monde. Il y a beaucoup de gens bien plus à plaindre que nous. Nous sommes privilégiés de pouvoir jouer, d’être suivis médicalement jour après jour, de recevoir toutes les attentions nécessaires. Après, si on parle du métier en lui-même, oui, c’est difficile. Le public, c’est notre essence, notre inspiration. Il nous manque ! Pour les entraînements, toutes les mesures sont prises. Chacun fait son maximum pour être professionnel. En dehors des entraînements, nous limitons au maximum les interactions, nous ne mettons pas le nez dehors et nous protégeons tout le monde. Aujourd’hui, notre vie sociale est réduite au minimum, comme pour beaucoup de gens. Pour tous, c’est pesant, c’est certain. Mais c’est nécessaire pour sortir indemne de cette période si difficile.

Tu as été touché par la Covid-19. Comment cela s’est-il passé pour toi ?

J’ai eu la chance d’être asymptomatique, de n’avoir aucune douleur. J’ai été isolé et j’ai respecté le protocole à 100 %. Je suis heureux de ne pas avoir souffert. Cela reste une maladie, qui plus est une maladie nouvelle, nous ne pouvons pas la minimiser. La seule solution est d’appliquer au maximum les consignes et les gestes barrières. C’est indispensable pour pouvoir se réunir tous ensemble comme avant. Public, amis supporters, vous me manquez mais s’il vous plaît, prenez soin de vous !

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